Tue-Loup

9

( Dessous de scène ) - 2012

» Chronique

le 21.11.2012 à 06:00 · par Sébastien D.

C'est une histoire vieille d'une dizaine d'années maintenant. Les premiers ébats de la fin du siècle dernier, je les avais bel et bien ratés, mais depuis, je me suis bien rattrapé et suis resté fidèle en amant modèle.

Cette histoire n'a pas toujours été facile, marquée par des absences parfois longues et douloureuses, des moments où l'on n'était plus très nombreux à y croire, mais jamais de déception, jamais le goût de déjà vu, jamais le sentiment d'avoir à affronter la moindre des concessions. Et les collaborations, les avancées en solitaire n'ont fait que renforcer la cohésion de la meute.

Et pour ces retrouvailles. Toujours des mots. Pas de bavardage, des mots. Une langue, cette écriture directe et nourrie. Et la voix qui la porte, celle de Xavier Plumas, ses cris étranglés sur Margot, son souffle vespéral sur Le couchant. Sa voix familière !

Les racines toujours bien solidement en terre. La Sarthe d'abord, que viennent rappeler la reprise de Malicorne (nom de groupe qu'ont choisi Gabriel et Marie Yacoub en référence à la commune de Malicorne-sur-Sarthe traversée par le groupe en tournée) et la citation d'Alain Bouvier, pompiste de profession à Vilaines-la-Gonais, dans la Sarthe donc, et auteur de recueils de poèmes (dont Portrait du pompiste en vieux chien errant aux éditions d'ores et déjà) sur la pochette arrière du disque. La nature ensuite, avec ces innombrables mentions aux Éléments (pêle-mêle les oiseaux, la sève, les marées, les divinités, les pies, les saisons, le printemps, les poissons, la roche, le charbon...) dans la grande tradition folk, la flute et les percussions renforçant la teinte argile et marine de certaines chansons.

Ces retrouvailles sont pourtant électriques. Elles commencent par évoquer les incontournables Swell (Le couchant). Puis le son devient vite rêche, distordu, offrant encore malgré tout quelques respirations apaisées (comme sur Mark-Mark). Mais les ascensions sonores au piolet achèvent de tendre l'atmosphère, de la rendre étouffante, laissant même se répandre l'odeur virile de Sebadoh sur le corps de Marinette.

Au moment de la séparation, que j'imagine toujours brève, subsiste la savoureuse impression de revenir au foyer désiré, d'y ôter sa veste et de s'y sentir chez soi... comme au plus profond des abysses.

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Pochette Disque 9

» Tracklisting

  1. Le couchant
  2. Les grandes marées
  3. Jouvence
  4. Margot
  5. Mark-Mark
  6. Marinette
  7. Les abysses
  8. En partance
  9. Les chevauchées

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