Pan American

Quiet city

( Kranky ) - 2004

» Chronique

le 07.09.2004 à 18:00 · par Antoine D.

En 1998, parallèlement à son activité au sein du trio Labradford, Mark Nelson donna le jour à Pan American, un projet solo orienté vers une électronique profondément enracinée dans l’ambient et régulièrement marquée par des influences dub. Fin 2002, peu de temps après la sortie du troisième album (The river made no sound), Mark Nelson s’est remis à l’ouvrage, aboutissant en juin 2004 à ce nouvel opus intitulé Quiet city : un titre pour le moins symbolique, puisque cet album évoquera sans peine un monde urbain désertique, encore plongé dans la léthargie matinale.

Sans renier intégralement les éléments ambient et dub de ses précédents exercices (le titre Shining book en est la trace la plus significative), Mark Nelson tempère quelque peu son engouement pour l’électronique et renoue ici avec certains aspects caractéristiques des débuts de Labradford. Ainsi retrouve t’on tout au long de Quiet city, la légendaire lenteur des guitares (Begin, Lights on water), la batterie asthmatique (Inside elevation, puis Het volk où l’on retrouve Steven Hess, récent collaborateur de Sylvain Chauveau sur le projet ON) ainsi que la voix, murmurée et squelettique (Begin, Shining book, Skylight). L’ensemble s’appuie sur une production haut de gamme, chaleureuse, méticuleuse dans sa recherche du détail, soucieuse d’opérer le bon dosage entre les stigmates labradfordiens et des composantes électroniques que l’on pourrait rapprocher du Lambent material d’Eluvium (Temporary residence, 2003). A cet égard, le titre Wing figure parmi les belles réussites de Quiet city en proposant un drone particulièrement intrigant sur plus de neuf minutes, soutenu par un couple basse/percussions en recul. Au fil de l’album, Mark Nelson parvient à un certain état d’équilibre à travers ces compositions hybrides, qui finalement conservent un goût assez inédit dans sa discographie. Par ailleurs, l’écueil de la linéarité, dans lequel Pan American est parfois tombé par le passé, est ici évité grâce à une diversité des compositions largement alimentée par une instrumentation étendue (outre les instruments précités, on croise également le mélodica sur Inside elevation, les cuivres sur Skylight et Het volk). Ces associations atteignent un point culminant au cours de Skylight, un titre sur lequel le superbe travail sur les cymbales (Tim Mulvenna) vient accompagner la voix et la guitare, pour finalement aboutir sur l’entrée majestueuse de la trompette (David Crawford).

Quiet city marque une forme de renaissance pour Mark Nelson : on aurait en effet pu craindre qu’il ne s’enferme dans un style assez stérile sur la longueur, mais son ouverture d’esprit lui aura permis de prendre une dimension supplémentaire pour signer la plus belle réussite de Pan American à ce jour.

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Quiet city

» Tracklisting

  1. Begin
  2. Wing
  3. Shining Book
  4. Inside Elevation
  5. Skylight
  6. Lights on Water
  7. Het Volk
  8. Lights of Little Towns

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