Chuck Johnson

Velvet Arc

( Trouble In Mind ) - 2016

» Chronique

le 03.03.2016 à 06:00 · par Gaël P.

Le dernier disque de Chuck Johnson, Blood Moon Boulder (Scissor Tail, 2015), annonçait déjà son prochain effort avec l'intégration, pour le moins vivifiante, de guitares steel, d'effets électroniques et d'un violon aux côtés de sa traditionnelle guitare acoustique. Non que le finger picking du californien laissait pointer un début d'ennui - sa dextérité et son sens particulier de la mélodie en faisait, bien au contraire, un des grands héritiers du folk primitiviste - mais il va sans dire que ces touches savamment ajustées constituaient tout de même un complément indéniablement captivant aux errances instrumentales égrenées depuis 2011. En tout cas, cette quasi promotion de Velvet Arc par Blood Moon Boulder était toute naturelle puisque les compositions des deux disques relèvent des mêmes sessions d'enregistrement. Sous un autre angle, le résultat de cette nouvelle formation en mode guitare électrique - basse - batterie peut toutefois être aussi perçue comme le plein accomplissement de la création d'une bande originale produite pour les besoins d'un documentaire de HBO sur les violences conjugales. Entouré d'Alex Vittum (batterie) et de Ben Bracken (basse), que l'on retrouve ici, Chuck Johnson esquissait déjà en effet, sur cette matière, certains composants de Velvet Arc. Au moins deux thèmes liés au film sont ainsi développés sur ce dernier album.

Dans la lignée des albums précédents, Velvet Arc trouve son assise sur des constructions pour le moins dynamiques, quoiqu'une forme volontairement plus concise puisse parfois subsister (une certaine recherche de pureté sur Velvet Arc, le blues régulier de The Pace). En réalité, l'album semble ajuster chacun des titres à une ligne directrice tout à fait singulière. La variété est ainsi ici plus que de mise, ne serait-ce qu'à l'écoute des trois premiers morceaux : la complexité d'un desert rock à la Yawning Man laisse place à un langoureux jeu de lancinances, lequel précède une lente aspiration à une discrète musique électronique. Ce qui est en tout cas flagrant chez l'américain, c'est toujours cette façon d'éloigner toute virtuosité, comme si cette dernière constituait un piège à éviter. Dans l'ensemble, une telle réserve est réellement appréciable et fortement justifiée, d'autant plus aisément lorsque la musique se trouve nimbée de nombreux agréments fort délicats, que ce soit par le violon, joué par Marielle Jacobsons, ou la pedal steel, maniée par Johnson lui-même. Mais parfois aurait-on peut-être apprécié davantage de lâcher prise comme sur le trop timide gimmick de Roadside Auspice - très proche de ce que peut faire William Tyler - qui laisse un peu sur sa faim. N'en déplaise aux fines bouches, Velvet Arc est à l'image de "l'envolée" de la batterie d'Everything At Once : un élan maîtrisé sachant donner tout juste ce qu'il faut de candeur.

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Pochette Disque Velvet Arc

» Tracklisting

  1. As I Stand Couting
  2. Everything At Once
  3. Anamet
  4. Velvet Arc
  5. Roadside Auspice
  6. The Pace
  7. Private Violence

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