Firekites

The Bowery

( Own records / Differ-Ant ) - 2009

» Chronique

le 07.10.2009 à 06:00 · par Rémi Q.

Alors que les jours raccourcissent, que les premières brises automnales s'engouffrent dans le cou, certains disques arrivent à point nommé pour accompagner calmement la chute des marrons et des premières feuilles.

The Bowery est une disque humble et court qui magnifie les moments où le temps ralentit et semble s'enrouler sur lui-même, un petit recueil de simples pop-songs où la guitare électrique est proscrite, au profit de lignes acoustiques élégantes et d'une grande fluidité. Ces lignes, hypnotiques, sont subtilement accompagnées par un violon timide, ou par des arrangements électroniques feutrés. Une voix féminine veloutée et légèrement lascive, une voix masculine douce, s'entrecroisent ou se répondent d'une chanson à l'autre. Difficile de croire que les Firekites nous viennent d'Australie, tant leur paisible mélancolie rappelle une intimité musicale toute nordique, celle des norvégiens Kings of Convenience en tête, ou, en beaucoup moins hétéroclite, celle des anglais Tunng.

Chaque morceau brille par sa production soyeuse et naturelle, chose en grande partie due au principal lieu d'enregistrement de l'album, plutôt hors du commun : une salle de danse abandonnée, qui semble devenir un personnage, un nouveau musicien. C'est ce qui rend par exemple les premiers accords d'Autumn Story, simplistes au départ, finalement si poignants. Quelques instants plus tard, dans la réverbération naturelle des guitares et de ces battements de mains et de pieds lointains, c'est toute la conscience de l'espace qui entre, et ainsi celle du grand vide à combler par nos propres impressions. De cet espace pourrait jaillir de l'impalpable velours vert-sombre, de l'eau claire, tant tout est doux et coule de source. Lors de l'instrumental Paris, cette fluidité est accentuée par un jeu de batterie très fin, tout en cymbales montant pour finir par miroiter comme un ruisseau.

Rien de vraiment original, d'immédiatement emballant au premier abord. C'est que le groupe n'est pas très démonstratif. The Bowery est un disque de pop de chambre, au classicisme un peu hors du temps, qui, par sa grande simplicité dévoile ses charmes petit à petit. Même dans ses passages où l'électronique se taille une bonne place (Worn Weary), ces petites chansons parviennent à conserver quelque chose de simple, naïf dans le bon sens du terme, car très sincère.

Bien sûr, il n'y a pas vraiment de prise de risque ici, pas de grandes ambitions. Juste un grand souci de faire les choses bien. Et tant mieux, car pour leur premier album, les Firekites ont composé un petit trésor de pop en minuscule.

Et c'est souvent le plus difficile, de faire simple...

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Pochette Disque The Bowery

» Tracklisting

  1. Last Ships
  2. Autumn Story
  3. Paris
  4. Same Suburb Different Park
  5. By Night
  6. Skimming Rooftops
  7. Another State
  8. Mirror Miracle
  9. Worn Weary
  10. New Year Has Spoken

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