Pumice

Yeahnahvienna

( Soft Abuse ) - 2006

» Chronique

le 24.04.2007 à 00:00 · par Benjamin A.

Stefan Neville, aka Pumice, est un personnage assez singulier au sein de l'expérimentation néo-zélandaise. Combinant, comme la plupart de ses confrères plusieurs formations, dont Sunken avec Antony Milton, il apparaît aussi dans Chris Knox & The Nothing, où il est à la batterie. C'est aussi lui qui est à la tête de Stabbies & the Rockets, label largement dédié à sa propre production sonore mais sur lequel on retrouve aussi quelques noms devenus plus familiers comme Armpit et évidemment le prolifique Campbell Kneale de Birchville Cat Motel.

On pourrait facilement imaginer Stefan Neville, comme un personnage errant et solitaire, bluesman lunaire au chant déraillant, un brin désespéré, looser et mélancolique ayant trouvé dans la chanson ennuyante un remède à l'ennui. Yeahnahvienna prouve que le registre de Stefan Seville est d'une étendue bien plus large et qu'il est capable de glisser de formats chansons, à des improvisations plus longues où le traitement du son a une place de premier rang et ce même avec des instruments qui semblent en trois morceaux. Teas Tasting fair est certainement un des titres les plus denses, où feedbacks en tout genre se mêlent à des accords à l'harmonium, méandres de sons derrière lesquels Stefan Neville soliloque, rappelant le chaotique Pipes, sur Raft. Quatre versions guitare différentes de Worsted jonchent l'album comme les quatre pilliers branlants d'une construction instable. L'album, même s'il est monté en copier-coller est homogène, brouillons délicats de chansons (Abominable, Darkpark) se mêlent à des ritournelles folk (Worsted) et des apprivoisements de larsens et de bruits analogiques de bandes cassettes, notamment.

S'il fallait chercher des équivalents, ce serait certainement du côté de Pete Nolan (avec Spectre Folk, surtout) ou même de Ben Chasny qu'il faudrait se tourner. Stefan Neville pratique une expérimentation aventureuse, au son parfois même aérien, volontairement en prise directe où bruits de montage, répétitions, accordages des instruments ne font plus qu'un. Neville est aussi dessinateur, il produit des comix et réalise des pochettes (dont celle de Yeahnahvienna), affiches de concerts, dans un esprit tout aussi fait-main et sans détours, comme on pouvait s'y attendre.

Yeahnahvienna est certainement avec Raft, un des albums de Pumice les plus accessibles sans du tout se fondre dans un paysage hillbilly, blues rural lo-fi qui comptent déjà de bien nombreux actifs. Les deux titres de Pumice sur la prochaine compilation à venir de chez Table of The Elements sont bien là pour rendre compte de sa place grandement méritée au sein d'une génération d'artistes, bercée par les vagues lancinantes de Chris Knox, d'Alastair Galbraith ou du Dead C.

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Pochette Disque Yeahnahvienna

» Tracklisting

  1. Abominable
  2. King Korny Remains
  3. Worsted
  4. Wild Dogs
  5. Brawl
  6. Worsted
  7. Teas Tasting Fair
  8. Darkpark
  9. Worsted
  10. Worsted

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