Lee Ranaldo

Amarillo ramp (for Robert Smithson)

( Starlight Furnitures ) - 1997

» Chronique

le 14.04.2004 à 12:00 · par Eric F.

Autant le reconnaître d'emblée, il faut être un fan sacrément hardcore de Sonic Youth pour suivre assidûment les carrières solo de ses membres, que ce soit celles de Thurston Moore, Lee Ranaldo ou Kim Gordon. On peut au moins louer Steve Shelley d'aller cogner ses fûts avec Two Dollar Guitar pendant son temps libre parce qu'un disque d'un Sonic Youth en solo c'est comme si on enlevait tout le côté rock si cher à la maison mère pour aller plonger la tête la première dans un océan expérimental où il est parfois bien dur de ne pas se noyer.

Cet Amarillo Ramp, à prendre plus comme une collection d'enregistrements plus qu'un album à part entière démarre bien difficilement. Le morceau Amarillo Ramp s'étire pendant plus d'une demi-heure et rien ne s'y passe, tout est désespérément vide. On a beau se dire que de telles compositions ont sûrement dû influencer des groupes tels que Jackie-O' Motherfucker que l'on n'en reste pas moins sceptique, surtout quand on se dit que Lee Ranaldo a pu écrire des morceaux du calibre de Mote, Pipeline/Kill Time ou encore New York City Ghosts & Flowers. D'où un retour à notre problème initial, à savoir : si vous cherchez Sonic Youth faut frapper à la porte à côté et faut revenir plus tard parce que le groupe hiberne. Les renforts ont beau arriver en la personne de Thurston Moore et Steve Shelley sur le morceau suivant, la magie n'opère pourtant pas beaucoup plus. On en arriverait presque à prendre Kim Gordon pour le pilier de Sonic Youth tant les triturages larsenés sont ici désertés par les émotions qui les accompagnent normalement. Mais Ranaldo est un grand garçon, capable de prouver à quel point son importance dans le groupe est sous-estimée car une fois les deux premiers calvaires dans le rétro, l'album se finit sur trois titres parfaits. Dans un premier temps, le bien nommé Notebook puisque Ranaldo adjoint a ses guitares brumeuses et menaçantes un texte façon spoken word qui nous fait dire que si ce type était né quelques décades plus tôt, il aurait sans doute été un grand écrivain beat. Jamais avare de surprise, il enchaîne tranquillement sur Here, un instrumental... à la guitare acoustique ! Avec un tel résultat on en viendrait presque à regretter que les guitares en bois ne soient pas plus souvent de sortie... Ce qui est sûr c'est que Ranaldo tire sa révérence avec classe le temps de reprendre parfaitement le Isolation de Lennon accompagné du légendaire Epic Soundtracks, le batteur des Swell Maps, pendant que la guitare s'accroche pour prendre l'ascendant sur le piano. Un peu à l'image de ce disque diesel qui met du temps avant de convaincre mais dont l'efficacité se fait tout de même ressentir. Entre vous et moi des disques inécoutables, il y en a des largement pires...

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Amarillo ramp (for Robert Smithson)

» Tracklisting

  1. Amarillo Ramp (for Robert Smithson)
  2. Non-Site #3
  3. Notebook
  4. Here
  5. Isolation

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