H-Burns

How Strange It Is To Be Anything At All

( Boxson / Anticraft ) - 2008

» Chronique

le 24.03.2008 à 06:00 · par Eric F.

Les lecteurs assidus de Millefeuille savent à quel point la quasi-totalité de la rédaction apprécie grandement H-Burns. C'est donc peu dire que nous attendions son second album de pied ferme. Et si le casting annoncé avait de quoi mettre l'eau à la bouche (Thousand & Bramier ainsi que Syd Matters en guests), ce How Strange It Is To Be Anything At All aura largement dépassé toutes nos attentes. Si le clin d'oeil du titre renvoie à Neutral Milk Hotel, on prendra même le risque de tracer un parallèle avec le monumental In The Aeroplane Over The Sea, non pas musicalement, mais bel et bien parce que ce disque possède une identité propre et cohérente de bout en bout. A vrai dire, on n'avait pas entendu un disque produit en France aussi accrocheur depuis les albums de Thousand & Bramier, au rayon musique du terroir.

S'éloigner de compositions purement dans la tradition folk de Songs From The Electric Sky semblait aussi bien être une nécessité qu'un besoin pour H-Burns. Et comme on n'est jamais aussi bien servi que par les autres, on peut affirmer sans faire insulte au songwriting du jeune drômois que ses invités sont pour beaucoup dans la réussite incontestable de ce disque. Le pari de faire coïncider des univers aussi différents que ceux de Thousand & Bramier et de Syd Matters était pourtant loin d'être gagné d'avance. Big City Blues a beau reprendre quelques arpèges de Hear The Bells, le morceau d'ouverture de l'album précédent, on comprend bien vite par son banjo et ses arrangements léchés que nos a priori ont d'ores et déjà volés en éclats. La voix est toujours aussi évocatrice et les textes qui l'accompagnent, dignes des plus grands. La diversité de l'instrumentation (guitare, basse, batterie, mandoline, lapsteel, scie musicale menée de main de maître par Syd Matters) permet des incursions dans de nouveaux territoires, conquis vite fait bien fait. Ce sera le cas de la pop avec un Blame It On The Distance irrésistible, dont les discrets arpèges de guitare électrique mènent vers un refrain imparable orné d'un subtil jeu sur les mots ("Blame it on the distant seas between us".)

Après un Contrary Winds en version guitare-voix-batterie, où l'on jurerait entendre une basse en plus (la formidable guitare demi-caisse d'H-Burns n'y est bien sûr pas étrangère), on sait d'ores et déjà que ce How Strange It Is To Be Anything At All sera marqué du sceau de l'excellence. Impression d'ailleurs confirmée avec un Hogtown où la distorsion fait une apparition remarquée, tout en douceur, tandis que le piano emprunté au Hurt de Johnny Cash achève de nous convaincre. Mais n'allez pas croire que les vieux réflexes folk ont été éradiqués. Un morceau comme Thoughts Of Morella, qui nous avait déjà largement convaincu en version live, reçoit une nouvelle lumière avec un ralentissement qui s'impose après quelques écoutes. Les fameux arpèges acoustiques ne sont pas en reste, comme le prouve Chasing Lights That Can't Be Tamed, même si l'instrumental qui donne son nom au disque (enregistré en plein air) aurait peut-être fait office de meilleure conclusion.

Si l'on ne doutait absolument pas de la qualité de ce disque, How Stange It Is To Be Anything At All ne perd rien de ses bluffantes qualités écoute après écoute, et confirme l'éclosion d'un talent aux potentiels hors normes dans le paysage français.

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Pochette Disque How Strange It Is To Be Anything At All

» Tracklisting

  1. Big City Blues
  2. Blame It On The Distance
  3. Horses With No Medals
  4. Contrary Winds
  5. Daylight Vs You
  6. Hogtown
  7. Thoughts Of Morella
  8. How Strange It Is To Be Anything At All
  9. On The Boulevards
  10. Chasing Lights That Can't Be Tamed

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