Sandro Perri

Tiny Mirrors

( Constellation / Southern ) - 2007

» Chronique

le 24.09.2007 à 06:00 · par Janf R.

Il n'est pas toujours raisonnable de laisser les clés de la maison country-folk à des inconnus. Il arrive que cette respectable maison du fond des bois soit occupée par d'indélicats barbus. Par d'horripilantes jeunes filles en fleurs. Manquant parfois de respect, ou même simplement de savoir vivre. Oubliant de vider les cendars. Négligeant de laisser une bouteille de bourbon pleine avant de fermer la maison pour l'hiver.

Mais parfois c'est un David Pajo qui passe par là, en toute simplicité. Un David Pajo débarrassé de son statut de guitar hero post-rock. Et parfois, c'est un Sandro Perri. Un Sandro Perri oubliant un passé instrumental et électronique. Oubliant Polmo Polpo. Oubliant Glissandro 70. Creusant le sillon acoustique ouvert en 2006 par l'EP Plays Polmo Polpo. Un Sandro Perri qui vient poser ses bagages. Sa guitare. Et sa voix. En toute humilité. Pour un Tiny Mirrors à la simplicité, à la chaleur et à la grâce phénoménales. Un premier album qui s'écoute en terrasse. Côté ouest. En ouvrant la bouteille de bourbon. Pour oublier les fatigues du jour et sourire des yeux.

Tiny Mirrors doit beaucoup à la voix de Sandro Perri. Une voix de M. Ward fatigué entr'aperçue dans Plays Polmo Polpo. Mais une voix qui, à présent, module, ondule, envoûte (White Flag Blues). Et vient même fouiller dans les affaires de Neil Young (City Of Museums) et de Jeff Buckley (You're The One).

Tiny Mirrors doit aussi beaucoup à Eric Chenaux, colocataire chez Constellation et alter-ego à guitare électrique. Parfois saturée. Parfois en duos subtils avec la slide de Sandro Perri (White Flag Blues).

Mais que grâce soit aussi rendue au backing band dans son ensemble. A ces pointures discrètes de l'improvisation made in Toronto. A cette flûte (Ryan Driver), à ce violoncelle (Nick Storring), à cette batterie (Nick Fraser), qui donnent à la fois cohérence et diversité à cet album. Cohérence de ton et d'humeur. Diversité de rythmes qui savent se faire bossa (Double Suicide) ou blues (The Drums). En apesanteur.

Il n'est pas toujours raisonnable de laisser les clés de la maison country-folk à des inconnus. Mais il fallait aussi oser les confier aux Canadiens de Constellation.

Le sirop d'érable laissé par Sandro Perri sera délicieux pour l'hiver.

Retour haut de page

Pochette Disque Tiny Mirrors

» Tracklisting

  1. Family Tree
  2. City Of Museums
  3. Double Suicide
  4. The Drums
  5. Everybody's Talkin'
  6. The Mime
  7. You're The One
  8. White Flag Blues
  9. Love Is Real
  10. Mirror Tree

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.