le 17.02.2004 à 00:00 · par Eric F.
La comparaison pourrait sembler réductrice, voire même faire cliché, mais écouter un disque de Scout Niblett c'est un peu comme assister à un concert de Cat Power : on ne sait jamais si on va être touché par la grâce ou bien si on va s'ennuyer à mourir. On pourrait même pousser le vice jusqu'à voir une certaine forme de conversation entre les titres des albums de ces dames : "You Are Free" affirme Chan Marshall, auquel Scout Niblett acquiesce "I Am". "Peut-être un peu trop" rajouterait-on si on était invité à le faire : le Miss In Love With Her Own Fate qui démarre ce disque est quelque peu léger. La voix de l'anglaise ne lui permet vraiment pas de porter un morceau uniquement accompagné de batterie. Ce n'est pas que la "chanson" soit désagréable mais elle ne laisse augurer de rien de bon pour la suite. Certes l'arrivée de la guitare rétablit un peu les choses : c'est fou comme l'accélération électrique fait passer les cris de Scout Niblett sans trop de problèmes (la partie n'était pas gagnée d'avance). Malheureusement, cet album nous réserve encore d'autres titres en batterie solo. Quand elle se décide à jouer, le rock de Scout Niblett, c'est celui de Nirvana, de Sebadoh ou celui de la Cat Power des débuts. On en serait presque embêté de toujours revenir à la même comparaison mais la ressemblance est trop frappante pour être ignorée. L'anglaise nous montre pourtant qu'elle peut offrir des compositions originales et personnelles comme ce Fire Flies et son ukulélé foutraque ou le gros son qu'envoie Drummer Boy après un faux plat trompeur. Même si il manque des titres de la trempe de Miss My Lion ou encore Big Bad Man (son Gloria à elle), ce disque révèle enfin sa cohérence après quelques écoutes à condition de passer outre certains détails irritants, en particulier ces regrettables titres à la batterie mixée bien en avant nous rappelant une France Cartigny de sinistre mémoire...
