Tarentel

Big Black Square

( Temporary Residence ) - 2005

» Chronique

le 12.05.2005 à 06:00 · par Constantin D.

Il va falloir s'y faire : Tarentel ne sortira plus exclusivement "que" des bons disques. Et c'est une bonne nouvelle : ils laissent en chemin ce côté trop parfait qui caractérisait toutes leurs sorties précédentes. Car désormais, et qui sait pour combien de temps, Tarentel est un groupe d'improvisation. C'était déjà le cas depuis l'enregistrement, fin 2003, de l'album We Move Through Weather, d'où sont également tirés les trois EPs qui viennent de sortir : Paper White, Big Black Square (sur Temporary Residence) et Ghost Weight (sur Acuarela). Mais c'est dans Big Black Square que l'on a le meilleur aperçu de ce qu'est Tarentel en 2005, car nous sommes là en présence d'un bloc de son unique qui aurait pu tout aussi bien avoir été enregistré en concert, tandis que dans les autres disques récents, l'opérateur du montage avait déconstruit ce côté unitaire de la session pour le remodeler en morceaux, au format plus familier.

Depuis les deux dernières tournées, les concerts de Tarentel sont en effet entièrement improvisés, et consistent en d'impressionnants sets bruitistes et ininterrompus d'une bonne cinquantaine de minutes. Big Black Square est à ce titre est un bon avant-goût des prochains disques live à sortir. Il est surprenant de voir combien Tarentel est désormais proche d'un groupe comme Pelt avec qui ils n'a pourtant, à l'origine, rien en commun. Evidemment, aucune dimension folk dans Tarentel comme il peut y avoir dans Pelt, le son de Tarentel est plus artificiel dans le sens où les instruments principaux (batterie et guitare) sont en permanence retraités via des mixeurs et un portable, en temps réel, par chaque membre du groupe, réinjectant dans l'enregistrement des sons joués quelques instants plus tôt, avec du delay, des effets... Le côté mystérieux, inouï qui ressortait des magnifiques EPs comme Fear of Bridges et Latency est donc toujours très présent. Field recordings, utilisation d'objets trouvés, de platines cassette, vinyle, reel-to-reel, harmonium, piano, rien ne fait plus peur au groupe, dont le son est d'une grande richesse.

L'autre grande nouveauté, c'est la batterie. S'il y a encore un instrument-phare dans Tarentel, c'est bien la batterie de Jim Redd (autrefois dans Sonna), à la sonorité si puissante et claire, et au jeu syncopé, répétitif et imprévisible à la fois. Il s'agit véritablement là de l'instrument qui donne corps et profondeur à l'enregistrement, sans jamais ramener le son de Tarentel à des rivages plus connus, tant on a beau reconnaître une batterie, on n'en a jamais entendu de pareille. Vraiment, la nouvelle formation de Tarentel en fait un groupe encore plus passionnant qu'auparavant. Le trio a l'air d'avoir trouvé un équilibre instable qui leur permet d'entrer dans la musique improvisée avec une assurance et une réussite rare.

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