Grandaddy

Just Like the Fambly Cat

( V2 ) - 2006

» Chronique

le 09.05.2006 à 06:00 · par Jean-Yves B.

Pas enthousiasmés par l'EP sorti l'année dernière par Grandaddy, on n'était quand même pas au point de s'attendre au désastre qu'est ce nouvel album (posthume, puisque le groupe s'est séparé officiellement début 2006). Ca commence déjà de manière inquiétante avec plus de deux minutes de collages de voix d'enfants et de piano ennuyeux : on se fait la réflexion que la chanson ne tiendra pas la route plus de deux écoutes, et c'est effectivement le cas. Les guitares épaisses, façon Dinosaur Jr, de Jeez Louise, un single bien puissant et entêtant à la Summer Here Kids viennent faire illusion, mais Just Like the Fambly Cat sombre ensuite inexorablement dans une paresse et une pauvreté incroyables.

Summer.. It's Gone, aussi plate que son titre, est bien représentative de l'esprit général de l'album : il s'agit d'une pâle resucée des ballades de Sumday, avec une pincée de The Sophtware Slump pour faire bonne mesure. Mais ni mélodie ni texte ne sont au rendez-vous. Passé un instrumental inutile (déjà le deuxième en quatre chansons), il faut se farcir un véritable barrage de titres tous plus pénibles les uns que les autres. Certains capituleront après les six minutes de la poussive Rear View Mirror, que les interventions des guitares électriques ne sauveront pas d'un ennui colossal. Le coup de grâce sera porté aux plus courageux par les deux horreurs qui suivent, qu'on ne décrira même pas par charité - on remarquera simplement que l'une des deux est (tiens, surprise !) un instrumental inutile. Vraiment peu à se mettre sous la dent alors que sept titres sont déjà passés.

Where I'm Anymore relève un petit peu le niveau, mais pas beaucoup : la chanson est trop lente, trop longue et a le malheur d'être bousillée par cet absurde refrain (en gros, "Mia-mia-mia-miaw" répété trois fois). Suit une minute de punk vaguement divertissante, comme si Grandaddy avait conscience que l'ennui qu'ils nous ont fait subir jusqu'ici confine à la torture. Et il y a effectivement un léger sursaut jusqu'à la fin du disque : Guide Down Denied, encore six minutes, rappelle toujours Sumday en moins bien, mais n'est malgré tout pas trop mal. Puis une petite sucrerie pop aux allures de petit tube (Elevate Myself) est à peine gâchée par les confessions un peu déplacées et inintéressantes de Jason Lytle, dont on espère qu'elles n'annoncent pas la tonalité de son album solo ("I don't wanna work all day and night on writing songs that make the young girls cry", très bien, c'est noté).

Une autre ballade ratée vient à la suite pour nous rappeler que le disque ne décollera décidément pas, puis arrive la deuxième très bonne chanson du lot (la première, c'était en plage 2, il faut se souvenir), Disconnecty, qui rappelle pourquoi on a tant aimé Grandaddy - ici versant rock toutes guitares dehors. Just Like the Fambly Cat se termine par une longuette mais correcte ballade d'adieu, et l'inévitable (quasi) instrumental superflu de service. Il va sans dire que ce disque indigne d'un groupe si talentueux laisse un drôle d'arrière-goût en bouche. En tout cas, on comprend mieux à l'écoute de Just Like the Fambly Cat pourquoi Grandaddy a choisi d'arrêter les frais si abruptement : ils partaient déjà salement en queue de poisson.

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Pochette Disque Just Like the Fambly Cat

» Tracklisting

  1. What Happened...
  2. Jeez Louise
  3. Summer... It's Gone
  4. Oxygen/Aux Send
  5. Rear View Mirror
  6. The Animal World
  7. Skateboarding Saves Me Twice
  8. Where I'm Anymore
  9. 50%
  10. Guide Down Denied
  11. Elevate Myself
  12. Campershell Dreams
  13. Disconnecty
  14. This Is How It Always Starts
  15. Shangri-La (Outro)

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