LSD March

Under Milk Wood

( Important ) - 2009

» Chronique

le 30.12.2009 à 06:00 · par Gaël P.

Figés dans leurs structurations, incapables de faire germer quoi que ce soit, les morceaux de LSD March sont emprunts d'une morosité inapte à tout changement, à toute volonté de se développer. La prostration l'emporte pleinement sur toute potentialité de conquête de nouveaux territoires. On vise lentement et sûrement à s'assurer que chaque note, chaque sonorité soit répétée inlassablement dans l'optique de proposer une géographie de l'immobilité. Arrivent donc les conséquences. A travers une telle résignation et un refus de fécondité, on en vient rapidement à l'ennui (incontestablement sur Sekai No Shizukeza), comme au malaise (le désincarné Taiyo No Uta).

Même lorsqu'une certaine vitalité est dégagée, avec le psychédélique Dare Ga, elle n'est que pose et non posture, ni véritable engagement, puisqu'on en revient toujours à un même système clos dû à l'usage de la répétition. C'est, a contrario, dans les utilisations de la guitare aux sonorités noisy que LSD March s'offre de véritables lignes de fuite. Ces écorchements de la matière donnent un caractère immédiatement moins maîtrisé, beaucoup plus incertain aux morceaux dans lesquels ils sont utilisés. Enfin la musique sort de ses gonds, s'octroie une poussée de fièvre, dégage une atmosphère électrique qui ébranle l'ensemble. C'est sur Ai No Shakebi, sans appel le titre le plus convaincant de l'album, que la bénéfique fonction de ces irruptions noisy est la plus convaincante. Structuré dans une forme industrielle mécanique - un son en entraîne un autre comme par poussée - le morceau demeure dans un premier temps dans un système froid et rigide, puis une première percée noisy incorpore à cet ensemble une dynamique vivifiante. Elle n'est pourtant pas la seule accommodation au système puisque ce sera la seconde percée, nettement plus fulgurante, qui va transcender et agiter cette matière sonore auparavant transie et crispée. Dans la même formulation, Kimi No Uta Wo Kiite Boku Wa Akum, morceau de loin le plus mélodique de l'album, est également pris dans cette interaction entre stagnation et libération, où la retenue l'emportera à chaque fois, repoussant cette foudre passagère. Le plus intéressant de Under Milk Blood - car pour le coup le reste est quelque peu morne - se situe bien dans ces face-à-face.

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Pochette Disque Under Milk Wood

» Tracklisting

  1. Bisyonure No Kimi
  2. Shiroi Sekai De
  3. Ai No Sakebi
  4. Sekai No Shizukeza
  5. Dare Ga Hoera
  6. Taiyo No Uta
  7. Kimi No Uta Wo Kiite Boku Wa Akum

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