Isaac Delusion

Midnight Sun

( Cracki Records ) - 2012

» Chronique

le 05.09.2012 à 06:00 · par Mathieu M.

Les coups de foudre tombent souvent en plein été, c'est bien connu. A moins que ce ne soit la foudre tout simplement. L'un et l'autre font l'affaire pour parler de cette nouvelle découverte française, parisienne. Profitant d'une nuit sans nuage et comme venue du ciel, cette révélation s'est imposée le temps d'une seule écoute. Du premier coup, Isaac Delusion, mini groupe de deux, vient de se tailler la part du lion dans la bande originale de l'été, de l'automne à venir et du futur hiver. Rien que ça.

Planète Terre, 2012. Le programming et les sonorités synthétiques règnent en maîtres sur les continents musicaux. Au milieu d'une avalanche de synth-pop et d'electro-disco de plus ou moins bonne facture, il devient difficile de discerner le vrai du faux, le réchauffé de l'alambiqué, le bon goût du faux-semblant. Alors quand surgit d'une galaxie inconnue un groupe qui fait autant l'unanimité entre les saisons, une page de l'histoire se tourne.

Lunaire, solaire, stellaire, on ne sait à quel astre se vouer pour évoquer les douces ambiances élaborées avec finesse et haute sensibilité par ce duo d'autodidactes créé il y a deux ans à peine : Loïc Fleury (déjà aperçu au sein du groupe Lucky Lindy) envoûte avec une voix sensuelle haut-perchée qui semble raconter tous les secrets du monde. Elle vient se poser comme en apesanteur sur les nappes, bidouilles et arrangements de Jules, vraisemblablement doté d'une imagination infinie en matière d'orchestration au service de morceaux auxquels il ne manque rien. Tout semble si travaillé, si parfait. Quand on naît naturellement élégant, inutile ensuite de forcer.

Au cours de ce Midnight Sun EP, le charme agit donc dès les premières secondes grâce à ce morceau d'ouverture au même titre, si entraînant, taillé à la fois pour le dance-floor et pour regarder les étoiles au coin du feu. Cette base rythmique imparable pourrait tourner à l'infini tandis qu'une voix de beautiful loser emporte vers les strates vaporeuses de l'atmosphère. Mais la créativité d'Isaac Delusion éclate grâce à tous ces petits apports électroniques savamment et parcimonieusement disposés qui réconcilient avec le genre. Puis vient Iron Man avec un retour à un format pop délicate où les guitares reprennent leur place initiale et leur rôle lacrymogène. On revient en territoire terrestre, on se rapproche de Sebastien Schuller, de Grandaddy...

Mais quatre titres c'est bien peu au vu de la soif de musique que Isaac Delusion provoque. Au gré de recherches sur la toile, on finit par mettre l'oreille sur d'autres pépites disséminées ici et là. On réalise alors l'ampleur de la météorite : si ce n'est cette voix envoûtante toujours posée avec justesse, pas un titre ne ressemble vraiment à un autre, Isaac Delusion touche à tout et passe en revue tout le spectre d'un style musical en perpétuelle révolution. Mélanger pop douce et électro fine avec autant de facilité et d'élégance reste la marque de fabrique de ce groupe attachant qui sait se créer son propre univers intemporel. On y voyage avec délectation.

Midnight Sun est sorti en début d'année chez le classieux label émergent Cracki Records et déjà un nouvel EP est à paraître, Early Morning. Merci à la concordance des astres qui a réuni tout ce petit monde.

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Pochette Disque Midnight Sun

» Tracklisting

  1. Midnight Sun
  2. Waiting
  3. Iron Man
  4. Waiting (acoustique)

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