Fennesz

Venice

( Touch ) - 2004

» Chronique

le 29.03.2004 à 18:00 · par Antoine D.

Album après album, Christian Fennesz poursuit son évolution : aux textures organiques entrevues sur Hotel Paral.lel (1997) ou encore sur Endless summer (2001), il adjoint de plus en plus d’éléments mélodiques au fil de sa discographie. Alors qu’il enchaînait les collaborations durant ces dernières années (avec Jim O’Rourke, Peter Rehberg aka Pita, David Sylvian, Polwechsel...), le voici de retour en 2004 sur le label Touch, avec Venice.

La construction de l’album se révèle particulièrement intéressante par son caractère progressif : Fennesz place des intermèdes pour mettre en relief les passages plus denses, amenant ainsi de manière adéquate les phases les plus brillantes de Venice. Organiques ou atmosphériques, les strates se superposent pour créer un ensemble très malléable, dans un son puissant et profond. Le guitariste autrichien Burkhard Stangl (membre de Polwechsel, avec qui Fennesz a collaboré sur Wrapping Hands chez Erstwhile Records) est invité sur Venice pour des interventions diversifiées : dans une ambiance proche des premiers albums de Bowery Electric sur le titre Circassian, puis avec des mélodies aérées sur Laguna dans un esprit assez similaire au Be mine tonight de Dean Roberts (Kranky, 2003). Venice compte d’ailleurs un autre invité de marque en la personne de David Sylvian qui vient poser sa voix sur Transit pour un mariage réussi, fort d’un contraste pertinent. On notera au passage que là aussi, Fennesz avait collaboré au dernier album de Sylvian (Blemish, 2003). Moins abstraites que par le passé, les compositions gagnent un grand pouvoir évocateur, et parallèlement, c’est en imprégnant des ambiances versatiles tout en maintenant une cohérence forte, que Fennesz signe avec Venice un opus très convaincant.

Parce qu’il fait apparaître une beauté plus immédiate et qu’il met encore plus l’accent sur les aspects mélodiques que ses prédécesseurs, Venice est certainement l’album le plus accessible de Fennesz. Son approche demeure néanmoins sans concessions puisqu’il conserve les bases organiques de sa musique, mais il parvient désormais à les faire cohabiter avec ses autres facettes de façon plus aboutie, inscrivant Venice dans un cadre plus chaleureux.

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Venice (photo Jon Wozencroft)

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