Ehlers - Suchy - Hautzinger

Soundchambers

( Staubgold / Chronowax ) - 2004

» Chronique

le 02.03.2004 à 12:00 · par David P.

Ekkehard Ehlers (laptop), Joseph Suchy (guitare) et Franz Hautzinger (trompette) sont à Porto. Personne ne tombe à l'eau, il n'y en a pas. Ou tout au plus quelques fontaines voir un petit bassin, mais surtout, personne ne pousse personne. A part peut être les quelques privilégiés ayant assisté au concert inaugural de l'installation Soundchambers le 27 septembre 2003.

C'est de ça dont il s'agit, une bande son pour un lieu d'exposition unique en son genre : le musée d'art contemporain Serralves conçu par le célèbre (c'est vrai en plus) architecte Alvaro Siza. Musée qui tient sa particularité en trois points le distinguant radicalement de Beaubourg : On ne pouffe pas en le voyant. On ne pouffe pas une fois à l'intérieur. On n'a pas les poumons détruits par des pots pas très catalytiques comme en sortant de l'autre étouffe crétin parisien. Il est beau, la programmation est d'un autre niveau, et il est implanté dans un somptueux parc avec hôtel particulier et jardins.

On s'en fout interrompt l'impoli amateur de musique qui n'est pas la pour apprendre la hauteur des haies et autres détails jardiniers. Malheureux, là est pourtant tout le concept de l'installation Soundchambers. Le son ne se propage de la même manière en fonction des obstacles qu'il rencontre (comme une haie, ou un mur). Les sources sonores sont variées et le chaland n'entend alors pas la même musique s'il se laisse aller à quelques ardeurs avec une jeune portugaise derrière un buisson, ou s'il vomit les petits fours du vernissage sous le chêne au loin, que la jeune portugaise elle ne peut voir, pas seulement parce qu'elle ferme les yeux lassée des branches qui jouent à l'écureuil avec ses charmants petits yeux noisettes (elle a la tête dans le buisson et ça pique les yeux quoi), mais surtout par la géométrie complexe du parc. Géométrie qui entre en compte dans la méthode de composition. Ce lieu, nos trois compères, ils l'ont découpé en 77 éléments. 77 formes géométriques auxquelles ils ont attribué à chacune un son différent. Puis, ils ont déconstruit ce puzzle musical en changeant la configuration des pièces, et donc créé une nouvelle composition.

Mais parlons de nous plutôt, seuls dans nos chambres, les illusions donnant sur la cour, qui n'avons de petit four que pour se chauffer l'hiver sans portugaise dans les bras et qui ne sommes même pas à Porto. Qu'est ce qu'on fait avec ce CD dans la pauvre chaîne Memorex des années 80 ? Et bien on l'écoute, et avec plaisir. "Supertrio of broken pop ambient" disent les gens spécialisés, et c'est ça. "Pop" parce que plaisant à écouter, "ambient" parce que ça en est, et "broken" parce qu'il ne faut pas exagérer, ça ressemble quand même pas à grand chose. A part peut être à la musique de Brian Eno avec Jon Hassell.

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