The Black Keys

Attack & Release

( Nonesuch ) - 2008

» Chronique

le 31.03.2008 à 06:00 · par Eric F.

S'il y en a bien deux que l'on imaginait finir leur carrière en véritables ermites, c'était Dan Auerbach et Patrick Carney. On aura longtemps pensé que ces deux-là enregistreraient disque après disque dans le garage de Patrick Carney, le batteur, qui a "patenté", rappelons-le, le concept de "mi-fi" (vous pouvez en apprendre plus dans l'entretien venu de l'espace que le groupe nous avait accordé à la sortie de Rubber Factory). La surprise aura donc été grande, quand on a appris que le duo d'Akron allait laisser la place de producteur à un certain... Danger Mouse pour cet Attack & Release. L'inquiétude se mêla bien vite à la surprise, ne serait-ce qu'en pensant au ratage complet du Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain de Sparklehorse, auquel Danger Mouse participa. Mais si Attack & Release confirme bien une chose, c'est que le flop de Mark Linkous n'est pas imputable au producteur. Celui-ci a cette fois eu de véritables chansons à se mettre sous la dent avant qu'il ne rende une copie à des années-lumières de son célèbre Grey Album, où il mélangeait Beatles et Jay-Z. Exit l'inquiétude, donc.

Et la surprise ? Elle est toujours présente, tant les Black Keys s'imposent désormais comme un impressionnant groupe de classic rock, bien loin des débuts où dynamiter le blues semblait être la seule option viable, confirmant ainsi la progression Rubber Factory - Magic Potion. Alors oui, ce disque ne ravira sûrement pas tous les fans, mais même les plus déçus ne pourront nier l'évidence de certaines chansons, tout simplement énormes. Fidèle aux titres du disque, notre duo attaque mais prend également le soin de calmer le jeu le temps de quelques titres plus que convaincants (l'acoustique All You Ever Wanted en ouverture, ou Remember When (Side A)). Les fameux titres incendiaires ne sont pas en reste, portés par l'accrocheur single Strange Times, auquel on pourra pourtant préférer I Got Mine, qui n'aurait pas dépareillé sur Magic Potion. Le côté profondément campagnard du groupe disparaît même entièrement sur un Psychotic Girl, comme Beck ne sait plus en faire depuis déjà bien longtemps. Mieux, Dan Aeurbach se révèle ici comme un redoutable piège à filles sur le moite Lies et l'incroyable Things Ain't Like They Used To Be, véritable symbole de ce passage vers une musique plus réfléchie et plus adulte, et non moins passionnante. A tel point que l'on finira presque par pardonner la flûte ridiculissime de Same Old Thing, seule faute de goût du disque, qui salope affreusement le morceau.

Les Black Keys poursuivent donc leur fascinante mutation, en élargissant des horizons que l'on pensait encore cloisonnés. C'est avec impatience que l'on attend de voir comment tout cela pourra se traduire sur scène, terrain de prédilection du groupe.

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Pochette Disque Attack & Release

» Tracklisting

  1. All You Ever Wanted
  2. I Got Mine
  3. Strange Times
  4. Psychotic Girl
  5. Lies
  6. Remember When (Side A)
  7. Remember When (Side B)
  8. Same Old Thing
  9. So He Won't Break
  10. Oceans & Streams
  11. Things Ain't Like They Used To Be

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