Smog

Red Apple Falls

( Domino ) - 1997

» Chronique

le 06.10.2003 à 12:00 · par Eric F.

Une petite guitare acoustique qui tricote tranquillement des notes toutes fines accompagnée d'une trompette guillerette et d'un piano qui en impose, se serait-on trompé d'adresse ? Non, vous êtes bien chez Bill Callahan et vous écoutez The Morning Paper qui vous dit que comme le journal n'annonce que des choses horribles on va passer une belle journée après avoir envoyé bouler ledit journal, laissez votre message après le bip. Pas de pot, on sait dès le deuxième titre de ce Red Apple Falls que les journées continuent d'être mauvaises pour mister Bill : Blood Red Bird prend par les trippes et secoue là où ça fait mal : à la racine. Un grand moment qui en appelle bien d'autres. On ne rigole pas beaucoup plus sur Red Apples où il est question d'une veuve au bord de la rivière, qui déborde de tristesse. Ca ne sera pas notre seule rencontre avec cette pauvre femme, le temps que s'éfface le piano famélique et c'est alors I Was A Stranger qui rentre en scène. Presque pas d'ironie assassine ici, ou alors s'il y en a, c'est que le ton de la pedal steel allège le tout et empêche ce disque de couler par sa noirceur. Mais d'autres occasions se présentent : To Be Of Use réussit ce que n'importe quel groupe de grunge manquera toujours d'achever : un morceau évoquant une envie de confiance en soi quasi chimérique, la guitare neurasthénique se faisant alors plus violente et dangereuse que n'importe quel feedback de guitariste à cheveux gras et longs. Cette fois ci la pedal steel ne fait rien pour arranger l'affaire et on en verserait presqu'une larme sans même être capable de savoir si c'est parce que c'est magnifique ou pathétique (au sens premier du terme). Ou les deux. Pas le temps d'ébaucher une réponse que revoilà notre veuve de tout à l'heure, ça a l'air d'aller mieux, Bill la rejoint et ils mangent des pommes, on respire presque. Sauf que, on a le droit à une histoire de frère qui meurt et qu'après il faut faire sans, à croire que le répit n'arrive jamais. On restera sceptique sur l' Ex Con aux paroles terribles mais à l'instrumentation tellement risible qu'on n'y prête même pas attention et qu'on se demande ce qui se passe. Ce mauvais rêve terminé (au passage le seul faux pas sur ce disque du tandem Callahan - Jim O'Rourke) qu'arrive un titre devant lequel il ne reste plus qu'à se prosterner : on arrive au bout du tunnel, on voit de la lumière, bon sang, mais c'est bien une pointe d'optimisme dans les paroles ! Et des "tu tu du du" sur une instrumentation merveilleuse. Décidément, on ne peut que s'incliner devant tant de beauté, on vendrait sa mère pour écrire un titre de ce genre. Et comme tous les grands albums savent boucler la boucle, le dernier titre, Finer Days nous renvoie à l'introductif Morning Paper et on se dit que la touche "replay" va nous être bien utile. Et allez, même si le journal sera encore livré demain, on en est désormais convaincu : on vivra un jour de "finer days". En écoutant Smog, encore et toujours.

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Red apple falls

» Tracklisting

  1. The Morning Paper
  2. Blood Red Bird
  3. Red Apples
  4. I Was A Stranger
  5. To Be Of Use
  6. Red Apple Falls
  7. Ex-con
  8. Inspirational
  9. Finer Days

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