Kemialliset Ystävät

Alkuhärkä

( Fonal ) - 2004

» Chronique

le 24.10.2004 à 06:00 · par Antoine D.

L’Islande, la Norvège, la Nouvelle-Zélande... c’est parfois dans ces endroits aux allures de bout du monde que l’on découvre les musiques les plus atypiques, et ces dernières années, la Finlande a réservé quelques belles surprises dans ce domaine. Kemialliset Ystävät (KY pour les intimes) en est une belle représentation puisque depuis ses débuts en 1995, cette formation emmenée par Jan Anderzén cultive une approche surprenante que l’on pourra apparenter ça et là au No-Neck Blues Band ou au Vibracathedral Orchestra.

Comme c’est souvent le cas avec ce type de groupes, la description exacte du style musical est une course perdue d’avance, même si dans le cas présent on pourra cependant retenir le folk psychédélique ainsi que les séquences répétitives et primitives comme deux éléments récurrents des courts morceaux de l’album (18 pistes emballées et pesées dans un paquet de 43 minutes). A l’image de ces bons vieux disques d’exotica des années 60-70 qui convoquaient une armée farfelue de cuivres, de sitars et autres tanpuras, la bande de Tampere en appelle à une instrumentation excessivement large, KY alignant une impressionnante armada de cordes, de vents, de claviers et de percussions en cascade, qui contribue largement à l’originalité globale de l’album. Les variations de vitesse et de densité du son, ajoutées à la quantité des routes sillonnées au bon vouloir de l’intuition du groupe, alimentent sans cesse le caractère mutant des compositions: on passe ainsi de pièces minimalistes à de joyeuses cacophonies, de la saturation (Kamelin Hikeä) à des titres tels que Nukkesaari, sur lequel des chœurs dignes d’une procession ancestrale sont accompagnés d’une électronique hallucinée façon Acid Mothers Temple. A l’écoute de l’album, chaque piste pourra évoquer de nombreux contemporains de KY: le travail sur les voix d’Hirvikärpästen Hovissa semble tout droit sorti de chez Sunburned hand of the man, Gelsomiinan Naama rappellera par exemple les éclectiques promenades de Daniel Padden, Alkuhärkä celles de PG Six, Koirien Kasvattama celles de Sagor & Swing. Néanmoins, bien que l’ensemble soit très hétéroclite, on se laisse littéralement porter par ces courtes et changeantes improvisations où l’instinct se révèle être la caractéristique prédominante.

Kemialliset Ystävät brise tous les codes, ose considérablement, visite de nouvelles directions en permanence, et au regard de l’abondance des trésors cachés dont recèle ce disque, il semble bien difficile de dénombrer le nombre d’écoutes nécessaires pour parvenir à le dompter intégralement. Alors à ceux qui aiment l’aventure, sachez simplement que celle instiguée sur Alkuhärkä est passionnante et par-dessus tout, dépaysante... un peu comme la Finlande, finalement.

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Alkuhärkä

» Tracklisting

  1. Sohjovyö
  2. Antihistamiinimatkaaja
  3. Hirvikärpästen Hovissa
  4. Kiimaniityn Kutsu
  5. Kuu Kostaa
  6. Gelsomiinan Naama
  7. Alkuhärkä
  8. Savuava Harmonia
  9. Koirien Kasvattama
  10. Kamelin Hikeä
  11. Nukkesaari
  12. Kirppusaari
  13. Kyyn Sisuksissa
  14. Etanapolku
  15. Sata Salamaa Iskee Tulta Ja Koko Elämä Räjähtää
  16. Kaatuvan Ihmispyramidin Svengi
  17. Lummehuone
  18. Yössä

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