Brothers of the Occult Sisterhood

Jouer, c'est un acte sacré

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le 04.07.2005 à 06:00 · par Antoine D.

Finlande, USA, Nouvelle-Zélande, Grande-Bretagne... c'est un vaste tour du monde auquel nous invitent les nombreux groupes et collectifs orientés free-folk et autres musiques improvisées. Il était grand temps de faire escale du côté de l'Australie, terre d'origine de l'un des groupes les plus brillants du moment: Brothers of the Occult Sisterhood. Emmenée par Michael Donnelly et sa soeur Kristina, cette formation cultive les mélanges entre folk psychédélique et influences venues du jazz, du krautrock, dans une atmosphère très free. Interview et chroniques de leurs trois premiers albums au programme.

  • Interview Michael Donnelly

Membre de Brothers of the Occult Sisterhood, il est aussi le fondateur d'un label: Musicyourmindwillloveyou, dont l'esprit n'est pas sans rappeler le collectif Jewelled Antler.

Pour commencer, présente nous Brothers of the Occult Sisterhood: qui sont les membres, quels instruments utilisez vous ?

Au départ, Brothers of the Occult Sisterhood, c'est moi et ma soeur Kristina, il arrive aussi que d'autres personnes nous rejoignent et que nous prenions du recul. Nous utilisons tous les instruments ou dispositifs que nous pouvons: cordes, percussions, électronique, objets trouvés, technologies trafiquées, "insectes enchantés". Nous sommes des "nonmusicalchemulti-instrumentalists".

Vous avez sorti trois albums qui dévoilent déjà une grande interaction entre les différents instruments, ainsi qu'une belle cohésion: quand et comment le groupe s'est-il formé ? Avez vous longtemps "pratiqué" avant d'enregistrer votre premier album ?

Nous avons fondé le groupe fin 2003, avec l'intention de créer des musiques basées sur l'improvisation et l'expérimentation. Par conséquent, nous ne répétons pas et nous ne considérons pas que chaque performance soit une représentation valide de notre travail. Le premier album est issu de notre première session enregistrée. Il n'y avait pas eu de répétition et très peu de discussions. Quand nous jouons, nous nous focalisons énormément sur des métaphores rituelles et sur le fait de dégager de l'enthousiasme. Pour nous, jouer, c'est un acte sacré.

En écoutant vos albums, on peut déceler de nombreux styles et influences: bien sûr, des inspirations folk (avec parfois une touche "orientale" qui rappelle Robbie Basho) mais aussi des drones, du krautrock, du jazz... Il apparaît clairement que ces éléments se rencontrent de manière très naturelle, que vos influences sont plus présentes de façon inconsciente plutôt que consciente, que vous n'êtes pas du style "Bon allez, maintenant, on joue comme Amon Düül II". Quel est votre procédé d'écriture ? Est ce que tout émerge depuis quelques idées de base ou y'a t'il plus de préparation ou d'écriture avant d'enregistrer ? Comment situeriez vous les places de la composition et de l'improvisation dans votre musique ?

Le fait d'être des obsédés de la musique a eu un lourd impact sur nos styles, et les influences que tu mentionnes sont toutes présentes. Tous les morceaux commencent par des improvisations, mais comme nous sommes assez souvent peu nombreux, nous répétons le procédé en superposant des couches, jusqu'à ce que ce que l'on atteigne des vibrations qui ont la profondeur recherchée. Au delà de ce seuil, cela peut évoluer dans les deux directions... certaines pistes gardent leur statut d'improvisations pures, captées lors d'une prise unique, tandis que d'autres se construisent suivant un mode de composition plus traditionnel. Il n'y a en fait pas de règle stricte et ou de prétention puriste.

En regardant l'artwork de Animal Speak et aussi en lisant les titres des morceaux, il semble qu'il y ait comme un lien avec la mythologie: y'a t'il un lien entre votre musique et un côté légendaire, ou une sorte de vision mystique, spirituelle ? Il semble aussi que votre musique soit très profondément liée à la Nature: le bois est un élément très présent... et cela semble être d'ailleurs une notion partagée par les autres groupes du collectif musicyourmindwillloveyou. Tu es aussi basé à Kyogle, dans le sud de l'Australie, une région de forêts: alors, quel rôle joue la Nature sur votre musique, ou, d'une manière plus générale, quelle est l'influence de votre environnement ?

