le 03.11.2004 à 00:00 · par Eric F.
Difficile d'imaginer Kim Gordon en tenancière de bordel quand on connaît ses penchants féministes, pourtant le line-up de Free Kitten tient un peu de l'auberge espagnole du rock indé puisqu'aux côtés de la bassiste de Sonic Youth, on retrouve Mark Ibold, l'ancien jovial bassiste de Pavement, ainsi que Julie Carfritz qui évolua dans Pussy Galore et la fameuse Yoshimi, des Boredoms. On pouvait légitimement craindre un télescopage de genres assez confus, mais l'enthousiasme prévaut ici sur les cafouillages. Argument de poids, le quatuor nous propose des morceaux foutrement aguichants où la décontraction côtoie souvent le bruitisme (et tant pis si ce mot n'existe pas vraiment). Victoire des bassistes donc puisque l'on pourrait croire à des reprises de Pavement ou de Sonic Youth. Aucune pose calculée, on sent bien que ces quatre là jouent ensemble pour se faire plaisir en se laissant aller, poussant parfois même jusqu'à des sommets qui feraient peut-être rougir les maisons mères, à l'image du débridé Played Yourself, ou Never Gonna Sleep et sa basse terriblement canon(ball). On n'évite pas quelques bizarreries, un Picaboo Who ? limite crispant ou un Gaa dopé au shit périmé. Un titre comme Sentimental Education efface bien facilement ces petites erreurs de parcours. Se révélant aussi étonnamment fructueuse sur le papier qu'en pratique, cette éducation sentimentale est parfaite pour déniaiser son homme. Comprendre par là que ce disque est une excellente porte d'accès aux différents groupes représentés pour le néophyte.
