Helvetia

Dromomania

( Joyful Noise ) - 2015

» Chronique

le 04.11.2015 à 06:00 · par Eric F.

Jason Albertini a tout de ce qu'on pourrait appeler un héros discret de l'indie rock. Le cv de notre homme en atteste : un passage chez les Queens Of The Stone Age, deux albums avec les précieux Duster et désormais un poste de bassiste chez ses amis de Built To Spill. Sans oublier Helvetia, projet solo devenu supergroupe. Pour son septième album, Albertini s'est en effet entouré de solides compagnons, notamment Jim Roth (Built To Spill), Zeke Howard (Love As Laughter) et Dove Amber (Duster). Une formule qui doit sûrement convenir au groupe, qui n'aura sorti pas moins de trois disques cette année. Mais entre un Nothing But Ringo anecdotique et l'album perdu qu'est A Dot Running For The Dust, il va sans dire que ce Dromomania est celui qui sort le plus du lot.

S'il n'est pas très éloigné dans l'esprit de Nothing In Rambling, le très bon précédent album d'Helvetia, Dromomania ne manque pas d'atouts pour révéler le talent d'Albertini. Apôtre d'une pop trop cabossée pour donner naissance à des "tubes", le chanteur-guitariste-bassiste-batteur préfère les chemins de traverse, qui rendent son œuvre si attachante. On retrouve l'habituel côté bordélique du groupe, mais Helvetia n'en a pas moins pensé à écrire des chansons. Et des très bonnes. Comme sur l'hypnotique Crumbs Like Saucers, où les guitares lancinantes tissent une toile dont il est impossible de se défaire. S'il force le respect autant qu'il surprend, le choix de ce single ne signifie pas pour autant que Jason Albertini a opté pour une pose cryptique. Son entrée en matière, Bermuda, lance les premiers zig-zags d'un édifice construit tout en oblique, qui garde malgré tout de l'allure et de la cohérence. Souvent rafistolées ou parfois (gentiment) maltraitées, les guitares d'Helvetia ne manquent pas de faire mouche. Des beaux éclairs électriques (Pink Finnish, le final tout en vibrato de Feeling The Warm Hair) au groove de Shower Radio.

On perdra un peu le groupe le temps d'un Rebel Beans trop décousu, mais le reste de Dromomania fourmille d'idées et de mélodies fabuleusement capturées. Évoquant aussi bien un Grandaddy apaisé qu'un Mercury Rev qui aurait (bien) vieilli, A Dot Running For The Dust met en lumière les bienfaits de la lo-fi méticuleuse d'Helvetia, qui a largement établi l'identité du groupe. Véritable couteau suisse (ah ah), Helvetia s'en sort remarquablement bien en mode acoustique également, sur un début de face b pas si paisible que ça (le slacker Psychomagic, See Saw Sow). Albertini a beau se plaindre sur Psychomagic ("I'm just a little bit bored"), son disque ne produit absolument pas cet effet sur l'auditeur. Compagnon ideal du Untethered Moon de Built To Spill, Dromomania impose un groupe précieux et original. Qui, à en juger par cette furieuse reprise du Green Manalishi de Fleetwood Mac, n'est pas en reste non plus quand il s'agit de se défendre sur scène.

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Pochette Disque Dromomania

» Tracklisting

  1. Bermuda
  2. The Rubber Maids
  3. A Dot Running For The Dust
  4. Rebel Beans
  5. Crumbs Like Saucers
  6. Shower Radio
  7. Psychomagic
  8. See Saw Sow
  9. Olaf
  10. Pink Finish
  11. Dromomania
  12. Feeling The Warm Air

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