Smog

A River Ain't Too Much To Love

( Domino ) - 2005

» Chronique

le 02.06.2005 à 06:00 · par Eric F.

Le petit père Bill Callahan est un sacré malin : bien qu'on le qualifie souvent d'autiste (une qualification qui a volé en éclats avec le sublime Supper), il à l'air bien au courant de l'actualité musicale. Alors comme ça, les groupes in jouent du blues ? Qu'à cela ne tienne, (Smog) y va de sa propre appréciation sur la musique mère. Evidemment, mieux vaut ne pas s'attendre à des "yeah come on ! I got the blues explosion" à la Jon Spencer ou aux électrocutions des White Stripes et autres Black Keys et Soledad Brothers. Pour Bill Callahan, le blues se résume en une image : celle de Robert Johnston assis à un carrefour, une guitare à la main. Et figurez vous que cette guitare, elle est acoustique. Voilà donc l'orientation musicale de ce A River Ain't Too Much To Love, mais attention, ceci n'est pas un album dans l'esprit des bordéliques premiers (Smog). A vrai dire, la production léchée de Supper est toujours présente si ce n'est que la fenêtre semble moins ouverte que sur ce dernier. Pas facile de faire du blues quand on entend les oiseaux piailler gaiement...

Et même si la fenêtre est donc refermée, on a une grosse bouffée de chaleur dès Palimpsest, où Callahan, seul comme un grand, nous gratifie d'un de ses titres les plus poignants. Comme pour mieux figer ce grand moment, le reste de la troupe fait son arrivée sur la pointe des pieds pour le tendre Say Valley Maker. Pour ne rien gâcher, c'est une nouvelle fois Jim White du Dirty Three qui fait des merveilles derrière la batterie. The Well nous rappelle d'ailleurs la magnifique tournée qui suivit le médiocre Rain on Lens en 2001 où le violon de Jessica Biley était venu rajouter son majestueux grain de sel. Si l'ex femme de Mick Turner n'officie pas sur ce disque, son remplaçant s'en sort plutôt bien...

Et s'il a beau clamer "I Feel like the Mother of the World", toujours pas une trace de lassitude ne pointe à l'horizon chez Bill Callahan, et il va sans dire que la réciproque est vraie avec son public. "I'm New in Here" ? Allez, arrête tes blagues Bill, on se connaît bien maintenant, et tu seras toujours le bienvenu tant ce disque impressionne par sa cohésion. On n'a peut être pas de grosses pointures telles I Break Horses, Blood Red Bird ou encore Our Anniversary, mais chaque morceau contient une dose d'émotion qui transforme presque l'écoute de ce A River Aint Too Much To Love en un instant solennel. Ou comment s'imposer en force... par la douceur. Chapeau bas, Bill...

Retour haut de page

Pochette Disque A River Ain't Too Much To Love

» Tracklisting

  1. Palimpsest
  2. Say Valley Maker
  3. The Well
  4. Rock Bottom Riser
  5. I Feel Like The Mother Of The World
  6. In The Pines
  7. Drinking At The Dam
  8. Running The Loping
  9. I'm New Here
  10. Let Me See The Colts

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.