Sur la route...

... avec Sincabeza (et Souvaris)

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le 24.12.2007 à 06:00 · par Eric F.

Les bordelais de Sincabeza nous livrent le journal de bord de leur tournée au Royaume-Uni en Octobre/Novembre et nous rappellent malheureusement, que groupe en tournée n'est pas l'occupation la plus lucrative qui soit... mais pas la moins passionnante non plus.

SAMEDI 13 OCTOBRE: PARIS, LA MECANIQUE ONDULATOIRE

C'est à Paris que nous démarrons cette nouvelle tournée. Nous partons accompagnés de notre ami Guillaume Hermon qui se joint à nous sur un morceau afin de faire admirer ses talents de «bricologuitariste». Nous profitons de cette tournée pour rôder nos nouveaux morceaux.

Ce soir-là nous jouons avec le «super guitariste masqué» d'Above The Tree (Italie) et 37500 Yens, un duo guitare/batterie de Reims, qui viennent de sortir un album sur le même label que nous: Distile.

Il doit y avoir 70 personnes à peu près et il fait une chaleur à crever. L'appréhension de jouer ces nouveaux morceaux est vite dissipée par la réaction du public. Les amis sont aussi venus nombreux nous soutenir et ça fait chaud au coeur : Nikko Ned, Karine Massacre, Greg Reju, Romu... Bref, un premier concert encourageant, le premier d'une tournée qui en comportera 18, étalés sur 3 semaines. Le lendemain, on passe le dimanche à Paris dans la famille d'Eric qui, une fois de plus, nous accueille comme des rois.

LUNDI 15 OCTOBRE: MARGATE (QUBAR)

Après avoir failli rater le ferry à Boulogne, nous arrivons à Margate, petite bourgade en bord de mer, à 45 minutes de Douvres. Nous sommes en avance et décidons de goûter à notre premier fish&chips de la tournée (bien gras mais excellent !) en visitant les alentours. Le bar qui nous accueille semble en plein travaux, mais c'est au sous-sol que le concert a lieu. La salle est vraiment chouette et le son sur scène est très bon.

C'est Candy Sniper et Sparrows qui ouvrent le bal devant une vingtaine de personnes. On apprend que c'est le dernier concert organisé par l'asso Fierce Children, lassée de voir si peu de gens se déplacer aux concerts. On leur dit que c'est pareil en France, histoire de les rassurer, ou pas. Le concert se passe bien et on commence à se sentir de plus en plus à l'aise avec ces nouveaux morceaux. Le public est enthousiaste, on discute pas mal après le concert. L'ambiance est plutôt très bonne, jusqu'à ce que nous partions après avoir remonté le matos dans le van et pris la direction du lieu où nous allions passer la nuit. On roule à peine 500 mètres et un bruit retentit sous le camion. On s'arrête et on s'aperçoit très vite que la roue droite a décidé de se désolidariser du reste du camion, que c'est grave et qu'on est finalement heureux que ça ne soit pas arrivé sur l'autoroute. Il n'empêche qu'il est 3h00 du mat' et on doit décharger le matos sur le trottoir, réveiller la copine du gars qui nous héberge pour qu'elle vienne nous chercher dans sa petite auto. Elle devra finalement faire plusieurs allers-retours pour ramener tout le matos chez elle, et nous en passant. Pendant ce temps-là, on appelle Simmo de Souvaris, qui a booké la tournée, pour lui expliquer la situation. On pense même annuler le reste de la tournée, sachant pertinemment que le camion ne pourra pas être réparé avant le lendemain. On arrive tant bien que mal à le garer sur un petit parking et après de nombreux coups de fil et un "take away" bien dégueulasse, on va finalement se coucher en espérant qu'au réveil, tout ceci ne soit qu'un cauchemar.

MARDI 16 OCTOBRE: MARGATE

On se lève tôt pour aller sur les lieux du naufrage mais on se paume en voulant s'y rendre à pieds. Pendant cette très longue marche, on appelle notre assureur qui nous dit qu'aucun garage anglais n'acceptera de réparer notre «Mazda Bongo» car il n'a soit disant pas été acheté en Europe (???). On venait juste de changer d'assurance, on en est donc très content... La situation ne semblait pas vouloir s'arranger jusqu'à ce que le propriétaire du "take away" d'à-côté appelle un ami garagiste qui arrivera 5 minutes plus tard en nous disant pouvoir réparer le van sous 48 heures. L'espoir renaît soudain même si on se méfie un peu du délai. Simmo nous appelle et nous apprend qu'il a loué un van, qu'il vient nous chercher ce soir et qu'un autre van a finalement été loué pour le reste de la tournée, à un prix défiant toute concurrence. On se dit qu'on récupèrera le bongo à la fin de la tournée, juste avant de reprendre le ferry. On est dégoûté car les finances vont en prendre un sacré coup avec tout ça, et dans le même temps soulagé de pouvoir continuer cette tournée. Cependant, on doit annuler le concert de Lincoln prévu le soir même avec Souvaris.

MERCREDI 17 OCTOBRE: LINCOLN (HORSE&GROOM)

Simmo et Dave, guitariste de Souvaris, sont venus nous chercher la veille au soir à Margate. Le van qu'ils avaient loué était équipé d'un lecteur DVD et d'une Playstation. Apparemment, ils n'ont pas réussi à trouver autre chose en moins de 24 heures. Alors on a regardé «Grizzly Man», le documentaire de Werner Herzog sur ce gars qui a vécu avec des ours en Alaska. Arrivés à Nottingham, on a du décharger tout le matos dans la petite maison de Simmo. Puis on a goûté le vin qu'on avait amené avec nous. Simmo nous apprend qu'il a réussi à décaler la date de Lincoln à ce soir, mais dans une autre salle. On jouera malheureusement sans Souvaris, au «Horse & Groom», un pub gay. Le matin, Eric, Philippe et Simmo partent chercher le nouveau camion à Derby. Ils reviennent avec un vieux «Transporter» qui semble en piteux état, volant à droite et une direction pas du tout assistée.

On passe la journée à se balader dans Nottingham, et le beau temps est avec nous. Simmo nous emmène dans un magasin de disques hallucinant. On ne peut presque pas se déplacer à l'intérieur tellement il y en a. On y trouve quelques pépites.

En revenant chez Simmo, on s'aperçoit que notre carton de vinyles manque à l'appel. On doit rappeler Oli (l'organisateur) à Margate afin qu'il aille vérifier s'il n'est pas resté au Qubar. On se demande si on ne l'a pas oublié sur le trottoir cette fameuse nuit. Décidément, rien ne va plus.

Le soir arrive et on prend la direction de Lincoln (à environ 1h30 de Nottingham).

Les organisateurs sont très sympas. Ils nous ont même préparé un repas. Il n'y a pas grand monde malheureusement, le concert étant à l'origine prévu la veille, mais l'ambiance est bonne.

Nous jouons dans un petit coin du pub et à peine avons-nous commencé qu'un énorme bruit de friture sort soudain de l'ampli guitare. On doit s'arrêter pour essayer de trouver le problème, mais après plusieurs minutes, ne voyant pas comment le régler rapidement, on se décide à reprendre le set. On termine le concert bien mieux qu'on ne l'avait entamé, mais on commence à se dire que cette tournée sent le mouflon. Une bonne nouvelle tout de même, Oli nous a rappelé et a retrouvé le carton de vinyles au Qubar, perdu au milieu d'autres cartons dans le bar du haut qui était en travaux.

Il est minuit passé lorsqu'on reprend la route vers Nottingham. On suit le même chemin qu'à l'aller mais l'autoroute est désormais fermée pour cause de travaux et les panneaux «Déviation» nous renvoient vers... Lincoln. Complètement paumés et excédés, on se décide à passer par Mansfield. Résultat, on arrive 4 heures après à Nottingham, exténués, et on doit à nouveau décharger le matos dans la maison. On se couche pour une nuit qu'on sait très courte. Demain, c'est Birmingham et on espère que les galères vont s'arrêter là.

