le 03.03.2008 à 06:00 · par Eric F.
Shining Violence, ou comment se retrouver propulsé sur la banquise : les cordes d'une guitare belliqueuse servent presque de percussion, tandis que la voix semble vouloir singer les Bee Gees, comme si cela allait nous réchauffer... L'immobilisme est latent... mais loin d'être désagréable, comme si l'on avait un post rock de l'âge de glace, qui aurait congelé, disons, Explosions In The Sky.
Il ne faudra pas beaucoup de temps pour comprendre que cette banquise, aussi brillante que vide, ne nous offrira pas beaucoup de divertissement. Et comme la beauté ne suffit pas toujours, le narrateur de cette histoire nous envoie un cow-boy, un peu sorti de nulle part. Inutile de vous préciser que le sosie vocal des Bee Gees, c'est lui, non ?
Les miracles s'enchaînant, notre nouvel ami sort de sa poche une bonne vieille flasque de whisky. De quoi se réchauffer et retrouver le moral. Evidemment, tout ça se ressent dans la musique où la machine semble se mettre en action (les claviers qui portent Elizabeth Pier, préparant le terrain pour les guitares abrasives). Et comme par miracle (oui je sais, ça commence à faire beaucoup de miracles pour une seule histoire), on sent quelque chose bouger, notre banquise se déplace incontestablement.
Peut-être est-ce le soleil qui a fait son apparition avec les trompettes qui nous donnent ce coup de pouce. Niveau température justement, la grosse reverb' qui enveloppe la plupart des morceaux nous fait chaud au cœur, comme si c'était justement devant nos yeux que ce disque était mis en boite (tout en laissant sous-entendre les qualités du groupe en mode live).
La pedal steel semble mettre notre cow-boy dans tous ses états, il se donne alors à sa guitare avec beaucoup plus de conviction (j'avais oublié de vous dire qu'il a une guitare ce cow-boy, mais est-ce bien surprenant ?), sûrement parce que ça lui rappelle le pays... Les Tigers dépassés, que son agitation s'accroît encore plus. La voix lointaine d'un collègue, qui nous rapproche grandement de Santa Cruz. On se surprend alors à réaliser que ces deux voix communiquent et nous prennent en quelque sorte par la main.
Five Ways I Didn't Die : hé oui, il semblerait que nous ayons survécu à cette excursion dans le Cercle Polaire : nous nous retrouvons propulsés directement dans un saloon. Le cow-boy nous lance un clin d'œil et part rejoindre son acolyte sur scène.
Contrairement aux scènes-clichés des films (même dans Star Wars bon sang !), on ne risque pas de vivre une bataille dantesque tant tout un chacun sera trop occupé à verser des larmes dans sa bière. Sur scène, c'est bel et bien l'harmonica, gorgé d'une distorsion plus mélancolique qu'agressive (sur le très classe It May Be Low), qui semble devoir remplir ce rôle, laissant sortir tout ce qui avait été refoulé depuis tant de jours, voire de mois ou même d'années...
Il faudra donc quitter cette histoire tout aussi invraisemblable que bouleversante sur la pointe des pieds, pour atténuer le choc. Ne vous inquiétez pas, The Low Lows a tout prévu avec un Honey qui nous réveillera de ces douces rêveries voyageuses...
