Calexico

The black light

( Quarterstick / Labels ) - 1998

» Chronique

le 19.05.2004 à 12:00 · par Eric F.

Asseyez vous et éteignez la lumière, le film commence. Quoi, encore un western? Ben oui encore un western et alors? Difficile de refuser l'invitation quand son auteur s'appelle Calexico. Ca commence par une vieille voiture qui fonce à travers le désert d'Arizona, poursuivie par le sortilège d'un gitan (The Gypsy's Curse), instrumental et annonciateur de tout un style. Si le conducteur va aussi vite, c'est qu'il fuit quelque chose, quoi, on ne le sait pas encore, mais on a déjà l'idée que ça ne va pas être rose pour lui. Trigger et Missing nous révèlent pourquoi : il y a du sang sur le volant.

Des histoires bien sombres et les fantômes reviennent hanter ceux qui restent après avoir lutté contre la fin (Missing et son espoir jusqu'au-boutiste... en vain ). Réalisée certes avec un petit budget, cette histoire n'en est pas moins passionnante, les deux compères Joey Burns et John Convertino multiplient les instruments sur les morceaux, ce qui contribue grandement à donner un son si chaud à cette country déniaisée qui prend le grand air. Les pedal steel ont beau être vintage, le sens du rythme et les percussions de Convertino tandis que Burns brode ses tristes histoires avec des guitares vénéneuses font souffler un sacré vent d'air frais sur le genre. Attention aux tempêtes de sable qui dépoussièrent les anciens donc. Et le film, comment ça continue? Et bien le "héros" n'est pas sorti d'affaire, loin de là : même si on le verrait bien faire une sortie triomphale au couché du soleil au son de Minas De Cobre, Burns et Convertino refusent les clichés et enchaînent sur un superbe entracte, Over Your Shoulder, grand instrumental acoustique (qui apparaît avec des paroles en tant que Never See It Comin' sur le projet OP8, avec Howe Gelb et Lisa Germano). Un peu de répit, mais ça ne dure pas. Trigger nous rappelle à l'ordre et comme Minas De Cobre et Chach le suggéraient précédemment, la seule issue, c'est d'atteindre le Mexique.

Les sirènes se matérialisent sous la basse hypnotique de Stray, magnifiée par ses cuivres latinos. On verse quelques larmes le temps du déchirant Bloodflow sous forme de flash-back où la voix de Burns atteint des sommets d'émotion pendant que la fin s'approche. Après avoir salué la tombe familiale, direction la terre promise : la Frontera. On ne sait pas si on y arrivera sain et sauf avec le protagoniste de l'histoire mais cet instrumental, se jouant avec une aisance déconcertante de pas mal d'idées reçues, laisse un champ de possibilités quasi infini pour vos hypothèses personnelles. Ces notes parlent bien mieux que n'importe quel mot comme note de fin. Quoi? le film est déjà terminé? On se le repasse?

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Pochette Disque The black light

» Tracklisting

  1. Gypsy's Curse
  2. Fake Fur
  3. The Ride (pt II)
  4. Where Water Flows
  5. The Black Light
  6. Sideshow
  7. Chach
  8. Missing
  9. Minas De Cobre (for better metal)
  10. Over Your Shoulder
  11. Vinegaroon
  12. Trigger
  13. Sprawl
  14. Stray
  15. Old Man Waltz
  16. Bloodflow
  17. Frontera

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