JEUDI 18 OCTOBRE: BIRMINGHAM (THE MEDICINE BAR)

Au matin, on rappelle Oli pour qu'il nous renvoie le carton le plus vite possible mais on part pour l'Irlande dès vendredi et pour quatre jours. Ca nous coûte trop cher en frais de port, alors on le récupèrera à Glasgow le mardi suivant.

C'est notre première date avec Souvaris. On est vraiment impatient de jouer avec eux. On se connaît depuis peu de temps mais on sent que le courant passe déjà. C'est aussi à Birmingham que Stéfane doit nous rejoindre. Il va suivre les deux groupes avec sa caméra pendant la tournée afin d'en faire un DVD. On l'a rencontré à Bordeaux et son idée nous a bien plu.

On trouve assez facilement le lieu, la «Custard Factory». C'est une ancienne fabrique de crème anglaise, désormais dédiée à l'art en général. On y trouve des ateliers de peinture, de design, et une magnifique salle de concert: The Medicine Bar. L'organisatrice n'est pas encore là mais Stéfane est lui bien arrivé, alors on visite un peu le coin puis on fait les balances. Le son sur scène n'est pas très bon mais Dave et Philippe s'aperçoivent que la tête Hiwatt fait finalement moins de bruit si on la branche sur un autre canal. C'est déjà ça de réglé. On apprend que le premier groupe ne jouera finalement pas. Arrivés les mains dans les poches, avec leurs guitares sous le bras, ils décident d'annuler leur concert lorsqu'ils apprennent par l'organisatrice qu'ils ne pourront pas utiliser nos têtes d'amplis. Ils en profitent donc pour appeler leurs potes et leur dire de ne pas venir au concert. L'autre groupe local se retrouve aussi dépourvu de matériel mais a eu l'intelligence d'amener ses propres amplis. Seule la batterie devra être prêtée au complet. Puis, l'ambiance tourne un peu à l'aigre lorsqu'on apprend par Simmo que l'organisatrice n'a rien prévu pour l'hébergement, la nourriture et la boisson, alors qu'elle a été prévenue des conditions des semaines à l'avance. On devra donc rentrer à Nottingham à nouveau dans la nuit après le concert.

Le premier groupe ayant annulé, c'est nous qui ouvrons le bal devant une vingtaine de personnes. On a le ventre vide et la bière est super chère, alors pour se venger on fait un bon concert. Souvaris, quant à eux, décident de ne jouer que trois morceaux dont un nouveau très appétissant. C'est Christmas qui finit. Ils font une sorte de «doom» et on doit attendre la fin de leur set vu qu'on leur prête notre matos. La soirée ne finit pas trop tard mais on a de la route à faire et ça ne nous enchante guère. Simmo va récupérer le cachet, qui ne correspond pas à ce qui était prévu. On monte dans le van en ne pensant qu'à une chose: il va falloir à nouveau tout décharger dans la maison de Simmo et ça non plus, ça ne nous enchante guère. On arrive tard à Nottingham et Dave a soudain une super idée. Il va garer le camion chez son voisin qui a une cour privative. Soulagement général. On décide de se retrouver en début d'après-midi pour rejoindre le port de Holyhead afin de prendre le ferry pour l'Irlande. Prochaine étape: Dublin.

VENDREDI 19 OCTOBRE: DUBLIN (THE LOWER DECK)

Cette fois-ci, on arrive à l'heure pour prendre le ferry. La traversée va durer à peu près deux heures et il fait toujours aussi beau. On en profite pour se reposer un peu.

On arrive à Dublin dans la soirée. On a rendez-vous avec Alan, l'organisateur du concert de ce soir, à l'auberge de jeunesse de Dublin. On récupère notre chambre, mais il n'y a que huit lits pour dix. Tant pis, on s'arrangera. On laisse nos affaires et on file au «Lower Deck». La salle est au sous-sol d'un assez gros pub. La scène est petite mais l'endroit est chaleureux. On est très bien accueillis, les gens sont souriants et avenants. On nous prépare une petite pièce à l'arrière de la scène où une bassine remplie de bières fraîches nous attend. Alan est parti nous chercher de quoi manger et on se dit que ce soir au moins on n'aura pas à rentrer à Nottingham pour dormir... Bref, l'ambiance est au beau fixe. On fait les balances et le son a l'air super. Puis, les deux groupes locaux, Trails et MP Inferno s'installent pour leur balance et une fois de plus, empruntent notre matériel sans nous demander quoi que ce soit. On leur explique que ça ne peut pas être possible, qu'on est déjà deux groupes à utiliser le même matériel (vu que nous prêtions notre matos à Souvaris) et que la moindre des choses c'est de venir nous en parler. Le stress de ce début de tournée et, il faut avouer, une certaine paranoïa due aux nombreux problèmes déjà rencontrés, ont resurgi un peu brutalement. Ils nous disent qu'ils ont demandé l'autorisation à Simmo et qu'il était prévu que ça se passe ainsi. En gros, tous les groupes durant cette tournée (soit quatre par soir) joueront sur notre matériel. Ca ne nous enchante pas du tout vu que l'ampli de Philippe joue déjà à la friteuse et que la grosse caisse risque de bouffer de la double pédale. Bref, on explique tout ça à Simmo et les choses rentrent dans l'ordre. Le concert débute peu de temps après et il n'y a pas grand monde pour l'instant. MP Inferno débute, puis Trails et enfin Souvaris qui nous offre un set tout d'abord très calme puis très intense et déjà bien en place.

La salle s'est un peu plus remplie désormais et notre concert se passe bien. On se sent de mieux en mieux avec ces morceaux. Le public a le sourire et on discute avec pas mal de monde à la fin du concert.

On peut laisser le matos à la salle et venir le récupérer le lendemain matin. On a donc le temps de boire une dernière bière puis filer à l'auberge de jeunesse où Guillaume et Simmo se sacrifient et dorment par terre.

SAMEDI 20 OCTOBRE: CORK (LIQUID LOUNGE)

On doit évacuer les lieux à 10 heures, donc on a le temps de s'arrêter dans un boui-boui prendre un super breakfast. Puis, on quitte Dublin et il y a à peu près 3 heures de route pour rejoindre Cork mais on n'est pas attendu avant 19 heures. Donc, on décide d'aller faire un petit tour dans les «lands», histoire de respirer un bon bol d'air. Sur le chemin, on s'arrête près d'une maison pour demander notre route et finalement on finit par être initié à une sorte de baseball irlandais par un très sympathique monsieur avec son fils. Ils nous indiquent la route pour rejoindre une cascade mais ça n'est pas à côté et on n'a pas le temps de s'y rendre. On s'arrête donc en chemin pour marcher un peu et le paysage est vraiment superbe. On prend quelques photos et on regarde le soleil qui perce au milieu des nuages.

On reprend la route vers Cork où nous arrivons presque à la bourre. La salle se trouve cette fois-ci au dessus du pub. On rencontre les gars de «Ping Pong» qui nous font jouer ce soir. Ils sont vraiment sympas et nous accueillent tout sourire.

La salle est vraiment chouette, on s'y sent très bien de suite. On fait les balances, puis on dîne dans la salle «VIP» très douillette où nous avalons avec délectation un steak-frites que nous faisons descendre à coups de Coronas (je sais, c'est pas très irlandais comme bières mais on est pas difficiles nous, on prend ce qu'on nous donne). Puis, nous devons quitter la pièce pour cause de réunion du personnel, puis la salle pour cause de strip-tease privé dans le cadre d'un enterrement de vie de jeune fille. Donc, on descend au pub voir quelques bribes de la finale de rugby, entourés par des filles arborant des oreilles de lapin «à la playboy».

