William Elliott Whitmore

Hymns for the hopeless

( Southern Records / Southern ) - 2003

» Chronique

le 29.09.2004 à 06:00 · par Ana C.

William Elliot Whitmore fait du folk. Nu et sincère, sans plus. Dès le premier titre, il semble clair que les étiquettes commençant par "néo" n’ont rien à voir avec sa musique. C’est de cette façon qu’il se présente avec Cold and dead, seul, a capella avec sa superbe voix capable de nous faire taire dès que l’on entend ses premiers mots. Par la suite, le banjo et les percussions de Sometimes our Dreams Float Like Anchors incarnent ce qui constitue le vrai noyau de l’album. On assiste ainsi à une succession d’histoires narrées par William Elliot Whitmore où l’instrumentation se voit réduite à un rôle d’accompagnement chargé de créer une atmosphère générale, par instants de la même façon qu’un Richard Buckner se faisant accompagner par la batterie de John Convertino et les cordes Joe Burns dans The Hill (Overcoat Recordings, 2001).

Même s’il pêche par une certaine linéarité, Hymns for the hopeless est un album largement recommandable. Ses paroles, en accord avec le titre de l’album, sont assez sombres et tournent autour de la thématique typique du plus profond du sud des Etats-Unis; la mort, Dieu, le whisky et les assassinats; il ne manque plus que l’inceste. Comme directement tirés d’un roman de Faulkner, ses textes sentent le Mississipi, ici la poussière et le tabac mâché sont également enrobés par la saleté punk de William. Lui qui, soi-disant fan de Minor Threat (formation primitive du leader de Fugazi) et du Captain Beefheart, avait préalablement milité au sein du groupe hardcore Ten-Grand, expliquant la présence certaine de cet esprit non-conformiste –plus dans le concept que dans la forme– de ses titres. En écoutant Burn my body qui laisse deviner ce que ses compositions pourraient devenir si elles étaient plus orchestrées, on regrette qu’il n’ose pas (ou refuse de le faire) suivre des chemins moins connus. Dans le dernier morceau, où l’expressivité des handclaps et des voies très black résonnent des échos de l’esclavage, William montre que son projet n’est pas qu’une pose d’un petit con décidé à flirter avec les racines (attitude si en vogue en ce moment).

Avec seulement quelques efforts au-delà de son actuel classicisme, peut-être grâce à un sage mélange entre ses influences et sa vision singulière de la tradition, un sens de l’expérimentation pourrait donner un disque très intéressant. A suivre jusqu’à ce que Our Paths will Cross Again, ce que l’on espère bientôt.

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Hymns for the hopeless

» Tracklisting

  1. Cold and dead
  2. Sometimes our dreams float like anchors
  3. Does me no good
  4. Lord only knows
  5. Pine box
  6. From the cell door to the gallows
  7. Burn my body
  8. Our paths will cross again

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