The Angels of Light

We are him

( Young God / Midheaven ) - 2007

» Chronique

le 22.08.2007 à 06:00 · par Emmanuel B.

Tous les deux ans, depuis 1999, les Angels of Light viennent se rappeler à notre bon souvenir. Groupe fondé et mené par Michael Gira suite à l’extinction "naturelle" des Swans, après dix-sept ans d’une existence musicalement parfaite, les critiques des différents albums d'Angels of Light ont toujours plus ou moins souffert d’une comparaison avec leur cygnesque prédécesseur. Alors oui, une bonne fois pour toute et pour clore un débat aussi stérile qu'inutile : Angels of Light n'ont jamais sonné et ne sonneront jamais comme les Swans (eux-mêmes ayant par ailleurs sacrément évolué durant leur existence), et il serait d'une rare connerie d’exiger qu'il en soit ainsi. Michael Gira a toujours tracé sa route dans le non-sens qu'il voulait, sans jamais se soucier ni de l’underground, du mainstream, de l’avant-garde ou du classique.

Alors envoyons définitivement se faire foutre ceux qui viennent régulièrement nous briser le moral ou autre chose en vagissant que "c'était mieux/pas pareil avant". Avec We are him, Angels of Light vient de sortir le meilleur album de l’année 2007, rien de moins.

La mouture actuelle d'Angels of Light compte à son bord l'ensemble des musiciens d’Akron/Family, mais un nombre impressionnant d'artistes et amis listés par Michael Gira sur le site de son label, Young God Records, a été convié à venir sublimer la matière première livrée par lui-même et ses barbus acolytes. La curiosité pousse à se demander comment ont bien pu sonner les versions brutes des douze joyaux de We Are Him, mais on imagine bien à leur écoute la minutie et l'amour avec lesquels ceux-ci ont été traités pour en arriver là.

S'ouvrant sur le chavirant et tonitruant Black River Song, l'atmosphère se dégageant de We Are Him se prête aisément au jeu des comparaisons aquatiques. Naviguant sur des mers tantôt calmes (comme sur Promise of Water, Star Chaser, The Man We Left Behind ou le formidable et quasi champêtre Sunflower’s Here to Stay) ou au contraire houleuses, voire déchaînées (Sometimes I Dream I’m Hurting You, où Michael Gira chante comme M. Ali balançait des uppercuts, ou bien le démentiel We are Him et l'implacable My Brother's Man), cet album est autant une nef insubmersible, un refuge au milieu de la tempête qu'une crique secrète avec l'eau la plus bleue et la plus accueillante possible.

A l'écoute de We Are Him, le sentiment qui domine est finalement celui d'être au milieu d'un groupe de vieux amis sur qui on sait pouvoir compter dans les moments durs, avec qui on pourra beugler quand tout ira mal (envoyer paître ses anciennes amours avec un Good Bye Mary Lou sympathiquement vengeur a une sacrée gueule !) mais aussi rire jusqu'à en mourir, se laisser aller en sachant que quelqu'un sera là pour faire tenir debout ou tomber saoul mais ravi dans les bras l'un de l'autre. Jamais les Angels of Light n'auront aussi bien porté leur nom.

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Pochette Disque We are him

» Tracklisting

  1. Black River Song
  2. Promise of Water
  3. The Man We Left Behind
  4. My Brother's Man
  5. This is Not Here / This is Not Now
  6. Joseph's Song
  7. We Are Him
  8. Sometimes I Dream I'm Hurting You
  9. Sunflower's Here to Stay
  10. Good Bye Mary Lou
  11. The Visitor
  12. Star Chaser

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