La salle se libère enfin, les gens arrivent petit à petit et c'est à nous de commencer ce soir, pour ce qui restera peut-être notre concert le plus abouti de cette tournée. On ne joue que des nouveaux morceaux ce soir. Pas un issu du dernier album. Le son est bon, on entend tout et il y a des soirs comme ça où tu sens que rien de mal ne peut arriver. Le public est très réactif et ça fait plaisir. Puis c'est à Souvaris de clôturer la soirée. Pas de première ni de dernière partie ce soir. Tout comme nous, le concert de Souvaris restera comme un de leurs meilleurs. Ils jouent plus vite ce soir mais aussi très bien et tenir un morceau parfaitement sur 12 voire 15 minutes n'est pas donné à tout le monde. Des images de «Bad Taste» défilent derrière eux et on aime bien le contraste que ça donne. Le concert finit en apothéose et Aarron (le batteur) s'éclipse furtivement pour récupérer un peu. Tout le monde est ravi ce soir, les groupes, Ping Pong et même le patron du club qui nous offre un verre de whisky.

Puis on se sépare pour la nuit où nous dormons chez Shane (de Ping Pong) et sa copine Tal. Il est presque 5 heures lorsqu'on se couche. Cette nuit, on changeait d'heure...

DIMANCHE 21 OCTOBRE: GALWAY (THE ROISIN DUBH)

On se rejoint tous devant le club pour récupérer le matos. Les traits sont tirés, la nuit fut courte. On attend un peu au dehors, hagards. Puis on nous ouvre enfin et le balai recommence : on descend les instruments qu'on emboîtent les uns sur les autres, tel un Tétris, dans le camion. On décide de s'avaler un petit breakfast avant de quitter Cork pour la ville de Galway où nous jouons ce soir. Sur le chemin, on fait un petit crocheton pour se rendre sur les falaises de Moher. Impressionnant.

La nuit est déjà tombée lorsqu'on arrive enfin à Galway. On trouve sans trop de problème le «Roisin Dubh». La salle est assez grande et la scène très haute. On est dimanche alors on ne s'attend pas à des miracles, mais là, c'est tout de même pire que tout. Il n'y a qu'une personne lorsque Souvaris entame leur set, et seulement trois ou quatre pour le nôtre. L'organisateur ne s'est même pas déplacé. Il a refilé le bébé à un de ses potes qui s'est contenté de nous remettre le cachet à notre arrivée (et pas ce qui était prévu une fois de plus) et disparaître. Soirée moisie en somme. En fait, le concert fut tout d'abord annoncé et affiché à 12 euros (Souvaris uniquement), puis à 8 euros sur le net (avec Sincabeza), alors qu'il était prévu depuis longtemps que le concert soit gratuit. La rectification fut bien faite, mais le jour même du concert. Résultat, personne hormis Mark, un vieux monsieur qui se déplace à tous les concerts au Roisin Dubh, et qui nous a redonné le sourire. Il a même acheté un T-Shirt de Souvaris.

Tout à coup, à peine 15 ou 20 minutes après la fin du concert, alors qu'un DJ s'installe sur la scène, la salle se remplit à vue d'oeil et est bientôt pleine à craquer. Nous sommes un peu médusés et surtout désabusés. Certains d'entre nous décident de rester, d'autres de rejoindre l'appartement, situé à deux pas de la salle, mis à notre disposition pour la nuit. On bavarde tout en finissant nos boissons respectives. On fait un peu le bilan de cette première partie de tournée et on accuse un peu le coup ce soir. On est un peu dégoûté d'avoir joué devant personne alors que maintenant le pub est gavé. On se dit aussi que cette semaine fût bien rude mais que la suite sera plus cool. On croise les doigts et on va se pieuter alors que dehors la jeunesse de Galway s'éclate sur le dance-floor...

LUNDI 22 OCTOBRE: BELFAST (THE ATTIC)

On se réveille tous assez tard. Certains plus tard que d'autres. On décide de se rejoindre vers 13 heures à la salle pour récupérer le matos. Pendant ce temps, certains jouent les prolongations dodo, d'autres vont en ville à la recherche d'un cyber café ou d'un petit déjeuner. Il pleut dehors et on réalise qu'en fait on a plutôt été chanceux d'un point de vue météorologique jusque là - il faut bien chercher des moyens de se réconforter parfois.

Après avoir à nouveau chargé le van, nous prenons la direction de Belfast. On est vraiment impatient de jouer dans cette ville, même si on nous a dit avant de partir en tournée qu'il ne fallait sûrement pas s'attendre à quelque chose d'exceptionnel là-bas. Il n'empêche qu'on est heureux d'aller s'y produire et on a envie d'oublier le fiasco de la veille au plus vite.

Le trajet est une fois de plus très long et on passe notre temps à somnoler et à avoir envie de pisser toutes les cinq minutes, résultat de journées entières à ne boire que du café, du thé ou de la bière. Lorsqu'on arrive à Belfast, la nuit est tombée et la ville semble entièrement vide. On trouve la salle sans trop de difficultés. Elle est à nouveau située à l'étage d'un gros pub. De nombreuses affiches de concerts ornent les murs de l'escalier qui donne sur... une salle de billard qu'il nous faut traverser pour se rendre enfin au lieu dit. La salle est vraiment biscornue mais pas dénuée d'espace. Il y a une scène au fond de la salle. Elle est très haute et très étroite, mais on préfère jouer par terre. On fait des balances rapides vu qu'il est déjà bien tard et on attaque avidement notre plat de pâtes, gentiment préparé pour nous pour l'occasion.

C'est Souvaris qui débute ce soir et une fois de plus, il y a à peine une dizaine de personnes. Une lumière rouge criarde éclaire les membres du groupe et donne à ce concert une touche spéciale. Le son n'est vraiment pas super ce soir, trop de déséquilibre, y a rien à faire. On a l'impression qu'Aaron tape sur une batterie en carton. Les morceaux sont toujours aussi bien par contre et le public est bien dedans. We Are Knives, groupe de Belfast, prend la suite. Ils auraient du clôturer la soirée mais le guitariste, jeune papa, doit rejoindre sa femme et son bébé au plus tôt. Pour eux, la salle est bien plus remplie et on sent qu'ils sont plutôt très appréciés par ici. Le groupe est incroyablement technique, un bassiste de folie, un guitariste de folie et un batteur plus discret mais pas moins bon. Oui mais voilà, ça fait pas tout et ça tourne plus à la démonstration qu'à autre chose. Donc, c'est nous qui finissons et bien évidemment, la salle s'est inexorablement vidée, car à l'inverse de certains pays, le public au Royaume-Uni se déplace en masse pour ses groupes locaux et se désintéresse des groupes étrangers, à moins qu'ils ne soient américains bien entendu. D'où l'intérêt de toujours placer un groupe local à la fin de la soirée pour que le public reste jusqu'au bout. Bref, heureusement que la lumière rouge nous cache le fond de la salle, comme ça, on a pas forcément l'impression de jouer devant personne. On est vraiment dégoûté à nouveau. Deux soirs d'affilés à jouer ainsi, c'est dur. On joue vite et fort ce soir et c'est pas trop mal mais le coeur n'y est pas et ça se ressent. On s'énerve sur nos instruments et la pédale sampler de Philippe nous lâche en plein concert. La messe est dite. Rideau. Un concert «diabolique» nous dira Ian... On va au bar se commander une bière mais on nous dit que c'est fermé. Rien à faire ce soir.

On ne sait toujours pas où on va dormir et on s'aperçoit que les gars de We Are Knives sont toujours là et ça nous fout un peu les boules. Finalement, Simmo nous apprend qu'on va tous dormir à leur studio de répétitions. Donc, on charge le matos pendant que les gens quittent le pub du bas et on trouve tous qu'il y a une drôle d'ambiance ici et que les gens sont un peu agressifs. On suit l'organisateur et les membres de We Are Knives et on arrive au studio, qui se trouve en banlieue et c'est cool parce qu'on peut y garer le camion en toute sécurité. Le dodo sera spartiate mais leur lieu de répétition vaut vraiment le coup d'oeil: un énorme bâtiment désaffecté qu'ils ont transformé en véritable studio. C'est sûr, c'est pas hyper clean mais nombre de groupes donneraient n'importe quoi pour avoir le quart de ça.

