Dirty Three

Cinder

( Touch And Go ) - 2005

» Chronique

le 18.10.2005 à 06:00 · par Eric F.

Cinder a beau vouloir dire "cendre", pas la peine de s'attendre à de la pyrotechnie chez Dirty Three. On pourrait plutôt se dire que Warren Ellis a décidé de danser sur les restes de son groupe. Avant même d'en avoir entendu une seule note, on savait déjà que ce disque serait particulier : pas moins de dix neuf titres, presque tous autour des trois minutes et pour la première fois, de la voix sur la musique du trio australien !

Allait-on pouvoir parler de véritable révolution ? Ever Since qui ouvre le disque nous ferait presque répondre oui et non à la fois. Impossible en effet de ne pas reconnaître le style bien particulier de chaque instrument... sauf qu'ici le violon n'est plus qu'en arrière plan. Sacrée surprise que de constater que l'élément de prédilection de Warren Ellis ne se tape plus la part du lion, même s'il se fait encore imposant par moments (The Zither Player). Comme l'amorçait déjà le précédent She Has No Strings Apollo, la musique de Dirty Three s'est considérablement étoffée puisque l'on retrouve ici de la basse, du piano, de la mandoline et du bouzouki. Encore plus surprenante est l'apparition d'une cornemuse sur l'impayable Doris, ou comment rencontrer Mogwai au Festival Interceltique de Lorient.

Une chose est en tout cas certaine, si Warren Ellis se plaignait dans l'interview qu'il nous avait accordé que les gens ne reconnaissent pas son groupe comme pratiquant de la "country & western", il enfonce un peu plus le clou tout au long de l'album. On est bien loin des morceaux épiques (Doris et le massif Flutter mis à part) tels que Indian Summer Love Song ou Sue's Last Ride qui firent la renommée du trio. Du fait de leur relative brièveté et de leur tendance à la rêverie, les morceaux marquent moins les esprits mais n'en restent pas moins fort plaisants.

On ne s'étonnera pas que le groupe ait repris l'intégralité d'Ocean Songs lors de la série de concerts Dont Look Back organisée par ATP tant l'esprit de Cinder en est proche. Pas étonnant non plus que lors de ce concert, le piano ait été tenu par un certain... Nick Cave tant un titre comme Last Dance semblerait lui avoir été taillé sur mesure et mis sur le disque sans sa prestation vocale.

En parlant de prestation vocale, la participation de Cat Power sur Great Waves est fort satisfaisante, même si on n'atteint pas le niveau de Moon Pix. L'américaine démontre que son alliance avec le trio est forcément un mariage de raison. La participation de Sally Timms des Mekons sur Feral est quant à elle simplement limitée à quelques onomatopées langoureuses qui ne convainquent pas entièrement.

Disque à déconseiller pour quiconque voudrait découvrir Dirty Three, Cinder et ses soixante dix minutes demanderont sans doute un effort d'attention pour révéler totalement ses charmes. Si c'est au dessus de vos forces, ce n'est pas bien grave car l'album semble beaucoup plus attrayant abordé comme "bruit de fond".

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Pochette Disque Cinder

» Tracklisting

  1. Ever Since
  2. She Passed Through
  3. Amy
  4. Sad Sexy
  5. Cinders
  6. Doris
  7. Flutter
  8. The Zither Player
  9. It Happened
  10. Great Wave
  11. Dream Evie
  12. Too Soon Too Late
  13. This Night
  14. Rain On
  15. Ember
  16. Michele
  17. Feral
  18. Last Dance
  19. In Fall

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