Sun Kil Moon

Admiral Fell Promises

( Caldo Verde ) - 2010

» Chronique

le 23.07.2010 à 06:00 · par Gaël P.

Grand oublié de l'année 2008, April, l'album précédent de Mark Kozelek sous Sun Kil Moon était un formidable album, peut-être l'un des plus bel album de l'américain (le duo avec Will Oldham sur Like The River constituant l'un des sommets de l'album avec les beaux Tonight In Bilbao et Moorestown). Des compositions longues, sereines et apaisées qui mûrissaient agréablement sur le long terme, à force d'écoutes prolongées. Ce nouvel album, Admiral Fell Promises, reprend la même lignée musicale. Les belles pochettes en noir et blanc des deux albums assurant en quelque sorte une parenté plastique entre l'un et l'autre.

Une grande unité ressort de ce nouvel album. Quasiment seul avec sa guitare, Kozelek donne l'impression que les morceaux s'enchaînent les uns après les autres naturellement, comme par inspiration. C'est que les enchainements sont bien ficelés, ne créent aucune cassure, aucun temps mort. C'est par une belle partie instrumentale d'une guitare à consonance hispanique que l'album s'ouvre délicatement. On apprécie la manière dont Kozelek laisse l'instrumentation s'égarer, faire quelques détours avant que la voix vienne structurer l'ensemble. Une voix qui nous fait étrangement penser, surtout dans les départs, à celle de Pal Agelskar de Minor Majority période If I Told You, You Were Beautiful (de manière flagrante sur Third And Seneca).

Avec une durée moyenne de cinq minutes, les morceaux s'épuisent tranquillement, sans réels soubresauts, avec de discrets arrangements qui changent progressivement la structure initiale sans toutefois rompre avec elle. L'un des plus beaux morceaux de l'album, Third And Seneca en est un bon exemple. Débutant sur un motif mélancolique associé à la voix de Kozelek, le morceau prend de la consistance avec l'ajout d'une autre voix redoublant la première et la rythmique d'une maracas en fond sonore. En milieu de morceau, un égarement instrumental prend la place de toute l'installation précédente, non pas pour créer une rupture avec elle, mais pour l'amener de manière encore plus saisissante par la suite. Au rayon des belles réussites, on trouve également You Are My Sun et ses légers chœurs en guise de refrain qui, en n'arrivant seulement qu'à la moitié de la composition, créent une étonnante surprise. De subtils éclats comme cela, l'album en regorge et ce n'est qu'à la longue qu'on les décèle, au fur et à mesure des écoutes.

Sur le morceau homonyme de l'album comme sur Sam Wong Hotel, du fait du jeu de guitare caractéristique du british folk, on s'attendrait même à entendre Bert Jansch ou Jackson C. Frank se mettre à chanter tant Kozelek est parvenu à engranger savamment les méthodes de ses aînés. Même si pour certains les parties de guitare charbonneuse manqueront - celles qui avaient fait de beaux éclats sur le Salvador Sanchez de Ghosts Of The Great Highway ou dans la discographie de Red House Painters - les derniers albums de Mark Kozelek n'en sont pas moins de véritables perles folk qui assurent la notoriété et la maturité d'un musicien sûr de son sillon.

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Pochette Disque Admiral Fell Promises

» Tracklisting

  1. Aselund
  2. Half Moon Bay
  3. Sam Wong Hotel
  4. Third And Seneca
  5. You Are My Sun
  6. Admiral Fell Promises
  7. The Leaning Tree
  8. Australian Winter
  9. Church Of The Pines
  10. Bay Of Skulls

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