On s'aperçoit qu'au milieu de tous ces instruments et amplis, trône sur une table une Line 6, pédale sampler qu'utilise Philippe et que le guitariste de We Are Knives nous prête gracieusement pour finir la tournée. On finit sur une touche d'espoir et on s'endort presque sur nos falafels.

MARDI 23 OCTOBRE: GLASGOW (13th NOTE)

C'est fini pour l'Irlande. Bilan mitigé. Direction l'Ecosse, mais sans Souvaris -qu'on retrouvera samedi prochain à Coventry- et avec un camion qui commence à faire des siennes. Plus de feux de stops, la jauge à essence qui reste bloquée et un capot avant qui ne veut plus se fermer. Heureusement, on n'est pas trop loin du port où on doit prendre le ferry pour rejoindre les côtes écossaises. On se dit qu'on s'arrêtera au premier garage venu sitôt débarqué. Avant de partir, Simmo nous explique que l'organisateur du concert nous a payé 60 livres mais qu'en fait, c'est We Are Knives qui a payé pour la location de la salle et l'ingé-son. Résultat, on leur rend le fric pour les aider et grosse embrouille entre l'organisateur et un des gars de We Are Knives. On se dit que si ça continue comme ça, on va jamais pouvoir payer la location du camion et les réparations du nôtre, les ventes de disques étant, pour l'instant, moyennes vues l'affluence aux concerts.

On arrive sur le quai d'embarquement et Eric, qui conduit le camion depuis que nous sommes partis de Nottingham, soulève un problème beaucoup plus inquiétant. Il semblerait que le camion n'ait plus de freins. Dave, qui l'a aussi conduit, confirme nos craintes. Simmo appelle le gars qui nous l'a loué et il lui certifie que le camion a été révisé la semaine dernière. Il n'empêche, on se demande comment on va faire si le diagnostic se révèle exact.

Sitôt arrivé en Ecosse, on s'arrête dans un garage que nous a conseillé un membre de l'équipage. Et en effet, c'est le système hydraulique de freinage qui est défectueux. En gros, les freins fonctionnent toujours, mais à l'ancienne. On devra bien respecter les distances de sécurité si on veut pouvoir devancer d'éventuels problèmes. Y a pas le choix de toute façon vu que le propriétaire du van refuse qu'on fasse les réparations, son oncle garagiste s'en occuperait gratuitement. La seule solution qu'il nous propose est de ramener le camion samedi après-midi et en louer un autre pour finir la tournée. Ok , mais en attendant, on va devoir rouler avec un camion dangereux pour nous et pour les autres et ça n'a pas l'aire de l'inquiéter outre mesure.

Le garagiste nous rafistole le capot et hop, nous voilà reparti. On quitte Souvaris avec regret et on voit bien qu'ils sont inquiets pour nous. On les rassure et on se donne rendez-vous samedi prochain à Derby.

On roule tranquillement le long des côtes écossaises jusqu'à Glasgow, sous le soleil. On arrive assez tôt au «13th Note». C'est un pub végétarien et comme on n'a toujours pas mangé, on s'attaque un bon veggieburger avec une pinte. La serveuse nous apprend que nôtre carton est bien arrivé. Il est un peu cabossé mais les disques n'ont rien. Sur un écran situé au-dessus de la porte d'entrée défile le programme de ce soir -à ne pas rater- selon lui.

La salle se trouve au sous-sol et ça sent le rock là dedans. Philippe y est déjà venu pour voir des concerts lors d'un séjour il y a quelques années. Ce soir, il a quatre groupes dont nos amis d'Aberdeen Project Ven-Hell. On a déjà joué plusieurs fois avec eux lors de notre première tournée en Angleterre l'an dernier.

Les balances terminées, on remonte au pub et c'est soirée Ligue des Champions ce soir. Les Rangers jouent donc le pub est désert. Le spectre d'un troisième concert avec une salle presque vide refait surface surtout qu'on clôture la soirée à nouveau, pas moyen de changer l'ordre de passage. Mais finalement, on a une bonne surprise en descendant voir PVH. La salle est assez bien remplie et le concert des écossais vraiment chouette, toujours hyper dynamique et plus posé qu'avant. Dead or American, le groupe des gens de Predestination Records, qui organisent la soirée, s'installe maintenant et ils sont visiblement très attendus. A la fin de leur concert, afin d'éviter le même problème qu'à Belfast, le chanteur demande au public de rester pour nous et une bonne quarantaine de personnes sont présentes. On nous demande de jouer Dimanchemartin. C'est assez rare donc on s'exécute. Le concert se passe bien même si la fatigue commence à se faire sentir et on doit jouer fort vu la tête de certaines personnes. Mais on a Guillaume qui nous rejoint sur le dernier morceau et il fait le show à lui tout seul...

Ca discute pas mal à la fin, l'ingé-son a adoré et rêverait de parler français. Il y a même un gars qui nous avait vu à Edimburgh l'an dernier qui a fait le déplacement. On dit au revoir à PVH qui rentrent sur Aberdeen, on vend quelques disques puis on range le matos. Ce soir, on dort chez un ami des gars de l'orga dans un grand appartement un peu en dehors du centre. Il nous fait la popote et nous on lui offre du vin. Un de ses amis arrive qui revient du concert des Boredoms, apparemment hallucinant, et nous on est plutôt content d'avoir eu du monde malgré le foot et les Boredoms. On dormira par terre une fois de plus, mais bien au chaud.

MERCREDI 24 OCTOBRE: DUNDEE (THE BALCONY BAR)

On récupère le matos au «13th Note» vers midi puis on file vers Dundee, toujours sous le soleil. On a rien dans le ventre alors on s'arrête en chemin dans un agréable petit patelin où on finit par dénicher un pub ouvert. On s'y installe pour commander et il y a un petit feu de cheminée. On s'y sent tellement bien qu'on y resterait une semaine entière. La bouffe est pas dégueu... enfin je crois. On repart et on arrive relativement tôt à Dundee. Maxi, qui organise la soirée, et que nous connaissons bien aussi depuis notre dernière tournée anglaise, est toujours au taff. On passe le temps en jouant au foot dans la rue.

Lorsque Maxi arrive, fringué comme un ministre, on a déjà déchargé le matériel dans le bar. C'est un petit pub assez original avec des filets de protection accrochés au-dessus, peut-être pour éviter que des gens ne slamment depuis l'étage...

Il nous aide à trouver une place non payante pour le van puis nous conduit chez lui à pied. Il vient d'emménager depuis quelques mois à peine et la porte de son appartement a déjà été forcée.

Il vit là avec trois autres colocataires donc il y a de la place. C'est confortable et la moquette est épaisse. C'est mieux que le parquet pour dormir. Maxi a préparé un chili végétarien pour ce soir qu'on s'empresse de goûter avant de retourner au «Balcony». On ne fera pas de balance ce soir. Il y a déjà du monde et l'endroit est trop exigu pour les changements de matériel.

La soirée commence avec le groupe de Maxi qui s'appelle Archives. Ils font une sorte d'émo pas mal foutue. Puis vient Moleck et c'est vraiment pas mal ce qu'ils font. Un début un peu moyen mais certains morceaux sont très réussis et super en place. Puis c'est à nous de jouer et c'est un concert super poussif où on doit cravacher du début à la fin. La pédale grosse caisse lâche en plein milieu d'un morceau et l'ampli de Guillaume commence à faire des siennes. Heureusement, une pédale grosse caisse c'est moins chiant qu'un ampli et plus facile à changer en plein set. On finit mieux le concert qu'on a commencé et le dernier morceau est très sonique. On a l'impression que les gens n'ont pas tout compris mais bon...

