Trans-globales !

Retour sur les Rencontres Transmusicales 2014

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le 17.12.2014 à 06:00 · par Sébastien D.

L'inconvénient de commencer les Rencontres Transmusicales un vendredi soir, c'est qu'on est déjà passé à côté d'une bonne partie de la programmation, y compris celle qu'on vous avait conseillée il y a peu. Et à la lecture de certains compte-rendus, comme celui de Sophian Fanen sur Verveine dans Libération, on s'en mord un peu les doigts. Bref, c'est au Parc des expositions et ses quatre halls transformés en immenses salles de concerts que l'on commence l'immersion. Les Naked (on drugs) sont les premiers à impressionner, avec une musique hallucinée, les deux saxophones de l’Anglais Luke Byron Scott et du Français Sébastien Perrin donnant même à celle-ci l'allure d'un James Chance mancunien. Auteurs d'un ep sorti il y a un an, les franco-britanniques peuvent désormais se sentir légitimement attendus.

Immanquablement comparés à Soulwax, les belges de Compact Disk Dummies et leur énergie réveillent le public du Hall 3 en livrant un set efficace et dansant d'électro-rock, sans pour autant être complètement inoubliable.

C'est le lendemain soir que les Trans prennent une toute autre dimension, en investissant tous les continents. Et le set des Danois de Den Sorte Skole en est un peu la meilleure introduction, proposant un voyage à travers le monde tout en couleurs et en samples, les vidéos du collectif Dark Matters rendant le moment assez magique (à revoir sur Arte TV).

Place au rock ensuite avec le trio The Ringo Jets venu d’Istanbul. Une recette bien connue : guitare, basse, batterie, le trio alternativement au chant, une belle énergie, des reprises comme Helter Skelter pour achever d'emporter le public, mais reste encore à toucher du doigt ce qui fait du rock'n'roll cette musique si attachante : ce grain de folie, que l'on ne croisera pas complètement ici, mais un peu plus tard pour ce qui ne sera d'ailleurs pas un concert étiqueté "rock".

On se déporte ensuite un peu plus à l'Est encore, en Corée du Sud avec Jambinai, présenté comme l'attraction atypique de ce festival. Le mélange entre instruments traditionnels (geomungo notamment) et la saturation électrique des guitares est une des grandes révélations de ces Transmusicales, constituant une belle préparation mentale au concert le plus fou de ce festival qu'est la prestation des Too Many Zooz dans un Hall 8 bondé et survolté. Habitués de la station de métro new-yorkaise Union Square, et après avoir arpenté les rues de Rennes pendant tout le festival, Matt Doe (trompette), Leo P (sax baryton) et Dave "King of Sludge" (percussions) se produisent sur l'avant scène au plus près du public, livrant une prestation démesurée, avalant et emportant tout avec eux. Même si cette musique de fanfare house doit s'éprouver en live, allez quand même jeter une oreille ici sur le premier volume d'une trilogie d'eps, intitulé Brasshouse.

La fatigue aidant et le sommet musical ayant été franchi, le concert attendu de Fumaça Preta et le DJ set de Awesome Tapes From Africa, prennent un tournant plus anecdotique, participant néanmoins à donner à ces Rencontres Transmusicales 2014 cette tonalité transglobale.

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