Il n'y a pas d'intentions spirituelles conscientes autre que l'oblitération de la structure, que nous voyons comme le grand obstacle à la véritable connaissance. Nous sommes en effet très influencés par la Nature. Les modèles, le chaos et la beauté qui nous entourent sont une source d'inspiration inépuisable. Beaucoup d'arbres et d'animaux transparaissent dans notre façon de faire de la musique, ils transmettent des inflexions très minutieuses dans nos explorations sonores... les oiseaux et les insectes sont toujours à portée de main, ils délivrent les secrets des forêts. Alors oui, je dirais que nous sommes influencés par cette partie du monde.

Votre musique apparaît très polyrythmique: vous utilisez la batterie et de multiples percussions, ce qui donne parfois une atmosphère assez tribale à vos albums. C'est un élément qui semble très présent chez plusieurs groupes australiens et néo-zélandais, comme s'il s'agissait d'un héritage direct de la culture aborigène: vous considérez vous influencés par cela ? Utilisez vous (maintenant, ou peut-être dans le futur) des instruments traditionnels (didgeridoo, clapsticks...) ?

Notre démarche est de diluer toute l'instrumentation dans des formes rythmiques, rendues floues par la liberté dans l'interprétation... ou l'inverse haha... le son doit être free. Concernant l'influence de la culture aborigène, je pense que nous sommes influencés par les mêmes choses qui les ont aidé à mettre en forme leur culture, à savoir ce paysage antique, ses esprits et ses pouvoirs magiques. Il n'y a pas encore d'instrument traditionnel utilisé chez Brothers of the Occult Sisterhood, mais l'un des éléments principaux d'un de nos projets collectifs, 6magik9, est le didgeridoo de Nada Baba (NDLR: projet de Jim Barrett, voir les liens en bas de page). Il s'agit d'un instrument très puissant et nous prévoyons d'explorer complètement ses possibilités dans le futur.

Il y a quelques éléments vocaux dans votre musique (samples, psaumes, chants). Quelle place est allouée à la voix ? La "préméditation" est elle très présente ou est ce que la voix est utilisée instinctivement, comme n'importe quel autre instrument ?

La voix s'invite naturellement dans le contexte de l'instant, sans intention ou conception. On ne parle aucune langue et nous cherchons à exprimer des significations au delà de la compréhension de la langue. L'utilisation de samples vocaux est une tactique de déception, ils sont là pour induire la confusion et égarer l'auditeur.

Run from your Honey Mind, le disque que vous avez sorti chez Celebrate Psi-Phenomenon, semble moins basé sur les mélodies, plus axé sur le delay, les effets en général, les drones... J'ai trouvé que parmi vos trois premiers disques, il s'agissait de celui qui était le plus tourné vers l'expérimentation. Etait-ce le moyen pour vous d'exprimer une toute autre atmosphère ? Peut-être plus de tension ?

L'enregistrement de ce disque s'est fait sans idées préalablement en tête. Mais je suis d'accord avec le fait que la tension soit plus présente dans celui ci. Quel qu'ait été notre état d'esprit à ce moment là, il s'est évidemment manifesté de lui-même dans la musique.

Tu as enregistré et mixé Animal Speak. J'aimerais savoir si tu endosses le rôle de producteur uniquement pour tes propres projets ou si tu le fais aussi pour d'autres groupes. J'ai aussi noté sur les disques de Brothers of the Occult Sisterhood, la bonne qualité de la définition du son, le bon équilibre entre les différentes strates, ce qui est finalement assez singulier par rapport au son d'autres groupes évoluant dans des styles voisins, qui ont des approches plus "lo-fi" (par exemple, chez Jewelled Antler). Comment définirais tu ton travail en tant que producteur/ingénieur du son ?

En tant qu'ingé son, je travaille avec la plupart des groupes de notre label, habituellement en collaboration avec les artistes en question. Nous recherchons des sons qui peuvent nous mener vers des directions très ouvertes et pour cela, nous sommes prêts à utiliser n'importe quel équipement qui pourra nous tomber sous la main, qu'il soit analogique, digital ou même cassé. J'aime toujours travailler avec des techniques lo-fi, mais avec Brothers of the Occult Sisterhood, on essaie d'apporter autant que possible de la clarté au chaos... pour le guider vers quelque chose de lumineux. Beaucoup d'autres projets du label utilisent des procédés orientés lo-fi: 6majik9, par exemple, enregistre directement sur quatre-pistes, en passant par deux micros placés à des endroits stratégiques.