C'est Avast qui termine. Ils sont apparemment assez connus et appréciés ici mais hormis un dernier morceau vraiment bien, le reste de leur set fût assez plat et ennuyeux.

La salle se vide peu à peu. On a juste le temps de boire une dernière bière tout en rangeant le matos. On passera le récupérer demain. On rentre chez Maxi où on se ressert une portion de chili accompagné d'un bon verre de rouge. Demain c'est day- off et on ne sait toujours pas si on peut aller chez Jon, qui organise le concert de vendredi à Newcastle, pour la nuit. Au pire, on restera à Dundee mais la route est longue jusqu'à Newcastle et ça ne nous enchante pas trop de nous lever tôt pour faire la route le jour même du concert. On aura des nouvelles demain et Maxi est OK pour qu'on reste chez lui un jour de plus. Ca s'arrose...

JEUDI 25 OCTOBRE: DUNDEE (day-off)

On ne pourra pas aller chez Jon dès aujourd’hui, alors on va pouvoir bien se reposer au chaud dans l’appart de Maxi. Lui, il s’est réveillé tôt pour aller au taf. Il bosse à l’université et c’est hallucinant le nombre de gens, qu’on a connu durant cette tournée, qui nous ont dit bosser à l’université ou au City Council. Ca doit être le seul genre de boulot qui leur laisse un peu de temps pour faire de la musique et partir en tournée.

De notre côté, on se rend au Balcony pour récupérer le matos qu’on charge dans le van mais le temps de faire cela, il n’y a plus de place pour se garer à nouveau au parking surveillé de la veille. Alors on appelle Maxi qui nous en conseille un autre mais là aussi c’est complet. Finalement, on retrouve une place au premier parking et on file prendre un breakfast dans un pub pas trop loin de l’appart et il est vraiment pas terrible. Il y a ce papy à l’intérieur qui a 3 pintes différentes posées sur sa table et en fait elles sont toutes pour lui. Il les transvase dans une de temps en temps.

Avant de retourner à l’appart, Philippe décide de revenir au camion, histoire de voir si il n’y a pas de problème, et nous, de se reposer; et grand bien lui en a pris car un petit mot gentiment posé sur notre pare-brise nous explique que ce parking est exclusivement réservé aux professionnels de la compagnie de téléphone British Telecom… Donc, il faut bouger le camion et c’est plutôt gênant car avec le matos à l’intérieur, on ne peut pas le garer n’importe où. Ca serait trop dangereux et comme on a joué de malchance depuis le départ, on est encore plus parano qu’avant. Philippe décide de le garer sur une place payante en attendant que Maxi rentre de son taf pour nous aider à le mettre ailleurs. Problème, le stationnement est limité à 2h. Va falloir faire des allers-retours. En fin d’après-midi, on retrouve Maxi devant l’université avec le camion et il nous propose de nous conduire sur les hauteurs de Dundee, histoire d’admirer la vue. Après un détour au supermarché du coin, on finit par trouver une place sûre pour le camion, à côté de l’appart. Maxi nous mitonne un bon plat de pâtes et demain, départ aux aurores. Alors on boit un coup quand même, même si certains se sont déjà enroulés pour la nuit…

VENDREDI 26 OCTOBRE: NEWCASTLE (THE EGYPT COTTAGE)

On remercie encore Maxi pour son accueil et on quitte Dundee, direction Newcastle. Ca roule bien alors on arrive en début d’après-midi chez Jon. On tourne un peu en rond pour trouver son appart (merci Mappy) mais finalement on y arrive. On boit un thé/café avec lui tout en matant un dvd sur la finale de la coupe d’Angleterre 1973 entre Leeds United et Sunderland.

C’est hallucinant comme le football a pu changer aujourd’hui. On a l’impression parfois qu’on regarde un match au ralenti. Pour l’anecdote, Sunderland, club de 2ème division, va battre Leeds United, club de 1ère division et immense favori de cette finale. Comme quoi ce genre d’exploit arrivait déjà à l’époque. A propos, Jon est originaire de Sunderland… Ah ils sont pas peu fiers de leurs origines ces anglais!

Puis on reprend le camion pour se rendre chez Sophie qui co-organise le concert de ce soir. Jon et Sophie joue tous deux dans un excellent groupe, Sailors, signé sur le même label que Souvaris. Elle nous accueille tout sourire et avec son boyfriend, qui s’appelle aussi John (mais avec un «h»), et ils nous ont préparé de quoi manger sainement. On reste un bon moment à discuter de choses et d’autres avant de se rendre à l’Egypt Cottage. C’est un pub sur deux niveaux aussi, et le concert se déroule à l’étage. Il y a une arrière-cour où on peut boire un verre et surtout fumer des clopes vu que c’est désormais interdit dans les bars/restaurants au Royaume-Uni.

Ce soir, on va retrouver James et Andy de That Fucking Tank, qui partagent l’affiche avec nous et deux autres groupes du coin. Les balances se font de plus en plus rapidement et ça a l’air de bien sonner. On est confiant pour ce soir et surtout plus reposé. On descend commander une bière au bar et on s’aperçoit qu’un groupe de Rockabilly donne un concert en bas pendant toute la soirée. Vu l’insonorisation, ça ne va pas être du gâteau pour eux ce soir.

Petit à petit la salle du haut se remplit. James et Andy sont arrivés et on papote un peu.

C’est Hélios qui commence et pas mal de leurs potes sont venus pour les voir. C’est chouette parce qu’il y a déjà de l’ambiance, ça rigole et tout ça, mais musicalement, c’est plutôt bof.

Ensuite vient Richard Dawson et sa petite guitare folk. Le gars est très populaire par ici. C’est LE disquaire du coin et les gens l’adorent. Il joue une sorte de folk/blues/gospel et est doté d’une voix hallucinante. Son concert intimiste nous change carrément des groupes avec lesquels nous avons joués jusqu’à présent. Guillaume achètera son album qui se révélera un peu décevant.

Puis c’est à nous de nous installer et Guillaume s’aperçoit que son ampli ne fonctionne vraiment plus. On demande à Andy de nous prêter le sien et hop, c’est parti. Tout se déroule à merveille, les morceaux s’enchaînent, la sonorisatrice a le sourire depuis le début et le public est bien dedans. On termine le set comme d’habitude avec Guillaume à la «perceuse» et Eric se met soudain à brailler des trucs dans un micro (le bougre en perdra sa voix pour les jours suivants). Le morceau a pris soudain une autre tournure et c’est assez excitant. On vient nous parler à la fin.

James et Andy nous complimente sur nos nouveaux morceaux et on s’aperçoit qu’il y a quelques personnes qui étaient au concert de Dundee qui ont fait le déplacement jusqu’ici. Ca, c’est vraiment chouette. On les remercie et on récupère un peu en attendant le concert de That Fucking Tank.

A peine installés, c’est parti. James sur la scène à la batterie et Andy à la guitare face à lui. Pas ou peu de temps mort comme d’habitude, TFT enchaîne les morceaux et c’est du tout bon. Le public est conquis. Pas le temps de trop discuter avec eux, ils doivent rentrer sur Leeds. Alors ça se termine aussi comme d’habitude, on boit une dernière bière, on range le matos et on rentre avec Sophie, John et Jon dans le camion à la recherche d’un Take-Away parce qu’on a la dalle. Et pour une fois, on en trouve un pas trop dégueu. Une dernière bière chez John et Sophie et zou! Au lit.

SAMEDI 27 OCTOBRE: COVENTRY (TAYLOR JOHN'S HOUSE)

Première chose, on doit ramener le camion à Derby où Simmo a donc bien réussi à nous dégoter un autre van. C'est un trois places donc il va falloir prendre une voiture en plus et donc tripler les frais d'essence. Pas moyen de faire autrement et vraiment, on s'inquiète pour nos finances. L'ambiance est un peu morose. La route jusqu'à Derby a été longue et fatigante. Il fait gris et il se met à pleuvoir au moment où on transvase les affaires d'un van à l'autre. On n’est pas fâché de quitter ce corbillard et on aimerait bien dire deux mots au gars qui nous l'a loué mais Simmo nous dit qu'il va gérer tout ça, avec son flegme typiquement britannique.

