Courtney Barnett

Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit

( Mom+Pop ) - 2015

» Chronique

le 26.03.2015 à 06:00 · par Eric F.

"So take what you want from me" répète à l'envi Courtney Barnett sur le climax du plus beau morceau de Sometimes I Think and Sit, and Sometimes I Just Sit, le magistral Kim's Caravan. Et bien, c'est au final assez simple : il n'y a strictement rien à jeter sur le premier format long de l'australienne.

On en attendait forcément beaucoup depuis que The Double Sea Of Split Peas a amorcé le raz-de-marée Barnett, mais Sometimes I Think and Sit, and Sometimes I Just Sit réussit le tour de force de dépasser toutes les attentes placées en lui. Dès les premières secondes d'Elevator Operator (c'est à peu près le temps qu'il faut pour se mettre à remuer la tête), Courtney Barnett donne l'impression de poursuivre une discographie déjà longue comme le bras avec un énième album convaincant, tant son assurance est évidente. Armée de son succulent humour, elle ne s'empêche pas de s'amuser de son irrésistible ascension médiatique : "Put me on a pedestal and I’ll only disappoint you. Tell me I’m exceptional I promise to exploit you. Give me all your money and I’ll make some origami, honey", clamé avec une ferveur surprenante sur l'ébouriffant single Pedestrian At Best. Un tour de force qui prouve que Courtney Barnett et son groupe (Dave Mudie, Bones Sloane et Dan Luscombe) valent bien mieux que des comparaisons faciles avec Nirvana quand il se décident à hausser le ton.

A l'image d'un Dead Fox qui laisse d'abord penser à un auto-plagiat éhonté d'Avant Gardner avant de partir sur un refrain plus musclé, Courtney Barnett a refusé de répéter la recette musicale efficace de ses débuts. Car Sometimes I Think and Sit, and Sometimes I Just Sit est bien le légitime rejeton d'un groupe qui a visiblement réussi à se forger par la scène. Réussissant à sonner à la fois décontracté et implacable, le quatuor australien navigue à l'envie et s'offre une palette d'approches assez vaste le long de ces onze morceaux. Si on découvre avec bonheur l'arrivée de claviers entrainants (Elevator Operator, Debbie Downer) on n'en reconnaitra pas moins l'incroyable facilité avec laquelle Courtney Barnett fait débouler des refrains aussi simples qu'évidents et fédérateurs ("I want to go out but I want to stay in", Nobody Really Cares If You Don’t Go To The Party). Ça n'est sûrement pas pour pour rien que l'australienne s'est récemment amusée à reprendre les Lemonheads ou le Cannonball des Breeders...

Même sans passer par ce cadre délicieusement pop et catchy, les autres chansons emportent également l'adhésion, comme sur le seyant et bluesy Small Poppies et un Depreston aux guitares aussi apaisées qu'entrainantes, bande son hilarante d'une virée en street view de Preston, quartier visiblement peu engageant de Melbourne d'où Barnett vient. Une fois de plus désarmé face à la candeur et la puissance de ces textes qui font mouche sans même donner l'impression de forcer l'effort, on ne peut que succomber sans reddition aux charmes de l'australienne. Et saliver de nouveau à l'idée de la suite des aventures de Courtney Barnett, tant elle enchaine les étapes avec brio et facilité. Dan Luscombe a même dû se croire revenu chez The Drones le temps du scotchant orage électrique qui traverse Kim's Caravan et qui risque d'en surprendre plus d'un. Il faut bien un Boxing Day Blues intimiste et solitaire pour digérer la redescente et sortir de ce disque, qui s'impose presque comme un joli pied de nez à Lena Durham tant on a l'impression de tenir la voix féminine de sa génération.

Retour haut de page

Pochette Disque Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit

» Tracklisting

  1. Elevator Operator
  2. Pedestrain At Best
  3. An Illustration Of Loneliness (Sleepless In New York)
  4. Small Poppies
  5. Depreston
  6. Aqua Profunda!
  7. Dead Fox
  8. Nobody Really Cares If You Don't Go To The Party
  9. Debbie Downer
  10. Kim's Caravan
  11. Boxing Day Blues

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.