Aujourd'hui, j'ai le sentiment qu'il y a beaucoup de groupes très prolifiques... et que parfois, certains d'entres eux ne sont pas très sélectifs. Dans une interview, Neil Campbell (du Vibracathedral Orchestra) expliquait que son groupe ne sortait que 10% de ce qu'il enregistrait. Alors, tout d'abord, est-ce que vous enregistrez beaucoup de sessions ? Et ensuite, essayez vous d'adopter une attitude très exigeante en étant très sélectif vis-à-vis de ce que vous allez sortir, ou considérez vous qu'une session est un moment parmi d'autres, et que finalement "tout" mérite d'être sorti pour que les auditeurs visualisent mieux l'évolution de votre travail ?

Oui, on enregistre beaucoup... mais comme tout est improvisé, on ne peut pas vraiment voir quelle pièce est différente de telle autre... Ce sont toutes des manifestations valides de la même idée. En se basant sur ce principe, ça ne nous pose pas de problèmes de tout sortir, mais bien sûr nous ne le ferons pas parce que ce serait gaspiller le temps de chacun, alors seuls les morceaux que l'on aime vraiment beaucoup sont destinés à être sortis et exposés au plus grand nombre.

A propos des concerts... Est-ce un endroit où tu essaies toujours de nouvelles choses, ou essaies tu de plus te focaliser sur un ou plusieurs éléments en particulier, définis avant d'aller sur scène ? J'ai aussi vu que Damo Suzuki, dans sa perpétuelle tournée mondiale (voire galactique) était récemment venu en Australie: Oren Ambarchi a joué avec lui, et toi aussi, tu as joué un concert en sa compagnie. J'imagine que ça doit être un événement très excitant que de pouvoir jouer avec un phénomène pareil... Comment cela s'est-il passé ?

Brothers of the Occult Sisterhood ne fait pas de concerts actuellement, en raison du désir de certains membres-clés de rester éloigné de communautés plus grandes. Cependant, je joue en live dans plusieurs autres projets. Pas complètement différents de Brothers of the Occult Sisterhood: Majik est le monstre du collectif... c'est un projet à géométrie variable, qui est plus basé sur le concept du "rituel live" et sur l'improvisation, mais avec des racines plus profondément ancrées dans le noise.

Quant au concert avec Damo, c'était vraiment hallucinant. Ca allait au delà de la performance, de la musique... droit dans les royaumes du rite et de la catharsis. Damo est un chaman du plus grand ordre... et nous avons été à la fois très honorés et très étonnés d'avoir eu une telle opportunité.

Tu es aussi impliqué dans un autre projet, appelé Terracid. Comment le décrirais-tu ?

Terracid a une orientation plus psychédélique, avec une emphase un peu plus lourde sur la composition. C'est un projet qui me permet de satisfaire mes vieilles obsessions des formes classiques de la musique dite "cosmique"... le krautrock, l'acidfolk et les techniques de composition moderne.

L'an dernier, tu as lancé ton propre label: musicyourmindwillloveyou. Comment définirais tu son esprit, sa philosophie ? Y'a t'il une interaction (inspirations artistiques mutuelles, influences spirituelles) entre les différents groupes ?

Nous avions besoin d'une structure pour ce que nous faisions. J'ai toujours été un gros fan des démarches artistiques de mes amis, j'ai alors vu un réel besoin pour nous tous de présenter ce que nous faisions au reste du monde. Nous sommes très influencés et inspirés les uns par les autres. Concernant l'aspect philosophique, je crois que Eon (Dinmuck#F) l'a bien résumé il y a pas mal d'années avec son cri poussé dans le vide... "Smash the control system !".

La première sortie du label était une compilation, et par la suite, vous en avez édité d'autres. J'ai comme l'impression qu'il y avait un réel désir de présenter les travaux de l'ensemble plutôt que celui d'une entité en particulier. Penses tu que "l'union fait la force" ou qu'en d'autres termes, vous auriez plus de chances de répandre votre musique par ce biais là ? Est ce que cette démarche a été inspirée par d'autres collectifs/labels actuels, comme Tower Recordings, 267 Lattajaa, Jewelled Antler ou encore Fonal ?

Nous espérons créer une base d'artistes qui peuvent se déplacer librement dans plusieurs projets, sans avoir à porter le lourd fardeau de l'identité et de la personnalité de l'individu. Bien sûr, c'est cet individualisme qui est l'essence de tout artiste, mais en se détachant des contraintes du moi, nous espérons en dégager la délicate beauté du cosmos. J'ai été personnellement très inspiré par la sphère Jewelled Antler, Acid Mothers Temple... et Charles Manson.