On grimpe dans le nouveau van, qui semble en bien meilleur état que son prédécesseur, et on quitte Derby pour Coventry. On joue au Taylor John's House, une salle de concert où Ian, le bassiste de Souvaris, travaille en tant qu'ingénieur du son. En fait, on aurait du jouer dans une autre ville ce soir mais la date a été annulée peu avant notre départ de France, donc Ian a proposé qu'on joue avec Gravenhurst et Audrey, initialement prévus.

C'est samedi soir donc on s'attend à voir un peu de monde. De plus, Gravenhurst étant signés sur Warp, cela devrait attirer les foules.

La scène du lieu est vraiment bizarrement foutue et on se rend compte qu'on ne pourra pas se placer comme on veut. On en parle à Ian en lui disant qu'on va jouer en premier ce soir, par terre et pas repris, pour qu'on se sente plus à l'aise. Et Ian est très stressé ce soir et cette proposition ne l'enthousiasme pas du tout. Lui, il veut un backline commun et basta. On lui explique que ça n’est pas possible pour nous et finalement, il accepte bon gré mal gré.

On s'installe pour faire un peu les balances juste avant de jouer et soudain, l'ampli d'Eric, qu'on venait juste de faire réparer avant de partir, se met à cracher et à bourdonner. Et c'est la goutte qui fait déborder le vase. On se regarde impuissant en se demandant quand tout ça va se terminer. Eric emprunte la tête ampli de Ian mais c'est sûr que le son n'est vraiment pas le même. On peut lire le ras-le-bol sur nos visages et on attaque le concert sans grande conviction. Le public est vraiment froid et ça nous aide pas trop à nous lâcher. Ca réagit un peu, dont deux membres d'Audrey assises sur nôtre gauche, mais ça n’est pas le soir ce soir, tout simplement. Le concert se termine et on laisse la place à Audrey, un quatuor pop féminin de Suède. La violoncelliste du groupe vient nous acheter un disque et nous offrir le leur. Sympa.

La salle s'est déjà un peu vidée et vraiment l'ambiance est pour le moins "coldos". Audrey ne s'en sort pas trop mal et Souvaris prend la suite pour un bon concert mais chez eux aussi le coeur n'y est pas. Gravenhurst prend la relève et on s'aperçoit qu'au fur et à mesure de leur set la salle se vide un peu plus. Ils finiront par jouer devant à peine dix personnes. Fin de la soirée. Pas grand chose à raconter de plus. On discute un peu avec les très sympathiques Audrey, on tape un foot sur le parking et on rentre à Nottingham.

DIMANCHE 28 OCTOBRE : MANCHESTER (CAFE SAKI)

Longue route pour se rendre à Manchester. Pas d’autoroute depuis Nottingham donc on doit prendre des nationales et on se retrouve à traverser les Midlands et le paysage est carrément somptueux, très vallonné. Les près sont remplis de faisans et on comprend mieux pourquoi on en a vu autant écrasés au bord des routes anglaises tout au long de la tournée. On passe plusieurs villages très touristiques et il y a du monde sur la route, donc lorsqu’on arrive à Manchester, il fait déjà nuit. Le Café Saki est un tout nouveau bar concert situé en plein milieu du quartier indien. La salle est à l’étage et les gars de Bad Uncle sont bien cools.

On balance vite fait et on va dîner chez Ben. Sur le trajet, la pluie a fait son apparition. On dormira chez lui ce soir mais sans les Souvaris qui repartent pour Nottingham après le concert vu qu’ils ne jouent pas avec nous le lendemain à Leeds. L’appart est vraiment sympa et confortable. Il est situé au sous-sol de l’immeuble, ce qui arrive souvent en Angleterre. Sitôt le repas terminé, on retourne au Café Saki qui se remplit petit à petit. John Lee, le guitariste chanteur de Kong, est venu nous voir, toujours aussi souriant et sympathique. On avait joué avec eux l’an dernier à Preston lors de notre première tournée anglaise et on avait pris une sacrée claque. Leur premier album est sur le point de sortir.

C’est Breaking Colts qui ouvre le bal. C’est un duo basse-batterie féminin qui rappelle un peu ces groupes du mouvement riot grrrrls des années 90. Bonne entrée en matière. Puis suivent nos amis de Small Car Goes Fast avec qui nous avions aussi joué à Preston l’an dernier. Duo guitare-batterie qui se rapproche de plus en plus de Faraquet. Ca a pas mal évolué depuis l’an dernier, c’est devenu plus complexe et plus technique, sûrement trop parfois.

Il y a du monde maintenant qui se masse pour accueillir Souvaris. C’est dans ces moments là qu’on réalise combien ce groupe est apprécié en Angleterre et qu’il pourrait fort bien devenir encore plus important dans les années à venir. Ca n’est pas leur meilleur concert mais il y a de l’énergie dans leur set ce soir et le public est à fond et vu qu’il y a de la place pour bouger, Dave et Dan, les deux guitaristes, ne s’en privent pas.

C’est nous qui terminons ce soir et la plupart des gens sont restés. Nous aussi on a de l’énergie à revendre. On enchaîne les morceaux, on joue vite ce soir et la fin du set est carrément chaotique. Le public est un peu médusé mais bon, on a de bons retours par la suite et le stand marche à plein régime. On rencontre même quelques personnes qui nous ont vu l’an dernier à Manchester lorsqu’on avait joué dans une maison. Un sacré souvenir.

Après une dernière bière difficilement acquise au bar, on rembarque le matériel et on dit au revoir à nos chers Souvaris qu’on retrouvera à Nottingham dans deux jours. On doit aussi se séparer de Stéfane et de Guillaume car le van n’a que 3 places. Ca fait bizarre de n’être plus que 3 tout à coup, mais au moins, on pourra dormir dans de bonnes conditions cette fois-ci.

Demain, on joue à Leeds et le trajet entre les deux villes n’est pas énorme. On va pouvoir enfin se reposer un peu.

LUNDI 29 OCTOBRE: LEEDS (BRUDENELL SOCIAL CLUB)

Après avoir chaudement remercié Ben pour son accueil, on quitte Manchester en début d’après-midi pour éviter de tomber dans les bouchons. Ca nous était arrivé l’an dernier. On avait mis presque 3 heures pour atteindre Leeds et on était arrivé super en retard. Cette fois-ci, ça roule bien et on retrouve le Brudenell assez facilement. Résultat, on est sacrément en avance sur l’horaire prévue alors on gare le van et on va prendre une pinte au pub du coin. Une heure plus tard, la salle a ouvert ses portes et une heure après, les balances sont faites. On aime beaucoup cette salle. On dirait un vieux pub du XIX siècle avec une énorme scène très haute. Tout comme la fois passée, on demande à jouer par terre. On espère qu’il y aura plus de monde que l’an dernier où seulement 6 ou 7 personnes s’étaient déplacées. Il est vrai qu’à cette époque la coupe du monde de football faisait rage et surtout l’Angleterre n’avait plus connu un aussi bel été depuis des lustres.

Andy et James de That Fucking Tank arrivent un peu plus tard et nous invitent à dîner dans un restaurant indien. Ils choisissent pour nous et on attaque nos plats épicés tout en leur racontant nos aventures de tournée. Ca discute et ça rigole tout au long du repas. On en oublierait presque qu’on doit retourner au Brudenell pour le concert. Lorsqu’on arrive là-bas, il y a déjà plus de monde que l’an dernier, ce qui nous soulage tous. 4 groupes sont prévus ce soir et c’est Solus Locus de Leeds qui commence pour un set pas mal foutu. D’une moyenne d’âge d’à peine 20 ans, ils se débrouillent bien dans un style proche d’un Mogwaï en plus nerveux.

