The Earlies

These Were The Earlies

( Labels / Labels ) - 2005

» Chronique

le 05.01.2006 à 06:00 · par Jean-Yves B.

Il vaut mieux être prévoyant. Prenons les Earlies, tiens. Partis pour un long voyage néo-psychédélique, ils croient avoir pensé à tout, ayant embarqué tout un tas d'instruments (trois camions au bas mot), de quoi faire des effets sonores en tout genre, tout, quoi. Mais oups, peu après le départ, impossible de ne pas s'en rendre compte : les mélodies. Complètement oubliées. C'est bête, hein? Du coup, il va falloir meubler, et cinquante minutes à meubler, on a beau faire des efforts, c'est long.

Ce groupe aux membres texans et anglais a déjà quelques faits d'armes à son actif, notamment une participation remarquée au premier album de Micah P. Hinson, dont il a été dit du bien dans ces virtuelles colonnes. Réputés pour faire cohabiter avec audace sons électroniques et instruments traditionnels, encensés par toute la presse spécialisée américaine, les Earlies nous semblaient avoir tout pour eux.

Mais à l'écoute du disque (et pas qu'une écoute, entendons-nous, au moins dix), il y a de quoi être fort déçu. Frustrant car bourré de bonnes intentions et témoignant il faut dire d'une certaine ambition, These Were The Earlies finit par être l'archétype de l'album qui pète plus haut que son cul (pardonnez l'expression, tellement appropriée ici).

Beaucoup de morceaux, après une vague ébauche de mélodie, se perdent dans des divagations instrumentales incroyablement peu trépidantes. Il est beau mon mélodica, beaux mes violons, belles nos boîtes à rythmes, belles mes trompettes, un véritable défilé, impressionnant, les Earlies ont tout acheté. Mais de chansons qui s'écoutent agréablement et qui se retiennent, il y en a à tout casser trois sur cet album (mention spéciale à la très jolie Wayward Song qui fera naître un peu d'espoir chez les auditeurs les plus optimistes).

La palme de l'horreur revient au milieu du disque, avec deux titres incroyablement lourds et pénibles. Morning Wonder est construite sur un riff plus ou moins heavy metal qui devient ennuyeux au bout de quarante secondes. Alors on meuble, avec, on vous le donne dans le mille, des voix multi-trackées qui s'échangent des paroles profondes ("Take me home", "It's alright, my baby"). Bien bien bien. Song For #3 a au moins le mérite de poser une question vraiment pertinente ("How long will we sing this song?")

Il y a une volonté de cohérence, évidente dans le rappel de motifs musicaux, de paroles (malheureusement souvent fort niaises et révélant un probable abus de substances diverses) qui font regretter l'absence de vraies chansons pour donner la véritable dimension que ce projet aurait pu avoir. A l'instar des pires moments d'égarement des Flaming Lips, These Were The Earlies est, tel quel, trop laborieux, ennuyeux voire franchement déplaisant pour être défendu.

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Pochette Disque These Were The Earlies

» Tracklisting

  1. In The Beginning...
  2. One Of Us Is Dead
  3. Wayward Song
  4. Slow Man's Dream
  5. 25 Easy Pieces
  6. Morning Wonder
  7. The Devil's Country
  8. Song For #3
  9. Lows
  10. Bring It Back Again
  11. Dead Birds

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