DJ Signify

Sleep no more

( Lex Records ) - 2004

» Chronique

le 23.04.2004 à 00:00 · par Antoine D.

Entre deux albums qui mettaient en avant ses talents de turntablist, DJ Signify s’était avant tout fait connaître en 1999 pour sa participation à Music for the advancement of hip hop aux cotés de Buck 65, Sole ou encore Alias, pour ce qui restera comme le véritable album-manifeste du collectif Anticon. C’est sur le label Lex Records que DJ Signify revient avec Sleep no more, un album pour lequel il s’est attaché les services de deux vieilles connaissances : Buck 65 et Sage Francis, ce dernier étant lui aussi passé par Anticon, puis par Lex en 2003 (avec Hope de Non-prophets).

“Why, if God is good, is there evil in the world ? To thicken the plot."

Cette citation attribuée à Ramakrishna fut reprise par John Cage dans son ouvrage “Silence”, où il s’attacha à (re)définir plusieurs concepts musicaux : silence, indétermination, bruit... Sleep no more a beau débuter par cette même citation, il ne faut néanmoins pas s’attendre à une révolution du hip hop avec cet album, mais plutôt y voir l’affirmation d’un style singulier, où DJ Signify concentre ses compositions autour d’une thématique précise (insomnie, troubles, hallucinations, obsessions...) et développe un hip hop particulièrement sombre. Sur une rythmique dépouillée, lente et percutante, il projette des beats se faufilant entre les ombres, dans des couloirs exigus. Les premiers titres traduisent cette atmosphère pesante, d’une part sur des instrumentaux léthargiques (Fly away, la noirceur oppressante de Migraine, derbouka et cuivres sur The nods), et d’autre part à travers des flows acérés (Sage Francis sur Kiddie Litter) ou enfumés (Buck 65 sur Stranded).

La suite de Sleep no more est hantée par les contes, les cauchemars, et réserve quelques titres imparables : Haunted house partySage Francis joue sur le tempo, tandis que Buck 65 se taille la part belle sur l’embrumé Where did she go? et surtout au cours de Winters going sur un minutieux alliage guitare/drum programming/cuivres. Au rang des influences, on remarquera un Shatter and splatter naviguant dans un turnablism façon Kid Koala, puis un Red to Black bien proche du titre Upgrade (A Brymar college course) du Deltron 3030; le duo Buck 65 & DJ Signify s’incrustant ici sur le terrain de Dan The Automator & Del tha Funkee Homosapien. Ces ressemblances demeurent heureusement ponctuelles et la fin de Sleep no more est un retour dans une voie plus personnelle, distillant quelques belles réussites : Five leaves for Lauren dans un premier temps, avant de finir sur un bonus track plein de mélancolie. Au final, DJ Signify livre un bon ensemble dans cet album qui séduit essentiellement par l’ambiance qu’il dégage, entre torpeur et obscurité.

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Sleep no more

» Tracklisting

  1. Fly Away
  2. Kiddie Litter
  3. Migraine
  4. Stranded (f. Buck 65)
  5. The Nods
  6. Haunted House Party (f. Sage Francis)
  7. Winters Going (f. Sage Francis)
  8. Peek'A Boo Part 1
  9. Peek'A Boo Part 2
  10. Peek'A Boo Part 3
  11. Cup of Regret (f. Sage Francis)
  12. Shatter and Splatter
  13. Red to Black (f. Buck 65)
  14. Five Leaves Left (for Lauren)
  15. Dirty
  16. Where Did She Go? (f. Buck 65)
  17. Breath

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