Year of No Light

Tocsin

( season of Mist / Iceland - Sena ) - 2013

Tu as fait de moi un homme meilleur...

» Chronique

le 04.12.2013 à 00:00 · par Pablo S.

Sorti fin novembre, le deuxième long de ce fer de lance du “sludge-doom” français étonne, surprend et saisit tout à la fois l’auditeur mal-intentionné, parti pour écouter la suite des flamboyants Nord et Ausserwelt, sur une base de post-rock et de grosses guitares métal...

Ici, les ambiances aux synthés des films de Carpenter rencontrent des guitares lourdes et trapues, chaque riff maximisé à l’extrême entraînant une reprise de volée dans les oreilles, un déluge de saturation et d’écoulements spongieux où l’on discerne des samples vocaux ésotériques, des incantations et des arias sépulcraux profondément enfouis dans les couches d’un mur de guitares. Sans lead vocal ou instrumental, la musique se veut libre et “expressionniste”, un corps uni pour une expression contrastée sur une fibre sensible et bruyante tout au long de ces 5 morceaux pour un peu moins d’une heure d’écoute.

Tocsin, en ouverture, s’élève vers la symphonie élégiaque et se termine par des larsens qui, mêlés au début de Géhenne, nous offre deux morceaux en miroir, une sorte de signature pour donner le ton de l’album : progressif et intègre.

Intègre pour l’unité mélodique, et l’on reconnaît ce même motif répété, que l’on retrouve dans chaque pièce, étiré ou égrené, adapté. Sur des morceaux comme Desolation ou Stella Rectrix qui durent plus de 10 minutes, cette répétition prend tout son sens, et rend l’œuvre de YONL plus complète : ces échos de morceaux en morceaux font penser aux antiques albums du rock prog des années 70, on n’écoute plus de la musique, on nous raconte une histoire sur laquelle on calque l’image de nos propres émotions.

Tocsin est la suite directe de Ausserwelt, sorti en 2010, des morceaux longs et un ensemble sonore porté vers l’introspection. S’il faut aller chercher les prémices de cette œuvre, il faut considérer les diverses expérimentations de ces 6 musiciens notamment dans le domaine du happening artistique (une collaboration avec Vialard ou Jean Rouch) ou dans la bande-son live du film et pas du moindre, Vampyr de Dreyer.

Et, sur le chemin d’une évolution contrôlée, YONL s’affranchit des règles d’un genre musical, le metal, pour accéder à une “œuvre classique” plus motivé par ce qui en fait la beauté, plutôt que de pondre une nouvel album de metal. On appelle ça la transcendance.

L’album est disponible depuis fin novembre, et on peut l’écouter dans son intégralité ici.

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Pochette Disque Tocsin

» Tracklisting

  1. Tocsin
  2. Géhenne
  3. Désolation
  4. Stella Rectrix
  5. Alamüt

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