le 03.02.2004 à 00:00 · par Eric F.
Que Beulah abandonne sa pop psychédélique qui devait autant aux Beach Boys et aux Beatles qu'à Weezer sur un album nommé Yoko, a de quoi faire sourire. Cependant, on sent bien que le groupe n'est plus là pour jouer aux accros de musique pour défoncés et c'est avec un air circonspect que l'on prend ce refus de nous délivrer les habituelles sucreries psychédéliques d'usage. Pourtant, l'introductif A Man Like Me présente de louables et nouvelles ambitions de pop racée aux guitares qui claquent et qui font tout pour éviter la redite. On s'enfonce même dans une pop sucrée le temps de Landslide Baby. Et si certains morceaux (presque tous en fait) laissent sous entendre que ce disque aurait pu être confié à Dave Fridman, responsable de la mue de plus d'un groupe (Mercury Rev, Mogwai, Sparklehorse...), Beulah tente de ne pas se faire emprisonner dans une seule et unique case et retrouve le temps de My Side Of The City le gôut des chambres mal rangées. Même si le propos a par moments tendance à être un peu trop lourdement enfoncé, l'ensemble se tient plus ou moins dans une cohérence qui était loin d'être gagnée d'avance. Yoko est un disque beaucoup plus sage que ses prédécesseurs et grâce aux superbes Fooled With The Wrong Guy et Whip Those Prints And Run, on se dirait presque qu'il nous semble que le groupe a joué cette musique depuis les débuts. C'est alors qu'on se remémore avec émotion la découverte de When Your Heartstring Breaks, ce qui nous aide encore plus à apprécier le chemin parcouru, mais aussi à se dire que c'était peut-être finalement mieux avant...