A propos de répandre la musique, quel est ton point de vue vis-à-vis de la technologie: j'imagine que le fait de pouvoir presser des CDRs vous aide beaucoup, mais quelle est ta vision concernant Internet ? Penses tu que cela joue un rôle décisif pour exporter votre musique, particulièrement pour vous d'ailleurs, car il me semble que la situation est encore plus difficile pour des groupes australiens ou néo-zélandais, par rapport à des formations nord américaines ou venues d'Europe occidentale.

Je pense que c'est génial... les gens sont libres d'échanger et de faire ce qu'ils veulent avec notre musique. Je ne suis pas sûr que tous les groupes du label seraient d'accord, mais à titre personnel, ça ne me pose aucun problème que la musique soit échangée gratuitement. Je sais que j'ai eu des moments de vie incroyables en procédant de la sorte, des choses que je n'aurais jamais pu découvrir autrement... et en tant qu'artiste, ça représente une sorte d'éducation gratuite. Et sinon, en effet, le fait d'être paumé dans le désert australien peut être un inconvénient, en particulier pour nouer des relations avec des gens qui partagent les mêmes goûts... et récemment, Internet a eu un impact considérable sur notre niveau d'exposition.

Qui sont les artistes et labels contemporains que tu considères comme voisins, en terme de style, de vision ?

Il y en a beaucoup... mais notre plus vieille et plus profonde influence est sûrement la scène japonaise. Des groupes comme Ghost, Acid Mothers Temple, Boredoms etc... Des labels comme PSF... tous tellement honnêtes, dévoués à leur art. Et bien sûr, il y a de nombreux groupes et labels actuels avec qui nous nous sentons proches: Digitalis Industries, Jewelled Antler, Sunburned Hand of the Man, No-Neck Blues Band etc... Toute la scène néo-zélandaise a aussi été une source constante d'inspiration, de même plus récemment avec la scène finlandaise... Alors oui, tout ça, c'est du bon.

Comment es tu entré en contact avec Campbell Kneale de Celebrate Psi-Phenomenon ? Même question avec Digitalis/Foxglove et Broken Face Recordings, qui semblent avoir des oreilles en Australie ces temps-ci puisqu'ils avaient déjà sorti un album de The Lost Domain l'an passé.

J'ai envoyé une démo à Campbell Kneale et je lui ai demandé si ça l'intéressait... Il l'était, alors ça s'est bien passé. J'ai été mis en contact avec Brad Rose de Digitalis par l'intermédiaire de Mats Gustafsson de Broken Face, après avoir découvert la musique de The Lost Domain.

Dernière question: quels sont les prochains plans pour Brothers of the Occult Sisterhood et pour le label ? De nouveaux groupes, des concerts peut-être ?

Beaucoup de choses... Deux nouveaux CDs de Brothers of the Occult Sisterhood, un chez Digitalis plus tard dans l'année, un autre sur Synaesthesia, ainsi qu'une réédition de Animal Speak sur vinyle toujours chez Synaesthesia. Quatre nouvelles sorties pour Terracid: Alltounia (CDR chez 267 Lattajjaa), Fortress of Eternal Smells (CDR chez Hiulcity), une cassette dont le titre n'est pas encore défini chez Slowtape, et The Eggtooth Carries the Crown (CD chez Digitalis l'an prochain). 6majik9 a de nouveaux enregistrements que je dois mixer... Nous espérons avoir une sortie chez Pseudo Arcana plus tard dans l'année, ainsi qu'un nouveau disque bientôt sur mymwly. Et nous sommes très excités à l'idée de jouer un concert avec Birchville Cat Motel, The Stump, 3rd Octave Band et Castings le 3 septembre prochain à Sidney. Soarwhole, qui est l'aîné des projets mymwly et qui a opéré sous des formes diverses ces quinze dernières années, va prochainement sortir un album sur mymwly (Know Krystal of Doom... une bonne tranche bien épique de "What the Fuck ?"). Et puis toujours sur mymwly, de nouveaux disques de Blonde Cobra, Corsican Paintbrush, Hush Arbors, Cactus Creature et d'autres... Quant à Ffehro et Kageplan, tous deux sortiront des disques chez Foxglove prochainement. Et il y en aura probablement d'autres encore.

