Titus Andronicus

The Monitor

( XL Recordings ) - 2010

» Chronique

le 08.03.2010 à 06:00 · par Eric F.

La soirée a été (beaucoup trop) longue. Les batteries sont presque à plat. A tel point qu'un verre de plus serait sûrement le verre de trop. Pas de panique, Titus Andronicus a la solution : The Monitor suinte le génie éthylique à des kilomètres à la ronde. Donnant la fausse impression de ne pas être en place, le groupe préfère vomir sur le corps un peu endormi du punk-rock plutôt que de le tarter allègrement. Ce n'est certes pas très classe, mais ça a son petit effet.

On oubliera bien vite le sample introductif, avec sa voix trafiquée, quand le groupe se lance sur les traces d'Arcade Fire avant de nous bombarder de guitares tout simplement imparables. Il n'y aura pas de temps mort pendant une heure. Les leads de guitare ambitieux laissant la place à des sorties de route qui feront facilement penser aux Pogues. La voix a ici en commun avec celle de Shane McGowan de posséder un caractère aussi fragile que volontaire.

Alors qu'on les imagine comme branleurs impénitents, les membres du groupe nous lancent quand même un hymne, Titus Andronicus Forever en moins de deux minutes montre en main, la tête baissée et le pied au plancher. Décidément bien facétieux, le groupe se laissera aller à une reprise assez amusante en fin de disque sur ...And Ever, avec piano et saxophones fous en prime. Ceci dit, les règles du punk sont aussi faites pour être brisées (No Future Part Three : Escape From No Future), comme le prouvent les huit minutes trente impériales de Four Score And Seven, véritable répertoire de chansons réunies en une seule entité. Entrée sans trop y croire, prise de conscience vocale, apparition de cuivres, redirection vers un rock débridé... On pourrait dire que Titus Andronicus est salement inconsistant, mais on préfèrera largement saluer ce côté presque inconscient qui démarque finalement le groupe de tout sorte d'étiquetage.

Titus Andronicus a donc largement dépassé ce que l'on pouvait attendre d'eux, sur la foi d'un album précédent, assez réussi, mais largement moins marquant (A More Perfect Union, donc). A tel point que le passage batterie-piano de To Old Friends And New nous ferait presque souhaiter que le groupe arrive à jouer sans s'emballer au moins une fois. Il faut dire que la présence de Jenn Wasner (Wye Oak) va largement dans ce sens... Si le rock psychédélique rime plus souvent qu'à son tour avec Black Sabbath ces derniers temps, Titus Andronicus offre une alternative rafraîchissante en faisant souffler cet improbable vent de folie musical. Alors oui, ça rote, ça pète et ça éructe, mais ça reste plus que très fréquentable. On n'arrive d'ailleurs même pas à se moquer du passage cornemuse sur The Battle Of Hampton Roads, conclusion symptomatique d'un disque vraiment pas comme les autres.

Retour haut de page

Pochette Disque The Monitor

» Tracklisting

  1. A More Perfect Union
  2. Titus Andronicus Forever
  3. No Future Part Three: Escape From No Future
  4. Richard II
  5. A Pot In Which To Piss
  6. Four Score And Seven
  7. Theme From "Cheers"
  8. The Old Friends And New
  9. ... And Ever
  10. The Battle Of Hampton Roads

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.