Puis, c’est That Fucking Tank qui poursuit et leur set est relativement similaire à celui de Newcastle quelques jours plus tôt. Pourtant, bien que James nous dira le contraire, le concert est encore meilleur et même si le curry est difficile à digérer, les deux comparses se répondent à merveille ce soir.

On décide de jouer juste après car Humanfly, le 4ème groupe, pratique une sorte de prog-métal et on se sent pas trop jouer après eux. Il s’avère que pas mal de monde est venu pour les voir aussi donc, c’est sûrement mieux ainsi. On s’installe et ça fait presque bizarre de voir autant de monde dans cette salle. On attaque pied au plancher et on joue fort une fois de plus, peut-être trop. Le set se déroule sans problème même si en effet, il flotte dans l’air une forte odeur de currry… On joue notre dernier morceau sans Guillaume cette fois, donc on doit s’adapter un peu à la situation et improviser encore un peu plus. Et on est plutôt satisfait du résultat. Le public, quant à lui, réagit bien et James et Andy sont ravis. Une bonne soirée en somme. Epuisés mais heureux, on reste derrière le stand à se désaltérer et à vendre pas mal de disques. Puis Humanfly commence. Il reste encore beaucoup de monde pour les voir jouer et on réalise après les premières notes qu’on n’a finalement peut-être pas joué si fort que ça car c’est un véritable mur de son qui envahit la salle. Ca joue extrêmement fort et c’est à la limite du supportable mais leur bataillon de fans semble conquis. La soirée se termine et comme tous les soirs depuis le début de la tournée, on s’affaire à ranger notre matériel pour ensuite le mettre dans le camion. On dort chez Andy et sa copine cette nuit. Ils habitent une maison dans un petit village à une vingtaine de minutes de Leeds. On pourra dormir un peu plus longtemps cette nuit aussi car demain c’est day-off et en relâchant la pression à la fin du concert, on a senti poindre une grosse fatigue. Le petit encas de fin de soirée gentiment préparé par Andy et sa copine aura raison de nous.

MARDI 30 OCTOBRE: NOTTINGHAM (day-off)

On se réveille tous en milieu de matinée, le soleil brille à nouveau au dehors et Andy décide de nous concocter un p’tit déj. En cuisine, alors que Freddie Mercury s’égosille à la radio, il s’affaire et nous prépare des pancakes et du pain maison. Royal ! Tout en se régalant et vu qu’on a du temps devant nous, on lui demande si à tout hasard il ne connaîtrait pas un réparateur d’ampli afin de lui amener la tête Ampeg d’Eric. Il nous en conseille un qui habite dans un village voisin. On décide de s’y arrêter et de régler ce problème une bonne fois pour toute. On quitte Andy, qui doit prendre un train pour son boulot, et on file en direction du village. On tourne un peu en rond mais on finit par trouver ce fameux réparateur qui diagnostiquera la panne assez rapidement: une des lampes serait tout simplement sortie de son embase. Pour le remercier, on lui offre un split 45t Sincabeza/Ponycamp et on prend le chemin du retour vers Nottingham.

Arrivé à destination, on retrouve avec plaisir nos deux compères français ainsi que Simmo et Hélène, sa copine. On leur raconte la soirée à Leeds, le curry indien et tout le reste. Guillaume a profité de cette journée pour se rendre chez un «barber» et Stéfane a réalisé quelques interviews pour son documentaire. Enfin, Simmo nous apprend une bonne nouvelle: le van sera réparé dans 2 jours. On pourra le récupérer après le concert de Londres. C’est un gros soulagement et on décide d’aller fêter ça ce soir.

Hélène nous prépare un excellent curry de lentilles pour le dîner et on prend un taxi pour se rendre en ville et retrouver Dave, sa copine et Aaron. On passe la soirée dans un pub bio qui sert de la très bonne bière. On finit dans un autre bar où Simmo nous dit qu’il aurait du y organiser notre concert de vendredi prochain. La soirée se termine un peu en eau de boudin lorsque 3 gars bien arrachés commencent à s’embrouiller avec Simmo et Dave. Simmo nous dit que c’est la première fois que ce genre de chose lui arrive ici. Il faut un début à tout.

Il en a gros sur la patate alors on finit nos bières et on rentre se coucher.

MERCREDI 31 OCTOBRE: BATH (CELLAR PORTER BAR)

Aujourd’hui, c’est Halloween et on joue à Bath. Simmo et les Souvaris connaissent bien les types de l’orga et la soirée s’annonce plutôt cool. La fatigue se lit facilement sur le visage des uns et des autres et la soirée de la veille n’a pas vraiment amélioré l’état de santé de certains. Ca sent la fin de tournée et les organismes se laissent un peu aller. On part en fin d’après-midi et il fait nuit quand on arrive à Bath. On trouve facilement le Cellar Bar et on décharge. C’est un peu dangereux car il faut traverser une rue très passante afin d’amener le matériel jusqu’au pub. Ceci fait, on fait la connaissance des gars de l’orga, puis on balance. La salle est donc située au rez-de-chaussée d’un pub végétarien. La scène est petite et il n’y a pas non plus grand place pour le public. Mais l’endroit est chaleureux et c’est Halloween donc, il devrait y avoir du monde. Après les balances, on commande de quoi manger (des sortes de tartines…) puis on migre vers le haut du bar où la soirée a déjà bien commencé. Il y a foule et la plupart des gens sont déguisés. L’alcool coule à flot et le brouhaha perpétuel nous fait rater le début du premier groupe, The Hysterical Injury. Il y a un peu de monde en bas mais beaucoup moins qu’en haut. C’est Souvaris qui prend la suite et une fois de plus, ils nous servent leurs fabuleux morceaux sur un plateau d’argent. Il fait chaud sur scène et Dan, qui a pris le micro ce soir, ne se ménage pas. A nouveau, ils terminent sur un magnifique The Young Ted Danson, où nous les rejoignons sur la toute fin, et le public est en ébullition. C’est à nous de clôturer et un des types de l’orga nous demande s’il peut diffuser des images sur un écran, derrière nous, pendant notre set. On s’installe et le début du concert est un peu désordonné. Juste avant de monter sur scène, David, qui est malade depuis ce matin, a vomi plusieurs fois et les deux premiers morceaux se déroulent dans une certaine confusion. Mais la suite sera nettement meilleure et le public extrêmement réactif, avec tous ces gens déguisés qui se mettent à danser et à crier. Tous les Souvaris sont devant et participent à l’ambiance un peu folle qui règne désormais. La fin du set est encore plus chaotique que le début, Dan jouant de la cloche et Simmo frappant les cymbales de la batterie à grands coups de baguettes. Pour un concert de fin de tournée, on peut dire qu’il y avait de l’énergie de part et d’autre ce soir.

A l'étage, la soirée Halloween prend elle aussi fin et lorsqu'on quitte le Cellar Bar pour rejoindre nos quartiers pour la nuit, la rue est remplie de vampires et autres goules bourrés comme des coings. De notre côté, on doit se séparer pour la nuit. Certains dormiront dans un appartement en ville, par terre, et d'autres auront plus de chance et se retrouveront dans une magnifique maison de campagne à l'extérieure de la ville, dans un bon lit douillet. Bonne pioche ! Mauvaise pioche !

JEUDI 01 NOVEMBRE: LONDRES (THE FLY)

On se retrouve tous en fin de matinée devant le Cellar Bar pour récupérer le matos et Dave nous apprend qu'il s'est fait rentrer dedans en sortant du parking. Heureusement, la voiture peut rouler. Ian et Guillaume décident de rester un peu plus longtemps à Bath pour faire du shopping. On s'inquiète un moment de savoir s'ils vont réussir à être à l'heure pour le concert de ce soir...

