Papa M

Whatever mortal

( Domino ) - 2001

» Chronique

le 08.09.2003 à 06:00 · par Eric F.

S'il peut paraitre étonnant que David Pajo sorte un disque de folk où il n'hésite d'ailleurs pas à pousser la chansonette, disque donc en totale opposition à ses efforts précédents, un coup d'oeil au nom des participants à cet album (Tara Jane O' Neil et Will Oldham) nous aide quelque peu a comprendre ce revirement artistique. La présence de l'ancien homme de base de Palace est d'ailleurs très discrète mais marque sans conteste ce disque : non seulement parce qu'il est touchant de justesse sur ses choeurs et ses interventions musicales, mais également parce qu'il pousse Pajo à faire mieux, lançant comme un duel fraternel à son vieux compère. Pas étonnant que l'album s'ouvre sur un inédit de Leonard Cohen Over Jordan qui n'est en fait que le morceau traditionel Wayfaring Stranger mis au gout du jour en son temps par l'inébranlable Johnny Cash. On peut même se demander si le kentuckien n'a pas cherché coûte que coûte à éviter de payer des droits d'auteur puisque Many Splendored Thing est un emprunt flagrant a He Was A Friend Of Mine, autre morceau traditionel que Bob Dylan rendit célèbre. Plus original, l'album se conclut par un magnifique instrumental, Northwest Passage qui n'est autre que la relecture du Arundel de l'album précédent Live From A Shark Cage où la guitare acoustique de Pajo tisse une toile passionante avant que ne surgisse l'harmonica, le morceau décollant majestueusement par la suite. Malgré un tel moment de grâce, il semble que l'album ait été enregistré dans une atmosphère plutôt détendue comme le montre Krusty Pajo joue tout en regardant un épisode des Simpsons ne manquant pas de ponctuer le morceau par quelques éclats de rires. Cette décontraction va parfois un petit peu trop loin comme sur le sombre The Lass Of Roach Royal qui se retrouve souillé par des bruits de clé (!), tout comme l'utilisation d'une sitare qui ne colle pas vraiment à l'esprit du disque et qui rend le peu convaincant Sabotage encore plus ennuyeux et sabote le superbe Purple Eyelid. Cependant, on pardonnera bien facilement ces errements à l'écoute de chefs d'oeuvre tels que le froid Glad You're Here With Me ou encore Beloved Woman, seul morceau du disque a pratiquer une électricité incisive, la présence de Britt Walford à la batterie rappelant au bon vieux temps du Spiderland de Slint. Après avoir posé la pierre angulaire du post rock, il semble que David Pajo soit bien parti pour égaler cet exploit sur le terrain de la musique acoustique.

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Whatever mortal

» Tracklisting

  1. Over Jordan
  2. Beloved Woman
  3. Roses In The Snow
  4. Sorrow Reigns
  5. Krusty
  6. The Lass Of Roch Royal
  7. Many Splendored Thing
  8. Glad You're Here With Me
  9. Tamu
  10. Sabotage
  11. Purple Eyelid
  12. The Unquiet Grave
  13. Northwest Passage

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