The Robot Ate Me

Carousel Waltz

( 5 rue Christine / 5 rue Christine ) - 2005

» Chronique

le 06.06.2005 à 06:00 · par Erwan M.

En 2004, nous avions quitté The Robot Ate Me sur On Vacation (récemment réédité), un sarcastique double album auto-produit où mélodies pop-folk tordues jonglaient jovialement sur des samples de vinyls d’avant guerre, le tout saupoudré de paroles foutraques, politiquement incorrectes: la religion, la politique et la société de consommation en prenaient pour leur grade dans un résultat étonnant et détonnant.

Quelques mois plus tard, le trio de San Diego savamment mené par son leader Ryland Bouchard semble avoir troqué ses expérimentations ébouriffées contre une sobriété pop-folk sans cynisme ni second degré. Sur ce Carousel Waltz printanier, de nouveau enregistré à la maison, l’innocence pointe le bout de son nez comme remède à la sinistrose ambiante. Si les principaux sujets abordés tout au long de ces onze titres ne sont pas des plus radieux (décès d’un proche, amours perdus), le ton général de l’album n’en demeure pas moins bercé d’espoir et d’optimisme. L’orchestration s’avère sobre et se limite à quelques éléments épars glissés ici et là au fil du manège: guitares acoustiques, trompettes sourdes, clarinettes, hautbois… L’ambiance est feutrée, comme sur le sobre et fragile This Love is Waiting, ou plus enjouée avec Tonight ; une basse féline fait le gros dos sous les incantations charmeuses d’un chœur féminin des plus cristallins.

Bouchard et son songwriting vieilli en fût de chêne tient facilement la comparaison avec les artisans Phil Elvrum (Microphones, Mount Eerie) et Wayne M Coyne (Flaming Lips), sûrement élevés à la même école buissonnière. Avec Lately, trompettes et autres instruments à vents aèrent une sombre ambiance mariachi qui se révèle bientôt lumineuse. Where Love Goes, spleen aérien emmené par des cordes subtiles et la trompette d’un ersatz de Miles séduit tout autant que le morceau All Good Things, comme si le récent Secret Migration de Mercury Rev se voyait débarrassé de son grotesque affublement prog-rock pour ne garder que le nécessaire : une voix funambule posée sur des mélodies simples et entêtantes.

Si Carousel Waltz n’annonce aucune révolution musicale majeure dans le microcosme pop actuel, cet album plaisant et honnête à la délicatesse certaine ravira les amateurs de mélodies boisées aux arrangements fragiles.

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Pochette Disque Carousel Waltz

» Tracklisting

  1. Bad Feelings
  2. Where Love Goes
  3. Regret
  4. All Good Things
  5. Tonight
  6. Lately
  7. Interlude
  8. Just One Girl
  9. This Love is Waiting
  10. Come Together
  11. Hi Love

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