  • Animal Speak (MusicYourMindWillLoveYou, 2004)
  1. Om Agar
  2. The Light of Life
  3. The Life of Light
  4. I Would Rather Live on the Sun
  5. Birds of Interspace
  6. Swallowed Hole
  7. Quetzacoatl's Return
  8. Sericule

Premier album du groupe, sorti sur le label lancé par Michael Donnelly, Animal Speak est sans doute la plus belle réussite de Brothers of the Occult Sisterhood jusqu'ici. Guitares, flûte, violoncelle, voix (sous forme de chants, de psaumes ou de samples) se croisent dans un ensemble où se rejoignent acoustique, électrique et électronique. Si la base est essentiellement composée de free-folk et peut être mise en relation avec la démarche de nombreux groupes contemporains (le collectif Jewelled Antler, l'armada finlandaise, des formations comme Davenport, Vibracathedral Orchestra...), Animal Speak invite parallèlement quelques influences venues des années 70 (du krautrock de Amon Düül, Can & Popol Vuh à la scène psych-folk brésilienne (Lula Côrtes, Ze Ramalho, Lailson...)).

Brothers of the Occult Sisterhood y séduit par la qualité de ses improvisations qui peuvent s'appuyer une interaction exemplaire: il y a ici un sens inné de la complémentarité, une capacité à digérer les sources d'inspiration pour livrer un ensemble très personnel et marqué par la cohésion. Entre phases mélodiques, séquences hypnotiques et passages bruitistes (guitares triturées, utilisation de l'archet, drones, boucles en arrière-plan, bidouillages électroniques...), la grande force du groupe réside dans sa qualité rythmique, qu'il s'agisse d'accompagner des moments tendus et dénudés (un Birds of Interspace minimal), de générer un capharnaüm très free (un Swallowed Hole assez voisin de Kemialliset Ystävät) ou de stimuler de grandes envolées entêtantes et tourbillonnantes (le redoutable Sericule en clôture, digne héritier des géants du Krautrock, atteint le meilleur niveau de Sunburned Hand of the Man). L'album laisse la vision d'un large orchestre qui poursuit inlassablement son avancée, poussé par un grand vent de liberté. Un coup de maître.

  • Lucifer's Bride (Foxglove, 2005)
  1. Seer of Broken Spirits
  2. Obeah Man
  3. Towers That Rise Above Grow Below
  4. Lucifer's Bride
  5. Witch of the Wooden Meaning

Second album sorti via Foxglove (Digitalis Industries), Lucifer's Bride accueille folk acoustique et décollages électriques, entre atmosphères tribales et climat tendu. Lire l'intégralité de la chronique...

  • Run from your Honey Mind (Celebrate Psi-Phenomenon, 2005)
  1. Our Minds Blow Like Prayers in the Wind
  2. Temple of the Sloth
  3. The Flesh Shall Hang from your Bones
  4. Run from your Honey Mind

Sorti sur le label de Campbell Kneale (Birchville Cat Motel, Black Boned Angel), Run from your Honey Mind s'avère être un album assez différent de ses deux prédécesseurs, sur lequel Brothers of the Occult Sisterhood imprime une atmosphère plus oppressante. On y rencontre une masse instrumentale, impalpable, amorphe, qui navigue en suspension et accueille des percussions ronflantes et des drones inquiétants (Our Minds Blow Like Prayers in the Wind) ou quelques réminiscences des passages les plus insaisissables du Tago-Mago de Can (The Flesh Shall Hang from your Bones). Avec ses courtes mélodies répétées au xylophone, Temple of the Sloth propose un étrange alliage, entre ce que l'on imaginerait être une vieille boîte à musique et un univers de boucles, de cordes en pleine oscillation et de samples vocaux trafiqués. Dépassant les vingt minutes, le morceau-titre constitue la pièce majeure de cet album: là aussi, les drones, les effets sur les guitares s'assemblent et engagent l'auditeur dans une douce entrée vers une transe tribale, bercée par les percussions. L'abandon des structures classiques en fait sans doute l'album le plus tourné vers l'expérimentation dans la discographie du groupe à l'heure actuelle, peut-être aussi le moins facile d'accès, mais cette musique spectrale constitue l'une de ces expériences auxquelles on revient régulièrement afin d'en percer le mystère.

  • Les sites des labels
  • Distributeurs/mail-orders
  • Eclipse: http://www.eclipse-records.com
  • NaniNani est un label/mail-order français qui distribue (entre autres) les disques Digitalis Industries. Il est possible de les contacter par mail à cette adresse (liste mensuelle d'albums en provenance de labels hautement recommandés): naninanicorp@free.fr
  • A propos de Nada Baba...

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