H-Burns

We Go Way Back

( P-Box ) - 2009

» Chronique

le 17.02.2010 à 06:00 · par Eric F.

On ne remerciera jamais assez tous les plumitifs qui ne peuvent s'empêcher d'évoquer un "Bob Dylan ardechois" à chaque fois qu'il s'agit d'H-Burns. Pourquoi ? Tout simplement parce que cela a du donner des envies à Renaud Brustlein de s'échapper d'un carcan folk forcément trop étriqué pour son talent. Ce qui avait été commencé sur How Strange It Is To Be Anything At All est ici poussé un cran plus loin.

Son auteur ne s'en cache pas vraiment, ce We Go Way Back est un concept-album dont l'esprit se rapproche du très classieux You & Me de The Walkmen. Jouant à fond la carte relations humaines, H-Burns dissèque une relation amoureuse aussi tumultueuse que marquée par le sceau de l'impossible. Si le thème n'a rien de nouveau, il n'en brille pas moins par la pertinence de son propos à travers des textes d'un niveau particulièrement impressionnant (on pense surtout à Fires In Empty Buildings).

Et comme pour marquer son profond agacement devant la redondance de l'épithète folk apposé à sa musique, H-Burns a choisi de nous rappeler que son identité musicale s'est également construite avec le meilleur du rock indé américain des années quatre-vingt dix. Les guitares électriques sont donc de sortie... et font des dégâts sur l'imparable Half A Man / Half A Freak, comme si Swell avait un certain J Mascis pour leader, ou encore sur un Melting Point tout simplement tubesque. Et si le disque brille par sa brillante production, So Long Dying Cities (parfait en ouverture de face b) rend un brillant et inventif hommage au lo-fi, à base de voix traffiquée et de guitare acoustique totalement cabossée.

Si il jouit d'une cohérence impeccable, We Go Way Back se fait également remarquer par son étendue musicale entre la pop remuante de Fires In Empty Buildings, la country arrivée à maturité du duo Are You Scared Of The Dawn - I Can Haunt You et le minimalisme d'Images Are Getting Hard To See et I Can't Kill The World. Et que dire de ce Lonely Nights On Queen Street où la présence de Tony Dekker des Great Lake Swimmers souligne surtout à quel point H-Burns arrive à tenir la comparaison ? Magnifique carte postale douce-amère de Toronto, ce morceau à fleur de peau n'aurait pas dépareillé sur le Moon Pix de Cat Power tant on pense aux guitares toutes en retenue de Mick Turner. L'enregistrement dans les conditions du live a incontestablement dû aider à dégager la puissance émotionnelle inouïe de ce morceau...

A vrai dire, on avait bien compris dès le solide coup de caisse claire qui ouvre We Go Way Back que ce disque n'allait compter aucune sortie de route. Car bien que son thème et sa pochette ramènent à l'adolescence, cet album souligne surtout la capacité d'un artiste passionnant à se redéfinir à chaque disque et donc grandir. En ayant profité de conditions optimales en studio, le jeune groupe (il serait totalement injuste d'occulter Stéphane "Thousand" Milochevich, Antoine Pinet et Jonathan "Syd Matters" Morali de cette indéniable réussite) laisse à penser qu'il faudra attendre bien longtemps avant qu'il ne rencontre ses limites.

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Pochette Disque We Go Way Back

» Tracklisting

  1. We Go Way Back
  2. Fires In Empty Buildings
  3. A Part Of The Film
  4. Half A Man / Half A Freak
  5. Are You Scared Of The Dawn ?
  6. So Long Dying Cities
  7. I Can Haunt You
  8. Lonely Nights On Queen Street
  9. Images Are Getting Hard To See
  10. Melting Point
  11. I Can't Kill The World

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