Sur le chemin de Londres, on décide de s'arrêter pour casser la graine. On trouve un restaurant en bord de route dans un bled nommé Box. Le resto semble un peu guindé et on nous regarde du coin de l'oeil lorsque nous pénétrons à l'intérieur. A la vue de notre commande (soupe et sandwiches), le serveur a vite compris à qui il avait à faire.

Evidemment, on tombe dans les bouchons en rejoignant Londres, mais comme nous ne sommes pas partis trop tard, on arrive à temps au Fly. Au premier coup d'oeil, la salle a l'air vraiment super, seule la scène est bizarrement positionnée. A l'étage se trouve le bar, pas très grand mais suffisamment pour accueillir pas mal de gens. On attend tous beaucoup de ce concert. La salle est assez réputée et on est en fin de semaine donc on peut s'attendre à ce qu'il y ait un peu de monde.

C'est Souvaris qui jouera en dernier ce soir et un groupe de Londres du nom de YouMeTheSwitch qui ouvrira. En attendant, Ian et Guillaume sont arrivés, les balances sont faites et on attend plus que les gens arrivent. On boit un coup au bar et on discute un peu avec le serveur qui est français. On va se chercher de quoi manger au resto Thaï du coin et c'est absolument infect. A l'étage, la jolie organisatrice du concert diffuse des morceaux indé des années 90. Normalement, quelques amis doivent venir nous voir ce soir et tout ça s'ajoute à l'excitation de la soirée. Le premier groupe vient de débuter et on peut les voir jouer de l'étage grâce à un écran vidéo, mais sans le son. Donc on descend voir un peu mais leur post-rock ne donne pas envie de rester plus longtemps. Peut-être aussi parce qu'on va jouer juste après. Il n'y a pas vraiment grand monde en bas mais des gens continuent d'arriver, au compte-goutte. On peut voir à l'écran qu'ils viennent de terminer alors s'achemine vers la scène où on s'installe tranquillement. Dans la salle, on reconnaît Sam, qui avait organisé notre concert à York l'an dernier, et son ancien colocataire Phil. Ca fait vraiment plaisir que des gens se bougent les fesses pour venir nous revoir. Il doit y avoir environ 70 personnes quand nous débutons, et hormis les Souvaris, le reste du public se tient assez éloigné. On démarre tambour battant et même si le son sur scène n'est vraiment pas terrible, on arrive à s'en sortir. Mais le public est vraiment froid, pour ne pas dire glacial et on se retrouve à cravacher comme des damnés tout le long du set. On voit bien que la sauce n'a pas pris, même entre nous, et ça nous fout bien les boules. Une date à Londres en fin de tournée, ça n'est peut-être pas la meilleure solution. Simmo nous dit aussi que le son en façade n'était vraiment pas bon. Bref, une soirée à oublier, même si c'est à Londres. On discute tout de même avec un couple de français expatriés qui ont bien aimé notre concert et qui nous disent que le public à Londres est toujours un peu froid. Peut-être. On discute aussi avec Sam et son pote qui eux aussi ont bien aimé les nouveaux morceaux et deux amies bordelaises viennent d'arriver. Elles ont raté le concert mais ça nous fait tellement plaisir de les voir. En fait, un peu dégoûté par notre prestation et occupé à parler avec nos amies, on rate la plupart du set de Souvaris. On descend juste à temps pour intervenir sur leur dernier morceau. Le public applaudit et la salle se vide rapidement. Les organisateurs, eux, ont l'air plutôt contents de la soirée. Tant mieux. On dit au revoir à nos amies et après avoir vidé la salle du bas de nos instruments et chargé le camion, on se sépare à nouveau pour la nuit. Certains dorment chez les parents d'Aaron et d'autres chez les parents de Simmo, en banlieue de Londres. La route semble malgré tout assez longue, ou alors c'est la fatigue. Tout le monde somnole dans la voiture alors que Dave conduit sportif. Enfin arrivés, on se dirige tels des zombies dans nos chambres respectives. Demain, on va retrouver notre Mazda Bongo...

VENDREDI 02 NOVEMBRE: NOTTINGHAM (THE ROSE OF ENGLAND)

Aujourd'hui, c'est le dernier concert de la tournée anglaise. On retourne à Nottingham où on doit jouer dans un pub du nom de Rose Of England. Mais on a une dernière mission à remplir avant cela. Dave, Eric, Philippe et Guillaume doivent se rendre à Margate pour récupérer notre camion. Ils partent vers midi et espèrent être de retour pour les balances à 19 heures. En attendant, les autres prennent le camion et rentrent sur Nottingham où Simmo doit retrouver la soeur et le père d'Hélène qui sont venus passer le week-end. Nous, nous passerons notre dernière nuit à Nottingham chez Matt de Gringo Records.

Donc, après avoir récupéré le père et la soeur d'Hélène, nous nous rendons au Rose Of England pour y décharger le matériel. La salle se trouve à l'étage d'un pub et elle est effectivement superbe. La scène est très large et profonde. On ne risque pas de se marcher sur les pieds. Vu que le premier groupe est déjà sur place, et qu'on ne sait toujours pas si nos acolytes vont arriver à l'heure, on leur dit de faire leur balance de suite. Hélène a préparé un gros plat de pâtes pour tout le monde et c'est précisément à ce moment là que Dave, Eric, Philippe et Guillaume refont surface. C'est la grosse fatigue mais maintenant tout le monde est là, même le camion, et donc il va falloir fêter ça dignement. On balance vite fait histoire d'avoir le temps de manger et de se poser un peu avant de jouer. On profite que le concert n'a pas encore commencé pour boire un verre tous ensemble et discuter encore et se dire combien cette tournée fût une expérience formidable et combien la musique des uns et des autres est aussi formidable, etc, etc... On sent poindre une certaine nostalgie, voire une certaine tristesse du fait de se quitter demain. Mais on échafaude des projets communs pour l'avenir et on reboit un coup histoire de refêter ça... Alors que Beyond This Point Are Monsters, qui ne doit pas avoir encore beaucoup de concert à son actif, vient de terminer et que Souvaris s'installe sur scène, on remarque que Dave arbore un tee-shirt pour le moins surprenant. Ce qui semblait être auparavant un tee-shirt Drive Like Jehu, s'est transformé en tee-shirt Drive Like Bongo, petit clin d'oeil à notre camion maudit.

La salle est bien pleine ce soir et Simmo est ravi car dans le même temps se déroulait un concert d'adieu d'un groupe de rock assez connu de Nottingham. Pour l'instant, la soirée se passe à merveille et Souvaris réalise une fois de plus un concert de haute volée. Pour les avoir vu quasiment tous les soirs pendant trois semaines, on peut dire qu'ils n'ont jamais fait un mauvais concert. Ces gars savent jouer ensemble et composer des morceaux d'une beauté incroyable car ils ont du feeling et des idées. Et ce soir là, la magie opère à nouveau. On sait que c'est aussi leur dernier concert de la tournée et qu'il est vrai que tout cela prend une toute autre dimension. Ils sortent de scène et on les félicite, comme d'habitude, puis c'est à notre tour et pour nous aussi ce concert sera spécial. On ne peut pas vraiment dire que ce fût un des meilleurs de la tournée car physiquement, on était loin d'être aussi en forme qu'au début, mais l'énergie et l'émotion ont pris le dessus ce soir là et Aaron viendra nous dire combien il était heureux qu'on ait joué ainsi ce soir. La suite de la soirée sera aussi dédiée aux souvenirs de tournée et aux «tournées» tout court.. Quelques photos prises de ci de là et on se quitte avec regret en espérant se revoir très vite. Les projets esquissés un peu plus tôt semblent en fin de soirée déjà beaucoup plus réels et devraient voir le jour dans le courant de l'année 2008. A suivre.

Bilan de la tournée: 2 vans out, 4 amplis out, 82 disques vendus (sincabeza) et après déduction des frais engendrés en essence, location de véhicules etc., un bénéfice net de... 35 livres par groupe. Peut mieux faire...

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