20 ans de Rockomotives!

A Vendôôôme...

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le 02.11.2011 à 00:00 · par Mathieu M.

Des vieilles pierres. Un rivière qui serpente à travers un centre ville historique qui tient dans la main. Une ambiance automnale légère et vaporeuse et une population entièrement tournée vers son évènement phare, son festival.

Les Rockomotives fêtent leurs 20 ans cette année à Vendôme du 22 au 31 octobre et la première chose qui saute aux yeux c'est à quel point le festival est adapté à son lieu, à sa ville. Intelligemment pensé même. Un petit festival d'automne qui aurait sa place parmi les gros poissons au vu de sa programmation mais dont l'humanité a su rester la principale préoccupation de l'association organisatrice Figures Libres, active toute l'année en matière de musiques actuelles.

Dès les premières heures, on connaît les bénévoles par leur prénom, on prend ses habitudes chez les commerçants de la ville, on connaît la carte du bar à vin du festival par cœur. Au bout de quelques jours, on prend la même photo à la même heure sur le même pont sur le Cher pour apprécier les lumières vacillantes, on retrouve ses voisins de concert là où on les a laissé la veille et la bière est déja servie avant même qu'elle soit conçue dans un cerveau pourtant assoiffé. Bref, agréable surprise, on se sent comme à la maison et les conditions d'écoute et d'ouverture sur le monde musical proposé sont donc optimales...

Et l'autre agréable surprise vient du tour de passe-passe de la programmation. On se déplace pour de grands noms et l'on repart avec les petits. Comme souvent, les plus gros coups de cœur ne sont pas forcément là où on les attend et c'est si bon.

Ici, c'est la micro scène du foyer bar du Minotaure qui dégage le plus d’énergie, de fougue et de créativité grâce aux concerts des Finkielkrauts, Jésus Christ Fashion Barbe, Iconaclass, Pneu, Mars Red Sky, Mellanoisescape, ou Mein Sohn William. Les mecs sont présents et donnent tout ce qu'ils ont sans artifices et sans bla bla, comme si faire du rock, merde... y'a pas besoin de tant de complications!! Ce sont d'ailleurs ces mêmes groupes que l'on retrouve aussi pour des concerts "sauvages" en pleine rue commerçante (Pneu), dans le salon de coiffure (Mesparrow), à la gare (The Finkielkrauts), au rayon jouet du supermarché (Jésus Christ Fashion Barbe), ou encore dans une cuisine (The Foxheads)... Mini-concerts mis en scène et filmés avec goût et poésie par What comes around goes around, ajoutant une touche d'insouciance à un automne Vendômois déjà classieux.

Magie d'un festival qui surprend même la boulangère et éducation musicale au quotidien jusque dans les bas fonds... Mais éducation qui n'ira pas jusqu'à faire jouer Diabologum AVANT un Yann Tiersen attendu par toute une population... Et pourtant, belle occasion, hé hé...

Évidemment, la taille de la ville ne permet pas un festival élitiste et personne n'en voudrait. La parfaite alchimie de la programmation et ses 20 ans d'expérience sont un mélange de compromis, d'expériences et de coups de cœur, mise en noms par ce goût fin et ambitieux que la vindicte populaire -et les faits!- accordent à Richard Gauvain, directeur du festival. Les Rockomotives est un vrai festival populaire au sens noble du terme, et d'utilité publique, n'ayons pas peur des mots.

N'ayons pas peur d'en rire non plus et à défaut de prouver la qualité journalistique de cet article, laissons nous bercer par d'autres leçons apprises au fil des grands noms de cette édition 2011 :

D'entrée, on constate que le ridicule ne tue toujours pas (The Do).

Force est de constater encore que même perdu en France un vrai gros ricain reste toujours un vrai gros ricain (Dj Muggs).

Paix à son âme la Belgique, autrefois capable du meilleur, a vendu l'âme de ses grands groupes au diable (dEUS).

On se s'affranchit pas si facilement d'une culture ou l'effacement personnel est une religion (Envy).

Heureusement, on se rappelle également que l'on peut être une grosse tête d'affiche sans l'avoir vraiment et maîtriser le pogo comme personne devant un concert de Pneu (Yann Tiersen).

On se rend à l'évidence qu'un bon son brut pour les truands reste la base de tout (Chokebore).

On tombe d'accord sur le fait que c'est dans les vieilles marmites que l'on fait les meilleures soupes (reformation de Diabologum et apparition de Françoise Lebrun, actrice et voix de La Maman et La Putain).

Et enfin, on s’aperçoit que l'on peut posséder une voix magnifique à faire oublier la plus douteuse des coupes de cheveux (Wild Beasts).

Parce que c'est ça aussi les Rockomotives. Depuis quand on est sensés se prendre au sérieux?

C'était ma première édition de ce beau festival. I'll be back.

En rentrant chez moi : tiens, il a neigé.

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