David Grubbs

An Optimist Notes The dusk

( Drag City ) - 2008

» Chronique

le 12.01.2009 à 06:00 · par Gaël P.

Quatre ans après son dernier effort en solitaire, David Grubbs nous revient avec un album d'une écriture beaucoup plus introvertie qu'à l'accoutumée car, hormis sur Holy Fool Music, l'énergie communicative des albums précédents n'est plus présente. Ces nouvelles compositions semblent être prises du vertige d'un temps de recueillement, d'un retour vers soi. Autant le dire tout de suite, si le musicien semble avoir quelques idées noires, il nous offre en tout cas un album d'une maîtrise impeccable et d'un incroyable sens de la composition.

Lorsque l'on repense à la période de Rickets & Scurvy, on se dit que beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, que Grubbs a acquis une pleine maîtrise de son art en vraiment peu de temps. Ce nouvel album nous prouve clairement l'affirmation d'une maturité musicale qui repose à la fois sur une plus grande attention aux détails et également sur une gestion du rythme nettement plus sereine. Si sa musique n'a jamais manqué d'attirants motifs auparavant, on trouve ici une judicieuse précision dans les finitions, dans des détails souvent sans grande envergure. Sur Storm Sequence, le travail effectué au niveau de la rondeur du synthétiseur est suffisamment parlant.

Soin également au niveau rythmique dû au fait que David Grubbs met un point d'honneur à ne pas se presser et, au contraire, à mettre en avant des silences ou des temps figés. Un titre comme Gethsemani Night (qui gagne au passage la palme du morceau le plus touchant, à ce jour, du musicien) témoigne agréablement de la qualité des silences dans les cassures. Ils servent véritablement une écriture musicale en proie au retirement, en créant des moments creux qui ré-oxygènent l'ensemble. Dans la même lignée, An Optimist Declines et Eyeglasses of Kentucky impressionnent par cette apparente facilité dans la concomitance des différents instruments comme des différents changements de cap. David Grubbs a le souci de prendre son temps, de laisser s'étaler les morceaux, ce qui lui permet de créer des structures plus malléables, plus souples et donc propice à des possibilités diverses. Les onze minutes de The Not-So-Distant en sont en quelque sorte la concrétisation.

Nous gratifiant d'une des plus belles réussites de l'année, on peut d'ores et déjà s'impatienter sur la suite des aventures de l'Américain car, au vu du palier franchi, il serait impensable de rater la prochaine merveille.

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Pochette Disque An Optimist Notes The dusk

» Tracklisting

  1. Gethsemani Night
  2. An Optimist Declines
  3. Holy Fool Music
  4. Storm Sequence
  5. Eyeglasses of Kentucky
  6. The Not-So-Distant

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