le 13.06.2007 à 06:00 · par Emmanuel B.
La fin de la normalité est enfin arrivée : Steve Nuttall, aka The Gideon Leeches, est de retour avec le bien nommé Blessed is the Noise, nouvelle pièce maîtresse à ajouter au catalogue du toujours indispensable label dérangeur de paix, Fflint Central Recordings.
Trois ans après les plages nocturnes et psychiatriques de The Freezing Point of Sound, Steve Nuttall n’a pas perdu un seul iota de sa fantastique et terrifiante capacité à séduire pour mieux effrayer. La voix prédicatrice du premier titre l’annonce aussi solennellement que menaçante : « It’s time again ! ». Alors, allons-y gaiement, avec cette même joie mêlée de frissons à l’idée d’entrer dans un endroit où l’on sait par expérience que la surprise rôde à chaque détour.
Ouvrant l’album, le titre (et nom de l’opus en question) Blessed the Noise est une véritable avalanche de sons surgissant puis replongeant comme un monstre tentaculaire au milieu d’une mer déchaînée. En ce sens, il préfigure ce que nous réserve la suite : des lames de sons inconnus fondant l’une dans l’autre, des textes récités par des orateurs aussi incompréhensibles qu’indescriptibles, des ritournelles psychotropiques et, omniprésente, tant dans l’imagerie, les ambiances sonores que dans le choix des titres : cette sorte de malveillance planante qui donne à l’ensemble sa cohésion et son énergie. Bref, cet univers « Gideoleechiens » unique par lequel il est à nouveau bon de se laisser ensevelir.
De fait, il est difficile d’imaginer que des titres comme Setting the Hare’s Head Against the Goose Giblets, Grow me a Gown with Golden Dawn, Mort O’Mettle ou On the Fidgets soient nés à la lumière d’une émouvante et tendre révélation amoureuse, ou de l’émotion de Steve Nuttall face à un paysage champêtre où une biche et son faon gambadaient insouciamment, mais plutôt en feuilletant le Nécronomicon avant de visionner Titicut Folies.
Aussi séduisant et fatale que le chant des sirènes, Blessed is the Noise est tout aussi indispensable que son prédécesseur. Longue vie au Gideon Leeches !
