Paul Newman

This Is How It Is Lost

( Emperor Jones ) - 2005

» Chronique

le 01.07.2005 à 06:00 · par Constantin D.

A porter au crédit de Paul Newman, il y a d'abord toujours eu l'excellente idée d'appeler le groupe du nom de son bassiste,... Paul Newman. Manifestant par là que ce n'est pas parce qu'on a le malheur d'avoir un homonyme célèbre que l'on répond à la description qu'évoque immédiatement ce nom. Et pourquoi Paul Newman ne serait pas le bassiste d'un groupe de math-rock plutôt qu'un ex-acteur ?

Auteur de trois albums sur Trance Syndicate, le label du batteur des Butthole Surfers King Coffey, et My Pal God (où l'on trouve aussi A Minor Forest, Dianogah, Drums and Tuba) à la fin de années 90, Paul Newman n'a en réalité jamais excellé sur les LPs et à ce jour, leur meilleur disque restant la collection de singles Re-issue! Re-package! Re-package! Re-evaluate the Songs. Modifiant de-ci de-là le son, Paul Newman se reconnaît toujours par la rencontre de compositions assez proches du math-rock, avec des guitares à la sonorité plus mélodieuse qu'à l'accoutumée. Sur les disques produits pour Temporary Residence -un split avec Sonna et un exemplaire de la série Travels in Constants- le groupe était parti dans des directions plus audacieuses et très réussies, usant alternativement de la batterie électronique et acoustique.

Ce dernier album a mis beaucoup de temps à sortir et il semble que ce sera peut-être le dernier du groupe. Enregistré en 2001, This is How it is Lost sonne un peu comme l'image d'Epinal de ce qu'était Paul Newman : groupe plutôt mélodique et énergique à la fois, où les deux guitares, avec leurs sonorités bien tranchées, font leur bonhomme de chemin, échangeant les rôles (Western Way), via des changements de rythme inattendus et des effets de composition (Machine is not Broken, Sir, malheureusement beaucoup plus timide que sur le premier LP Frames per Second), et cette batterie précise et carrée. Le disque ne déplaît pas du tout, et à vrai dire, c'est peut-être le meilleur album de Paul Newman dans le sens où il est le plus cohérent, notamment par le fait que le chant revient sur chaque morceau et non périodiquement comme auparavant.

Mais dans l'ensemble, le disque est beaucoup moins intéressant et excitant que l'extraordinaire ouverture de Frames per Second par exemple, ou le tubesque Way to Breathe, No Breath... et passé le quatrième morceau, tout ça devient plutôt ennuyeux, tout comme l'étaient les deux autres LPs Only Love Can Break your Heart et Machine is not Broken qui finissaient par lasser. L'effet sur la voix est trop systématique, là où l'on trouvait dans Re-issue! Re-package! Re-package! Re-evaluate the Songs de nombreuses déclinaisons du chant, plutôt mélodique, parfois gueulard comme A Minor Forest... Bref, on a l'impression qu'ici tout penche trop du côté mélodique de la balance et au final, les morceaux sont moins personnels et plus communs.

Moralité si vous voulez savoir pourquoi Paul Newman est effectivement un bon groupe, écoutez plutôt Frames per Second, Re-issue! Re-package! Re-package! Re-evaluate the Songs ou encore le Travels in Constants. Des morceaux accrocheurs, amenant au math-rock parfois trop stérile ou un peu trop "technique", trop lisse (suivez mon regard, Don) d'autres dimensions, et surtout, parfois, des compositions étonnantes et passionnantes (notamment, j'y reviens toujours, cette ouverture du premier album, patiemment construite en un retour à son propre commencement...).

Retour haut de page

Pochette Disque This is how it is lost

» Tracklisting

  1. Changing faster
  2. The western way
  3. Machine is not broken, sir
  4. Abouting, alonely
  5. Standing by
  6. I am not telling

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.