Molasses

A slow messe

( Alien8 ) - 2003

» Chronique

le 19.02.2004 à 00:00 · par Eric F.

Scott Chernoff, l'homme qui se cache derrière le pseudonyme de Molasses est loin de jouir de la même réputation que ses camarades de Godspeed ou du Silver Mount Zion mais à l'instar des éphémères Sackville il réussit à démontrer que toutes les étoiles de la constellation montréalaise ne se concentrent pas sur des constructions majestueuses qui dégénèrent dans une grande décadence sonore. Il s'agit ici en effet de folk, tout au long de ce bourratif double album. Bien que la liste des invités soit impressionnante (beaucoup de Godspeed, donc de membres de Silver Mount Zion, ainsi que les infatigables Chris Brokaw et Thalia Zedek) et que chaque morceau soit joué par une armada hallucinante d'instruments, c'est pourtant l'intimisme qui est de rigueur : seuls la guitare acoustique, la contrebasse et le violon se tapent la plus grosse part du gâteau, les autres instruments vont et viennent, comme s'ils avaient peur de déstabiliser un ensemble précaire.

On a cependant droit à quelques rappels qui nous empêchent d'oublier d'où vient Molasses, avec les dissonances de Silkworm où les guitares se lâchent enfin, suivies par des cuivres qui feraient croire à du Sonic Youth repris par Pascal Comelade. L'esprit aventureux de Molasses se traduit également entre chaque morceau puisqu'on y trouve intercalées des plages instrumentales de collages que l'on jurerait sorties tout droit des insupportables albums de Set Fire To Flames. Sauf qu'ici c'est loin d'être un problème puisque ce ne sont que d'agréables intermèdes et que l'album ne se base pas dessus.

Les stars de ce disque, ce sont les compositions de Chernoff qui dans leur grand dépouillement se font de lointaines cousines de celles, plus intimes, de Mark Linkous. Un titre comme Eve's Lullabye est tout simplement beau a en pleurer avec ses angéliques choeurs féminins récitants des paroles touchantes qui alternent entre l'anglais et le français. Rarement avait-on entendu une chanson fonctionnant tout aussi bien dans une langue que dans l'autre. L'Enemy Hymn final a beau être une veillée funéraire interprétée par pas moins de quinze orgues, il n'enlève rien à la beauté désabusée de ce double album qui fait partie de ces disques tellement beaux et désespérés à la fois, qu'ils réussissent à donner de l'espoir.

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A slow messe

» Tracklisting

CD1

  1. Désolé
  2. Valley Song
  3. Dans une Maison Croulante
  4. Insomnia
  5. FM
  6. Whitey blues
  7. Whitman County revisited
  8. Death march (Erskine's theme)
  9. Hopeless
  10. Our lady of Winter
  11. Killing Lucy Stone
  12. New World Harbor
  13. Adieu L.S.A.

CD2

  1. Delerium rag
  2. Le jardin de fer
  3. Astrée
  4. Les enfants d'anarchie
  5. Silkworm
  6. Beyond the zero
  7. Chinatown No. 33
  8. Vespers
  9. La berceuse d'Éve (Eve's Lullaby)
  10. Reprive, 15 juillet
  11. Désolé reprise
  12. Enemy hymn
  13. Slow mass

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