Ariel Pink

The Doldrums

( Paw tracks / Chronowax ) - 2004

» Chronique

le 15.02.2005 à 06:00 · par Ludovic D.

Ariel Pink est un californien qui enregistrait ses albums chez lui dans une certaine autarcie avant que sa route ne croise celle des membres d'Animal Collective qui lui proposèrent de sortir son album sur leur label Paw Tracks. Voila en substance tout ce que l'on sait d'Ariel Pink, car autant être honnête on en sait peu sur sa personne mis à part ces quelques informations et ce n'est pas sa musique qui pourra nous en apprendre plus sur lui car celle ci aurait pu être trouvée sur une vieille cassette dans un grenier que nous n'aurions pas vu la différence.

En effet, la première chose qui saute aux yeux sur The Doldrums, c'est ce son d'une qualité médiocre qui pourrait faire passer les premiers disques de Daniel Johnston pour des enregistrements de grande qualité. Le chant se fait à trois mètres du micro, des "bruits blancs" sont présents sur une grande partie des titres (selon lui, il est auteur-compositeur-interprète et le son n'a pas beaucoup d'importance). Cela peut donc être assez dérangeant mais cela a aussi l'étrange avantage de renforcer l'atmosphère bizarre et psychédélique de l'album. Musicalement, The Doldrums est un album de pop lo-fi influencé autant par la pop californienne des années 70 (Love, Beach Boys...) pour ce qui est des mélodies à la guitare ou des "harmonies" vocales, que par le glam (voix hauts perchées, photos intérieures) ou la pop des années 80 (nappes de synthés, le coté sirupeux de certains titres). Une autre particularité de ce disque est qu'Ariel Pink fait une grande partie des rythmiques avec sa bouche (cela va du "poum tchic" assez classique à quelque chose pouvant ressembler au bruit du vent, en passant par le "pschitt" ou le "tchica tchica"). Vocalement, Ariel Pink passe allègrement d'une voix proche de Sid Vicious singeant Sinatra sur le début de My Way à une voix proche de celle de Bowie ou encore à une voix haut perchée faisant penser aux Bee Gees ou aux Scissor Sisters. On se retrouve tout au long des quinze titres devant des thèmes et des ambiances que l'on peut qualifier de romantiques, allant parfois jusqu'à l'excès quasi "guimauvesque" pouvant provoquer l'indigestion. Ce disque pourrait être un peu le pendant fauché du 69 Love Songs des Magnetic Fields. On ressort de cet album avec une impression étrange car il possède quelque chose d'attirant et l’on peut se retrouver très vite séduits par ces chansons car elles sont extrêmement bien écrites et originales, mais il reste tout de même cet arrière goût qui fait que l'on est un peu gêné par toute cette mièvrerie, ces arrangements et ces voix rappelant parfois le pire des années 80.

The Doldrums est donc un album surprenant qui mérite d'être écouté et qui séduira tout autant qu'il énervera les amateurs de pop sortant de l'ordinaire, car il est bien difficile de placer Ariel Pink, et surtout sa musique, dans le paysage musical.

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Pochette Disque The Doldrums

» Tracklisting

  1. Good Kids Make Bad Grown Ups
  2. Strange Fires
  3. Among Dreams
  4. For Kate I Wait
  5. Haunted Graffiti
  6. Gray Sunset
  7. The Doldrums
  8. Envelopes Another Day
  9. The Ballad of Bobby Pyn
  10. Don't Think Twice (Love)
  11. Until The Night Dies
  12. Crying
  13. Theme From Unreleased "Claris Gardens"
  14. Let's Build a Campfire There
  15. Young Pilot Astray

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