le 03.02.2006 à 06:00 · par Yann B.
Sans faire de bruit, le label nantais Effervescence propose, depuis quelques temps déjà, une nouvelle façon d’appréhender la musique pop, à 180° des traditionnels amants couplet/refrain. Effervescence construit une pop destructurée, intelligente, langoureuse à l’image de ses artistes phares, Stuntman 5 et Patriotic Sunday.
Nouveau rejeton de cette mère fertile, This Melodramatic Sauna emboîte le pas de ses glorieux aînés, rêvant d’un semblable destin. Et le jeune homme ne devrait pas patienter très longtemps, tant ce premier album semble promis à un bel avenir. Dès la première écoute, on est transporté par la richesse et la volupté des mélodies, sans cesse remises en cause par l’ingéniosité de leur auteur. Tour à tour, on y croise Dirty Three, Tom Waits, Sufjan Stevens ou Esmerine, le tout mis en scène par Wong Kar-Wai. On se laisse bercer par la douce fantaisie du nantais, comme sur les morceaux Stronger, Strongest et Home and Away où guitare, batterie et violon se mêlent délicatement. Jamais tristes, toujours mélancoliques, les chansons de Jonathan Seilman refusent de porter des lunettes roses. Elles se mettent à nu, avec pudeur, sans jamais sombrer dans le grotesque et le futile. Les textes, posés et graciles, alliés à des ritournelles exquises dessinent les contours d’une musique faite pour briller. Au fur et à mesure de l’album, les chansons prennent de l’ampleur, s’épaississent – la mélancolie cédant à la colère – pour éclater, en Fin de partie, en mille éclats.
Avec cette première production, ...Et Les Fleurs Éclosent à L'Ombre, This Melodramatic Sauna réussit l'improbable : construire la bande son d’un film imaginaire que nous connaissons tous, le film de notre vie.
