Mice Parade

Obrigado saudade

( Fat Cat / Pias ) - 2004

» Chronique

le 30.01.2004 à 18:00 · par Antoine D.

Au croisement du rock, de l’électronique et du jazz, Adam Pierce, toujours caché derrière son anagramme Mice Parade, s’est une nouvelle fois entouré de compagnons de route de longue date, de l’hyperactif Doug Sharin (Codeine, June of 44, Rex, Directions in music, ainsi que HiM, autre membre de l’écurie FatCat) à Dylan Cristy et Rob King, tous deux membres de The Dylan group, pour ce nouvel épisode intitulé Obrigado saudade. Mais c’est avec une nouvelle invitée de marque, en la personne de Kristín Anna Valtýsdóttir (une des deux jumelles de Múm, aussi signé chez FatCat, décidément...), que s’ouvre l’album sur Two, Three, Fall, un morceau relativement proche de la berceuse. La chanteuse islandaise et sa voix enfantine feront d’ailleurs quelques autres courtes apparitions (sur le titre Spain par exemple), mais sa présence, il faut bien l’avouer, est plutôt anecdotique.

L’introduction passée, Mice parade se plonge dans une longue progression (Mistery brethren, sur onze minutes), débutée par une rythmique dominée par les cymbales, mêlant mélodies à la guitare acoustique et vagues de vibraphone, puis s’intensifiant dès l’instant où une agréable ligne de basse investit les lieux : peu à peu, les boucles générées par les cordes s’installent, la batterie s’emballe pour un cocktail aux faux airs de Tortoise, qui verra son salut dans les lancinantes variations aigues d’une guitare à la Piano Magic. Quelques notes jouées au clavier qui s’envolent grâce à un delay permettent ensuite de lancer le single (assez pop) Focus on the roller coaster, sur lequel Adam Pierce pose sa voix au ton neutre et velouté, accompagné d’une batterie à la cadence surexcitée et de riffs de guitare sèche. Beaucoup plus posé, le morceau And still in sits in front of you regroupe quasiment les mêmes éléments, si ce n’est que la guitare acoustique est agréablement complétée par une harpe chinoise (le Cheng, déjà utilisé à maintes reprises par le passé). La suite d’Obrigado saudade révèle néanmoins les limites de Mice parade, d’une part parce que l’instrumentation ne réservera pas d’autres surprises, et d’autre part en raison de la redondance des morceaux. En effet, bien que l’efficacité soit au rendez vous, la récurrence des idées exploitées est regrettable : la coexistence bruit-mélodie sur Milton road revenant sur Guitars for plants, quand aux titres Out Of The Freedom World et Wave Greeting, ils recoupent plusieurs éléments déjà entrevus sur les précédents albums, et plus particulièrement en 2001, sur Mokoondi.

L’attention portée aux mélodies, la technicité instrumentale mise au service de l’intensité des compositions, la richesse de certaines structures sont les éléments qui font d’Obrigado saudade un album intéressant, où Adam Pierce a néanmoins sacrifié les parties plus expérimentales de sa musique pour un résultat plus accessible que ses travaux précédents : un aspect qui, malheureusement, rend l’exercice de moins en moins inventif au fil des titres. La seconde moitié de l’album est donc assez frustrante, Mice parade tournant en rond plutôt que de se livrer à l’exploration d’autres voies... ou, pourquoi pas à l’approfondissement de certaines initiatives survolées par le passé, comme par exemple l’utilisation (trop timide) des cuivres sur Mokoondi. Avec une instrumentation plus diversifiée, une approche de la composition plus novatrice et un peu plus de folie, Mice parade pourrait gravir un échelon, et ainsi passer du bon à l’excellent, du plaisant à l’enthousiasmant.

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Obrigado saudade

» Tracklisting

  1. two, three, fall
  2. mystery brethren
  3. focus on the roller coaster
  4. and still it sits in front of you
  5. wave greeting
  6. here today
  7. milton road
  8. spain
  9. out of the freedom world
  10. guitars for plants
  11. refrain tomorrow

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