Dirty Three

She has no strings apollo

( Bella Union ) - 2003

» Chronique

le 04.08.2003 à 18:00 · par Eric F.

Dès les premières notes de ce She Has No Strings Apollo, on sait que le nouvel album du trio australien ne décevra pas : on rentre immédiatement dans le sujet avec un Alice Wading qui prend aux tripes sans une seule seconde de relâche en passant par des constructions fidèles au groupe, mais tellement efficaces. C'est un peu le problème avec Dirty Three, on arrive tout de suite en terrain connu même si on peut remarquer quelques variations. Il semblerait d'ailleurs que le groupe ait définitivement cessé de chercher l'aspect à privilégier entre la rugueuse agressivité des premiers albums et la classe aérienne de leur deux derniers avant cette nouvelle livraison : on flotte sur un nuage cotonneux d'où s'évade une harmonieuse masse sonore composée par les trois instruments qui ne forment plus qu'une entité unique. Ce que réussit Dirty Three au meilleur de sa forme, peu de groupes parviennent a l'égaler : on passe par toutes les nuances d'une émotion au moindre coup d'archet de Warren Ellis tandis que Mick Turner laisse rêveur face à la beauté dépouillée de ses arpèges et des ses rythmiques tandis que Jim White s'applique à être Jim White, c'est à dire un batteur exceptionnel. Le grand moment de ce disque est sans conteste No Stranger Than That où après avoir exploré une mélodie mélancolique à souhait, le groupe passe à une accélération sans gros effet pyrotechnique mais avec une grande efficacité. Pour prouver aux réfractaires que Dirty Three n'est pas un groupe figé, on trouve l'apport d'une basse ou d'un piano comme sur le paisible et aquatique Long Way To Go With No Punch qui replonge en apnée dans les eaux calmes d'Ocean Songs et où chaque membre s'efforce de jouer le plus calmement possible. Mais la grosse surprise reste le final Rude (And Then Some Slight Return) où Mick Turner pique la vedette à l'exhubérant Warren Ellis en poussant sa guitare vers des distortions soudaines peu habituelles qui rendent d'ailleurs peut-être plus hommage à Howe Gelb qu'à Jimmy Hendrix...

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