The Still

The Still

( Bronze Rat ) - 2016

» Chronique

le 10.06.2016 à 12:00 · par Gaël P.

"What do Neil Young, Malcolm Young and Lester Young have in common? They were all huge fans of and heavily influenced by The Still. Originally formed in 1964 in the deserts of Zuni Pueblo, New Mexico, The Still’s revolutionary minimalist style of reducing music to it’s purest until left with raw, palpable emotion brought them adoration far beyond cult status among the band’s fans and peers and led to pianist Glenn Gould’s famous and often repeated quoted: “The Still is the essence of music”". En parcourant ces notes imprimées sur le premier effort discographique de The Still, faisant du loner, du guitariste d'AC/DC, de l'acolyte de Count Basie et du virtuose canadien, les adorateurs du groupe, on est bien en peine de s'imaginer le genre de musique que ce side-project de Chris Abrahams, le pianiste de The Necks, est à même de produire, sinon un extravagant mélange. Derrière la boutade se cache pourtant une part de vérité : c'est que ce collectif de nature internationale (trois australiens, un allemand, un canadien), réuni à Berlin, ville dans laquelle il sévit semble-t-il sur scène depuis plusieurs années, agrège certaines particularités aussi bien du jazz que du folk ou du rock sous la bannière du minimalisme.

Partant de là, mis à part le jeu de piano de Chris Abrahams, tout en notes éparses (à l'inverse donc d'un jeu en continu à la Lubomyr Melnyk), les instruments ne sont jamais vraiment contenus à un seul registre. La batterie, maniée par Steve Heather, est ainsi tout aussi bien, selon les pistes, l'héritière de la mouvance slowcore des années 1990, réglée qu'elle est comme un métronome, qu'une parente du style débridé mais posé de Chris Corsano. A la guitare électrique, Rico Repotente peut élaborer de subtiles arabesques accompagnant la trame mélodique principale comme il peut délivrer une rugosité bien plus bagarreuse. Quant à la contrebasse, attribuable à Derek Shirley, c'est moins sa technique, plutôt traditionnelle, que son absence ou sa présence qui permet à l'album de ne pas être vraiment caractérisable. S'ajoute à cela l'invitation sur la dernière piste des berlinois de The International Nothing qui accentue l'effet d'étrangeté que peut procurer l'écoute de The Still : loin de l'accompagnement classique de cuivres, le duo de clarinettes forme un amas strident et bruitiste pour le moins détonant.

A vrai dire, l'intérêt du groupe se situe dans l'interaction constante qu'il opère entre variation et répétition. Tout en malmenant les possibilités de classification par la diversité des contributions, les six morceaux de l'album, tous sans exception, n'en restent pas moins réglés de manière millimétrée, malgré cette impression toutefois que, de l'un à l'autre, l'apparition d'un nouveau tempo suscite à chaque fois un net ajustement. Pour le dire autrement, le nom du groupe, s'il désigne une forme d'immuabilité, est pour le moins trompeur tant sa musique sait se faire des plus souples dans un cadre strictement défini. On pourrait même affirmer que l'intrigue globale de The Still relève d'un récit d'émancipation. Acculée à une épaisse noirceur et à des tonalités feutrées sur les trois premiers titres, la musique, sensiblement étriquée, hésite ensuite entre plusieurs options, si bien que la tentative de destruction de ce cadre neurasthénique sur le plus rock The Early Bird, pas vraiment accomplie, dériverait alors plus sûrement vers une formule brillamment alanguie, incarnée par le magnifique The Surely. Ce qui est sûr, c'est que le groupe, passé malheureusement un peu inaperçu jusqu'ici, constitue une des belles découvertes de cette année.

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Pochette Disque The Still

» Tracklisting

  1. The Stung
  2. The Descent
  3. Crystal Clear Fog
  4. The Early Bird
  5. The Surely
  6. The Ecstatic

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