The Black Keys

Thick freakness

( Fat Possum ) - 2003

» Chronique

le 03.08.2004 à 06:00 · par Eric F.

Les White Stripes ont de la chance : personne n'a encore essayé de les opposer aux Black Keys. Combat gagné d'avance face aux Strokes (on est authentique ou on essaye de l'être), victoire par KO face aux Von Bondies, Jack et Meg semblent toujours sortir vainqueurs des duels de groupes. Seulement voilà, les Black Keys devraient bientôt avoir leur mot à dire et se posent d’ores et déjà comme de très sérieux challengers. Bien sûr, c'est un groupe en "the" qui joue du rock et qui ne compte que deux membres, autant de sujets d'inquiétude qui disparaissent bien vite quand on s'aperçoit que les Black Keys sont logés chez Fat Possum. Dur de croire que ce label culte, abri de biens des bluesmen déglingués (RL Burnside, T Model Ford) et d'apprentis blancs-becs (le Twenty Miles de Judah Bauer) puisse subitement se passionner pour des jeunes groupes super fashion. Et si on craint un peu le pire dès l'ouverture de ce disque avec une guitare qui nous ferait presque penser au "gros son" d'un... Ben Harper, la voix de Dan Auerbach laisse dès les premières secondes sur le cul : puissante, cradingue et en parfaite harmonie avec les riffs aux barbelés et la batterie qui n'est pas là pour rire. Les Black Keys nous font remonter le temps pendant ces onze titres qui mériteraient tous d'être des singles. Mieux, toute notion de temps semble même disparaître sur le solo étiré du génial Hard Row : voilà ce que le rock a toujours été et devrait toujours rester. Chez ce groupe, pas de pose stupide, pas de discours vaseux, juste de la musique sincère et passionnée. Bien sûr l'influence du gros rock des années 70 (Cream, Creddence Clearwater Revival, Hendrix) et du blues étouffe un peu les compositions, mais n'importe qui prêt à se secouer le cocotier sur ce disque oubliera d'en tenir rigueur aux Black Keys. Ce n'est pas un hasard si c'est un pot de graisse qui orne la pochette de ce disque : ici, la musique est en effet bien grasse, mais on est sur qu'elle passe directement de l'éleveur au consommateur et ne subit aucune retouche. Elle s'en passe à merveille.

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Thick freakness

» Tracklisting

  1. Thickfreakness
  2. Hard row
  3. Set you free
  4. Midnight in her eyes
  5. Have love will travel
  6. Hurt like mine
  7. Everywhere I go
  8. No trust
  9. If you see me
  10. Hold me in your arms
  11. I cry alone

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